Piratage de l'ANTS : 19 millions de données d'état civil ont été dérobées
L'ANTS, l'organisme en charge des cartes d'identité et des permis de conduire, a été victime d'un piratage massif. Des données très sensibles, pour un total s'élevant potentiellement à 19 millions d'enregistrements, sont désormais dans la nature.
La série noire continue ! Après le ministère de l'Intérieur, l'URSSAF, la CAF, la plateforme "Choisir le service public", le fichier national des comptes bancaires (FICOBA) et l'Éducation nationale, c'est au tour de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), l'organisme chargé de délivrer les documents d'identité en France, d'être victime d'une cyberattaque. Dans un communiqué, l'agence explique avoir "eu connaissance d'un incident de sécurité sur son site" le 15 avril 2026. L'intrusion s'est soldée par "un accès non autorisé à certaines données personnelles".
Piratage ANTS : des millions d'informations sensibles concernées
Pour rappel, l'ANTS est l'agence publique qui gère la fabrication des papiers d'identité et autres documents officiels, comme les cartes d'identité, les passeports, les permis de conduire ou encore les certificats d'immatriculation. Elle permet notamment l'échange dématérialisé de données d'état civil entre les destinataires des données d'état civil et les dépositaires de ces données.
On s'en doute au vu de la nature même de l'organisme, mais les données dérobées sont particulièrement sensibles. Sont concernées les données relatives à l'état civil, les identifiants de connexion au compte professionnel, les numéros d'habilitation et/ou d'agrément, les adresses postales, les adresses mails et les numéros de téléphone. En revanche, les pièces jointes transmises lors des démarches administratives ne semblent pas avoir été touchées à ce stade.
L'ANTS - Agence Nationale des Titres Sécurisés (@FranceTitres) en France annonce avoir subie une cyberattaque en date du 15 avril !
— Christophe Boutry (@Ced_haurus) April 20, 2026
En charge de la gestion en autre des cartes d'identité et passeports des citoyens Français, c'est une fuite de données extrêmement grave.
Une pic.twitter.com/tGNoowmrEC
En réponse à cette intrusion, l'ANTS a saisi la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), tandis que le procureur de la République s'apprête à ouvrir une enquête – la procédure classique en somme. Des mesures de renforcement de la sécurité pour assurer la continuité des services du portail et la protection des données ont également été mises en place.
Piratage ANTS : des données sitôt dérobées, sitôt revendues
Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, le chercheur en cybersécurité Christophe Boutry a découvert qu'un pirate a déjà mis en vente les données sur un forum dédié aux cybercriminels. Au total, il y aurait au total pas moins de 19 millions d'enregistrements, mais ce nombre n'a pas encore été officiellement confirmé. Mais, si c'est bien le cas, il pourrait s'agir de l'une des plus grandes fuites de données administratives jamais enregistrées en France.
Selon l'ANTS, les données compromises ne permettent pas, à ce stade, un accès illégitime aux comptes du portail. Toutefois "au regard des données personnelles et professionnelles concernées, il est cependant possible que vous receviez prochainement des appels ou des courriels indésirables. Aussi, nous vous recommandons de redoubler de vigilance, de ne jamais communiquer vos informations personnelles et de nous signaler toute activité inhabituelle sur votre compte via le formulaire dont le lien figure à la fin de ce message", alerte l'organisme.
Ce n'est pas la première fois que l'ANTS se retrouve dans le viseur des cybercriminels. En septembre 2025, une base de données contenant environ 12 millions de fiches d'état civil avait été mise en vente sur le Dark Web. L'ANTS avait cependant assuré qu'aucune intrusion n'avait été détectée dans ses systèmes.