Netflix, Roblox, PayPal… Des centaines de fausses applis ont envahi le Play Store
Plus de 1 900 fausses applis Android ont été repérées sur le Play Store de Google, dont 450 en France. En usurpant des noms connus comme Netflix, Minecraft ou PayPal, ces clones redirigent les utilisateurs vers des pages piégées pour les dépouiller.
On ne le dira jamais assez, mais faites très attention aux applications que vous installez sur votre smartphone ! Ce que vous pensez être un innocent logiciel de retouche photo ou un simple jeu mobile peut faire de sacrés dégâts dans votre vie. Et, malheureusement, passer par le Play Store ne garantit pas leur fiabilité.
Justement, la boutique d'applications de Google a encore servi de terrain à une vaste campagne de fraude baptisée Android/RewaFake. Dans un rapport, l'entreprise de cybersécurité McAfee indique avoir identifié plus de 1 900 applications vérolées associées à cette opération. Elles ont été détectées sur plus de 500 000 appareils répartis dans plus de 190 pays. En France, qui fait partie des pays les plus touchés, 450 applications suspectes ont été recensées et plus de 4 200 détections enregistrées – attention, ces chiffres correspondent à ce que McAfee a pu observer avec ses outils, il ne s'agit donc pas du nombre total de victimes réel.
Google Play Store : des applications vérolées à foison
Pour tromper les utilisateurs, les cybercriminels ont usurpé des marques et des services populaires, comme Netflix, CapCut, PayPal, Xbox Game Pass, Roblox et Minecraft. D'autres applications imitaient des services normalement réservés aux appareils Apple, comme Siri, FaceTime, iMessage ou encore Apple Pay. Une fausse boutique baptisée AppStore a même été proposée sur Google Play, alors que l'App Store d'Apple n'est pas disponible sur Android.
Les jeux et services destinés aux plus jeunes ont également été ciblés. McAfee a identifié 37 clones cumulant plus de 86 000 téléchargements, de Roblox à Minecraft en passant par Fall Guys, Brawl Stars et GTA VI. Un faux Roblox a notamment dépassé les 50 000 téléchargements, sauf qu'au lieu de jeux, il proposait des quiz inspirés des jeux de casino, avec des promesses de gains et de pièces virtuelles.
Car oui, bien évidemment, ces imitations ne proposent pas réellement les services qu'elles promettent. Elles servent principalement d'aiguillage, en se contentant d'ouvrir une page Internet contrôlée par les fraudeurs ou leurs partenaires publicitaires. Lorsqu'elle est lancée, l'application contacte un serveur distant qui lui indique quelle adresse afficher. La page s'ouvre directement dans l'application, sans barre d'adresse visible : l'utilisateur ne peut donc pas facilement vérifier le site sur lequel il se trouve.
Les pages affichées peuvent multiplier les publicités, puis inciter à souscrire un abonnement en échange d'un essai présenté comme gratuit. Lors de ses tests, McAfee a constaté que certaines offres pouvaient ensuite coûter jusqu'à 49,99 dollars par mois. Le risque est donc de communiquer ses coordonnées bancaires et de découvrir trop tard que le service n'est ni gratuit ni celui recherché.
Google Play Store : des clones qui passent sous les radars
Mais alors, comment ces clones vérolés ont-ils pu passer les défenses du Play Store. Cela s'explique par leur fonctionnement, puisqu'ils ne réclamaient pas d'autorisations sensibles sur le smartphone et ne contenaient pas nécessairement de code malveillant dissimulé. Le problème venait surtout des pages Web vers lesquelles ils redirigeaient les utilisateurs. Surtout, l'adresse de destination pouvait être modifiée à distance par les opérateurs de la campagne. Ils pouvaient ainsi changer le contenu affiché sans publier une nouvelle version de l'application, et donc sans déclencher un nouvel examen de Google.
Les opérateurs auraient entretenu cette campagne à un rythme soutenu, avec environ 20 à 25 nouvelles applications publiées chaque jour, selon les estimations de McAfee. Google a indiqué avoir supprimé les applications signalées par l'entreprise de cybersécurité.
Pour éviter de vous faire avoir, évitez de télécharger des applis en dehors des boutiques officielles – même si, comme nous venons de le voir, c'est loin d'être un gage de sécurité absolu. Le plus sage est de n'installer que des applications dont vous avez vraiment besoin et de supprimer celles que vous n'utilisez plus. Avant chaque téléchargement, cherchez les petits détails qui pourraient vous mettre la puce à l'oreille, comme le nombre de téléchargements, les avis négatifs, le nom du développeur, les autres apps qu'il a développées, les demandes d'autorisation, etc. Enfin, n'oubliez pas d'utiliser un antivirus en arrière-plan afin de contrer tout comportement malveillant qui pourrait être à l'œuvre en arrière-plan.

