60 000 salariés de Microsoft invités à partir : que cache ce plan de restructuration ?
Microsoft propose un plan de départs volontaires à environ 60 000 salariés, soit plus d'un quart de ses effectifs mondiaux. Une opération d'une ampleur inédite, alors que le géant investit des sommes colossales dans l'IA.
Après les licenciements, les départs volontaires. Le 26 octobre 2026, Microsoft a annoncé à ses salariés un nouveau programme baptisé Voluntary Exit Offer, permettant à certains employés de quitter l'entreprise avec une indemnité et un accompagnement pour leur reconversion. Selon Bloomberg et The Verge, environ 60 000 personnes y seraient éligibles, sur les quelque 223 000 que comptait le groupe fin juin. Soit plus d'un salarié sur quatre.
Restructuration Microsoft : les équipes de Windows, Xbox et Copilot concernées
Présenté dans un billet de blog par Amy Coleman, vice-présidente exécutive et directrice des ressources humaines, le programme concerne les salariés basés aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et en Inde, jusqu'à un certain niveau de la hiérarchie interne. Il inclut des cadres, mais pas les plus hauts dirigeants. Chaque division est libre de participer ou non.
Selon The Verge, les équipes de Xbox, de Windows et des appareils, de Copilot et de l'IA sont concernées, tout comme les ressources humaines et la finance. Les équipes commerciales, le marketing et la sécurité en sont en revanche exclues. Contrairement au plan de retraite anticipée lancé au printemps dernier, aucune condition d'âge ou d'ancienneté n'est requise. Les salariés auront plusieurs semaines pour se décider.
Dans son message aux employés, Amy Coleman présente cette offre comme un moyen de donner plus de liberté aux salariés qui envisagent un avenir hors de l'entreprise, et aux équipes d'adapter leurs effectifs à l'évolution de leurs besoins. Microsoft assure que l'opération ne signifie pas qu'il a besoin de moins de personnel, tout en n'excluant pas de nouveaux licenciements.
Microsoft s'attend d'ailleurs à une participation limitée. Au printemps, son programme de retraite volontaire, proposé à environ 8 750 salariés américains, aurait été accepté par près d'un tiers d'entre eux. Mais l'offre actuelle vise un public bien plus large, et donc moins enclin à partir. Chez Google, une opération similaire n'avait séduit que 3 à 5 % des salariés éligibles. Appliquée à Microsoft, cette proportion représenterait quelques milliers de départs.
La France n'est pas concernée par ce programme. Mais elle n'échappe pas à la cure d'amaigrissement du groupe : Microsoft a annoncé la semaine dernière son intention de fermer Arkane Lyon, le studio de jeux vidéo auteur de Dishonored, qui emploie 217 personnes.
Restructuration Microsoft : l'ombre de l'intelligence artificielle
Cette annonce s'ajoute à une longue série de suppressions d'emplois. Cet été, Microsoft avait annoncé 4 800 licenciements, dont une grande partie chez Xbox, et de nouvelles coupes ont suivi en septembre. La branche jeux vidéo, durement touchée, prévoit à elle seule 3 200 suppressions de postes sur l'exercice en cours.
Officiellement, l'intelligence artificielle n'y est pour rien. Microsoft évoque simplement le besoin de faire évoluer sa manière de gérer le changement et de gagner en souplesse. Le calendrier interroge pourtant. Le groupe prévoit d'investir 175 milliards de dollars dans ses infrastructures d'IA cette année : centres de données, processeurs graphiques et énergie pour les alimenter. Il a aussi signé cet été un accord de plusieurs milliards de dollars avec le français Mistral, pour utiliser ses capacités de calcul en Europe. Face à ces dépenses vertigineuses, maîtriser la masse salariale devient un enjeu majeur, d'autant que les marchés s'interrogent sur la rentabilité réelle de ces investissements massifs.
Le paradoxe est frappant, pour ne pas dire choquant. Microsoft reste l'une des entreprises les plus rentables au monde, et ses activités dans le cloud et l'IA continuent de croître avec des bénéfices considérables. Mais les métiers de domaines historiques, comme Windows ou le jeu vidéo, semblent désormais passer au second plan, derrière une course à l'IA qui absorbe l'essentiel des ressources. Les salariés de ces divisions, eux, sont invités à envisager leur avenir ailleurs.
Les résultats trimestriels du groupe, attendus ce 28 octobre, permettront peut-être d'en savoir plus sur le coût de l'opération, et sur la stratégie de Microsoft pour les mois et les années à venir.
