Trop rusé ! Ces jeunes trompent la vérification d'âge en se dessinant simplement une moustache

Trop rusé ! Ces jeunes trompent la vérification d'âge en se dessinant simplement une moustache

Alors que de plus en plus de plateformes intègrent des systèmes de vérification d'âge pour bloquer leur accès aux plus jeunes, des petits malins utilisent des méthodes astucieuses et créatives qui contournent les restrictions.

Les préoccupations concernant les effets des réseaux sociaux sur la santé mentale, le développement et la sécurité des jeunes se font de plus en plus croissantes et sont plus que jamais au cœur du débat public. Il y a, à travers le monde, une vraie prise de conscience des différents gouvernements de l'urgence à protéger les plus jeunes. D'autant plus qu'en janvier dernier, une nouvelle étude scientifique de grande ampleur a révélé à quel point ils sont destructeurs (voir notre article).

Aussi, plusieurs pays ont pris la décision radicale d'imposer la vérification d'âge pour les plateformes accessibles aux mineurs, afin d'être certains que les plus jeunes ne soient pas exposés à des contenus trop sensibles et inappropriés.

C'est le cas du Royaume-Uni, qui a renforcé sa législation avec l'Online Safety Act. Pour se conformer à ces nouvelles règles, plusieurs services ont commencé à déployer des dispositifs de vérification ou d'estimation d'âge basés sur des selfies – ils peuvent également demander une empreinte de carte bancaire ou l'envoi d'un document d'identité, mais ce n'est pas ce qui nous intéresse ici. Sauf que, comme le rapporte Internet Matters, les enfants britanniques n'ont aucun mal à contourner ces mesures : il leur suffit de se dessiner une moustache.

Vérification d'âge : des méthodes de contournement ingénieuses

Selon la nouvelle étude "Children's Digital Wellbeing Index" réalisée par l'organisation à but non lucratif, près de la moitié des enfants britanniques (46 % pour être exact) considèrent les systèmes de vérification d'âge comme faciles à contourner, et 32 % reconnaissent l'avoir déjà fait. Plus surprenant encore, 26 % des parents ont permis à leur enfant de contourner les contrôles d'âge, et 17 % l'ont même aidé. "J'ai aidé mon fils à surmonter ces difficultés. C'était pour jouer à un jeu, je connaissais le jeu, et j'étais heureuse et confiante de le laisser y jouer", explique un parent.

Les méthodes documentées vont de la classique fausse date de naissance au VPN, mais aussi à des techniques plus inventives, comme utiliser un jeu vidéo. En effet, certains systèmes de vérification d'âge demandent un selfie et/ou une courte vidéo de l'utilisateur en direct afin d'estimer son âge facial. Or, dès juillet 2025, des internautes ont découvert qu'il était possible de contourner cette barrière avec le jeu Death Stranding, qui permet de manipuler le visage de Norman Reedus (le héros) en temps réel. Cela suffit amplement à tromper Discord !

Pour ceux qui ne seraient pas très portés sur le gaming, il existe toujours une solution de dernier recours : se dessiner une moustache. Oui, vous avez bien lu. "J'ai surpris mon fils en train de se dessiner une moustache au crayon à sourcils, le système a confirmé qu'il avait 15 ans", témoigne la mère d'un garçon de 12 ans. En France, le média Next est de son côté parvenu à accéder à plusieurs sites pour adulte en fournissant une carte d'identité au nom de Dora l'exploratrice. 

Vérification d'âge : une protection à double tranchant

Pourtant, 49 % des enfants interrogés admettent avoir subi des préjudices en ligne au cours du mois, ce qui montre bien qu'ils sont tout de même conscients, au moins à un certain point, du danger auquel ils sont exposés. Mais il y a un autre danger en contrepartie de cette "protection" : pour protéger les plus jeunes, on les oblige à transmettre leur visage à une plateforme étrangère. Et si la plateforme se fait pirater – ce qui arrive quand même régulièrement –, il risque fortement de se balader dans la nature, y compris dans les recoins les plus sombres d'Internet.

En France, le Gouvernement vient de déployer sur France Identité une fonction pour fournir une preuve de l'âge au service qui le demande selon le principe du double anonymat (voir notre article). Au niveau de l'Union européenne, les 27 cherchent à définir des standards communs pour la vérification de l'âge en ligne respectueux de la vie privée. Plusieurs États membres participent à ce travail, avec pour objectif de rendre ces systèmes interopérables à l'échelle européenne. L'Union européenne a d'ailleurs dévoilé en avril dernier sa propre application de vérification d'âge en open source, mais elle avait été piratée en seulement quelques minutes. Ça promet !