Ces voitures hybrides consomment autant (voire plus) de carburant que les modèles thermiques
Longtemps présentées comme un compromis vertueux, certaines voitures hybrides affichent une consommation bien plus élevée que promis. Une étude récente montre un écart saisissant entre les chiffres officiels et la réalité.
Comme chacun sait, les voitures dites hybrides combinent deux technologies de moteurs : un bloc thermique classique, essence ou diesel, et un moteur électrique. Mais elles ne sont pas toutes du même type. Ainsi, les hybrides "simples" classiques dites "full hybrid" utilisent une petite batterie qui récupère de l'énergie au freinage, l'électricité produite servant à alimenter un modeste moteur électrique destiné à soulager le bloc thermique lors des phases lentes. Au contraire, les hybrides "rechargeables" disposent d'une batterie bien plus grande, que l'on peut recharger sur secteur et d'un moteur électrique plus puissant pouvant se substituer complètement au thermique. Sur le papier, elles promettent des trajets quotidiens quasi sans carburant, à condition de rouler souvent en mode électrique.
C'est précisément là que le bât blesse. Les chiffres de consommation mis en avant dans les brochures reposent sur des cycles de tests très favorables, avec des batteries pleines au départ et une forte part de roulage électrique. Dans la vraie vie, ces conditions sont loin d'être systématiques. Lorsque la batterie est vide ou peu rechargée, la voiture se comporte comme un modèle thermique… mais avec un poids supplémentaire de plusieurs centaines de kilos à transporter.
Un grande étude portant sur 1 million de véhicules en Europe et détaillée dans un rapport détaillé de l'institut allemand Fraunhofer a permis de mesurer la consommation réelle d'un large panel d'hybrides rechargeables. Le constat est sans appel : en usage quotidien, ces véhicules consomment en moyenne deux à trois fois plus de carburant que les valeurs officielles avancées par les constructeurs. Dans certains cas, la différence dépasse même largement ce seuil, en égalant voire en dépassant la consommation de modèles purement thermiques avec des valeurs parfois supérieures aux 7 litres aux 100 km quand un diesel bien conçu reste sous les 5 l/100 !
Les résultats montrent aussi de fortes disparités selon les marques. Certains constructeurs comme Toyota, Seat, Ford ou Kia ont clairement misé sur la sobriété et l'optimisation du moteur thermique. D'autres, en revanche, ont utilisé l'hybridation rechargeable pour faire passer des voitures très puissantes sous les radars des normes antipollution. Des modèles haut de gamme signés Porsche figurent ainsi parmi les plus gourmands lorsque la batterie n'est pas rechargée régulièrement, avec des consommations proches, voire supérieures, à celles de SUV essence comparables.
À l'opposé, des acteurs plus prudents comme Toyota apparaissent mieux classés dans certaines analyses, notamment grâce à une longue maîtrise de l'hybridation classique. Mais même pour ces marques, les versions rechargeables perdent une grande partie de leur intérêt dès lors qu'elles sont utilisées comme de simples voitures thermiques.
Car un autre point ressort clairement de l'étude : le comportement des conducteurs joue un rôle central. Beaucoup d'utilisateurs d'hybrides rechargeables ne branchent leur véhicule que rarement, par manque de borne, par oubli ou par contrainte quotidienne. Résultat : le moteur thermique travaille presque en permanence, et la promesse d'une faible consommation s'évapore rapidement.
Ces écarts posent question sur la pertinence des aides publiques accordées à ce type de véhicules. Dans plusieurs pays européens, les hybrides rechargeables ont bénéficié d'avantages fiscaux importants, censés encourager une baisse des émissions. Or, lorsque leur usage réel est proche de celui d'un modèle essence ou diesel, le bénéfice environnemental devient très limité.
Derrière l'image rassurante de l'hybride se cache donc une réalité plus nuancée. Sans recharge fréquente et sans trajets adaptés, certaines de ces voitures consomment autant, voire plus, que des modèles thermiques équivalents. Un rappel utile au moment de choisir sa prochaine voiture, au-delà des chiffres flatteurs affichés sur la fiche technique.