Cette assurance contre les loyers impayés est gratuite, mais peu de gens la connaissent
Un dispositif public permet de couvrir les loyers impayés et les dégradations locatives à la place d'une caution classique. Mais il reste peu utilisé par les bailleurs et méconnu des locataires alors qu'il est entièrement gratuit !
Quand on cherche un logement à louer, l'une des barrières les plus courantes est celle du garant ou de l'assurance contre les loyers impayés. Les propriétaires demandent souvent une caution physique, un proche qui s'engage à payer si le locataire fait défaut. D'autres choisissent des assurances privées, payantes, qui couvrent ce risque. Mais il existe aussi une solution différente, gratuite pour le locataire comme pour le propriétaire, dont beaucoup ignorent encore l'existence.
Cette garantie s'appelle Visale. Ce nom un peu technique désigne un dispositif porté par Action Logement qui se porte garant du locataire auprès du bailleur. Cela signifie que si le locataire ne paie pas son loyer ou cause des dégâts locatifs, Action Logement règle l'addition au propriétaire, puis se fait rembourser auprès du locataire. Contrairement aux assurances classiques qui coûtent souvent quelques pourcents du loyer chaque année, Visale ne nécessite aucun paiement initial.
Le système a été modifié en 2026 pour être un peu plus souple et attractif. Les plafonds de loyer éligibles ont été relevés : jusqu'à 1 940 € en Île-de-France, 1 575 € dans les grandes villes, et 1 365 € dans les autres communes par mois, charges comprises. Pour les étudiants, ces seuils sont légèrement plus bas mais aussi revalorisés. La garantie couvre désormais la période des trois premières années du bail, qui est aussi celle où les incidents de paiement sont les plus fréquents.
Ce qui rend Visale si intéressante, c'est qu'elle s'adresse à des profils parfois exclus des assurances privées. Les jeunes de 18 à 30 ans peuvent en bénéficier sans condition de revenus. Les salariés du secteur privé de plus de 31 ans peuvent aussi y prétendre sous certaines conditions, par exemple s'ils viennent d'être embauchés, sont en CDD ou en mutation professionnelle. Cela peut élargir considérablement les possibilités pour des candidats à la location qui n'ont pas de garant solide à présenter.
Pour le propriétaire, accepter Visale signifie sécuriser son revenu sans encourir de frais d'assurance. Il reçoit l'indemnisation des loyers impayés sans délai de carence ni franchise, ce qui n'est pas toujours le cas avec les assurances classiques. Il doit toutefois accepter cette garantie avant la signature du bail et s'assurer que toutes les conditions sont respectées.
Un point important est que Visale n'est pas une aide financière directe ni une assurance traditionnelle, mais une caution locative publique. Cela se rapproche du rôle d'un garant physique, sans que personne ne doive engager son patrimoine. Cette nuance explique pourquoi certains bailleurs ou agences restent réticents à l'accepter : ils ont l'habitude des assurances privées, parfois mieux connues et plus rémunératrices pour eux.
De fait, ce dispositif reste méconnu et sous-utilisé malgré ses avantages indéniables. Des enquêtes montrent que de nombreux propriétaires refusent encore cette garantie ou préfèrent exiger d'autres formes de caution. Pour les locataires, même ceux qui pourraient y avoir droit, beaucoup ne l'intègrent pas dans leurs dossiers de candidature, souvent par simple méconnaissance.
Pour y recourir, la démarche est entièrement numérique : le candidat locataire fait une demande en ligne avant de signer le bail. Une fois validée, il obtient un "visa" qu'il peut présenter au bailleur comme preuve d'engagement d'Action Logement. Cela peut renforcer un dossier de candidature, en particulier dans les zones où la concurrence est forte pour trouver un logement.
Ce dispositif gratuit peut donc faciliter l'accès à la location pour les jeunes, les personnes en situation professionnelle précaire ou celles qui n'ont pas de garant à présenter. S'il ne remplace pas toutes les assurances privées, il constitue une ressource précieuse, souvent négligée, dans le paysage locatif français d'aujourd'hui.