Avec 5 745 km au total, c'est le Tour de France le plus long de l'histoire (et le plus éprouvant)
Le 4 juillet, le Tour de France 2026 va s'élancer de Barcelone pour un parcours total de 3 321 kilomètres. Une distance déjà considérable, mais qui reste loin derrière un record vieux d'un siècle, toujours imbattu.
Comme chaque année en juillet, des millions de passionnés vont vivre au rythme du vélo, avec le Tour de France. Du 4 au 26 juillet 2026, le peloton va parcourir 3 321 kilomètres entre Barcelone et Paris, selon le tracé définitif présenté en octobre 2025. Le parcours traverse les Pyrénées, le Massif central, les Vosges, le Jura et les Alpes, pour un dénivelé positif total de 54 450 mètres. Les étapes 19 et 20 proposeront une double ascension de l'Alpe d'Huez, avec en point d'orgue le col du Galibier, sommet de cette édition à 2 642 mètres d'altitude. L'étape la plus longue reliera Dole à Belfort sur 205,8 kilomètres, une distance qui paraît presque modeste comparée à ce que les coureurs affrontaient il y a un siècle.
Car aussi exigeant que paraisse ce tracé 2026, il reste largement en deçà d'un record qui n'a jamais été battu depuis cent ans. Le Tour de France 1926, vingtième édition de la course, s'est déroulé du 20 juin au 18 juillet sur 17 étapes pour un total de 5 745 kilomètres – il s'agit à ce jour du Tour de France le plus long de l'histoire. Soit près de 2 400 kilomètres de plus que l'édition 2026, répartis sur quatre étapes en moins. Sa vitesse moyenne de 24,063 km/h en fait également la deuxième édition la moins rapide de l'histoire, juste derrière celle de 1924. Autre singularité : pour la première fois, le départ n'a pas eu lieu dans la capitale, mais en province, à Évian-les-Bains.
Certaines étapes de cette édition s'étalaient sur plus de 400 kilomètres, comme celle reliant Metz à Dunkerque, longue de 433 kilomètres. Mais c'est une autre étape, plus courte sur le papier, qui est restée gravée dans la mémoire collective du cyclisme. La dixième étape, reliant Bayonne à Luchon, s'étirait sur 326 kilomètres et reste, un siècle plus tard, considérée comme l'une des plus dures de l'histoire de la course. Au menu : les quatre géants pyrénéens – Aubisque, Tourmalet, Aspin et Peyresourde – sous des conditions climatiques apocalyptiques mêlant boue, froid intense, pluie et grêle. Le brouillard était si dense au sommet de l'Aubisque que le col semblait littéralement décapité, et le jour ne s'est jamais véritablement levé ce jour-là.
Sur les 76 coureurs partis de Bayonne, seuls 54 ont rallié Luchon, certains terminant le parcours à bord d'un véhicule à moteur après avoir abandonné en cours de route – des arrivées que l'organisateur Henri Desgrange a finalement décidé de valider. Le vainqueur de cette étape hors normes, le Belge Lucien Buysse, l'a achevée en 17 heures, 12 minutes et 48 secondes de course, devançant l'Italien Bartolomeo Aimo de presque 25 minutes. Cette performance lui a permis de prendre une avance décisive au classement général, qu'il n'a plus jamais quittée jusqu'à Paris. Le Tour 1926 reste d'ailleurs le premier de l'histoire à s'achever sans aucune victoire d'étape française – un scénario qui ne se reproduira qu'en 1999.
Si aucune édition n'a depuis approché la distance totale du Tour 1926, certaines étapes individuelles ont parfois rivalisé en longueur. L'étape Luchon-Bayonne de 1910, longue de 350 kilomètres, avait déjà nécessité 14 heures de course pour son vainqueur Octave Lapize. Mais aucune n'a jamais cumulé à ce point la distance, le dénivelé et des conditions météorologiques aussi extrêmes que cette journée du 6 juillet 1926 – un souvenir qui continue, cent ans après, d'attirer des passionnés sur les routes des Pyrénées pour en revivre chaque virage.