C'est la nouvelle arnaque à la mode sur Instagram : la prise de compte en otage avec une demande de rançon !

C'est la nouvelle arnaque à la mode sur Instagram : la prise de compte en otage avec une demande de rançon !

Des escrocs exploitent une faille dans le système de signalement des droits d'auteur d'Instagram pour faire suspendre des comptes très suivis et réclamer ernsuite une rançon à leurs propriétaires pour les récupérer. Rusé !

Les arnaques ne manquent pas sur Instagram. Entre les publicités frauduleuses, les bots, les escroqueries aux sentiments et les usurpations d'identité, il faut constamment se méfier. Mais, aujourd'hui, le réseau social est confronté à une nouvelle forme d'extorsion originale, et particulièrement simple à mettre en œuvre.

Comme le rapporte la BBC dans une enquête, les escrocs exploitent le système de signalement des violations de droits d'auteur de la plateforme afin de faire suspendre certains comptes, avant de réclamer de l'argent à leurs propriétaires en échange de leur rétablissement. Le procédé vise notamment des créateurs très suivis, pour lesquels quelques jours sans accès à leur compte peuvent représenter un sérieux manque à gagner.

Arnaque Instagram : le détournement d'une fonction légitime

Depuis peu, Meta a mis en place un système automatisé de signalement pour vol de contenu sous copyright. Concrètement, cela permet aux titulaires de droits d'auteur ou à leurs représentants de signaler les publications qui utilisent leur contenu sans permission. Cette fonction, parfaitement légitime, n'a toutefois pas tardé à être détournée par les escrocs puisque, la plupart du temps, le compte faisant l'objet du signalement se retrouve suspendu en attendant que son cas soit examiné – la procédure de recours de Meta peut prendre plusieurs semaines. Il n'en fallait pas plus pour qu'ils mettent au point de véritables prises d'otages numériques.

Le scénario est toujours sensiblement le même. Un compte est visé par plusieurs signalements pour violation de droits d'auteur. Lorsque les réclamations s'accumulent, Instagram finit alors par retirer les contenus concernés ou suspendre temporairement le compte. Pour un créateur qui dépend de la plateforme pour communiquer avec son audience, développer son activité ou tout simplement percevoir des revenus, la situation peut rapidement devenir critique.

C'est à ce moment que les escrocs entrent en contact avec leur victime, généralement en lui demandant de poursuivre la conversation sur Telegram, pour lui proposer de retirer les plaintes en échange d'une somme d'argent. En clair, ils utilisent la suspension du compte comme moyen de pression pour obtenir une rançon. Cette dernière varie selon les cas et l'importance du compte ciblé mais, d'après les témoignages recueillis, elle peut aller de 50 à 900 dollars. Sauf que, parfois, payer ne garantit pas que les signalements s'arrêtent...

C'est ce qui est arrivé à Olly, le créateur du compte Lost in Time History, suivi par plus de 1,5 million de personnes. Il publie essentiellement des photographies historiques du domaine public ou autorisées par leurs propriétaires. Or, il a reçu en 2026 des dizaines de plaintes pour violation de droits d'auteur qu'il considère comme infondées. Il s'agissait souvent de plusieurs signalements à la fois, envoyés depuis une seule et même adresse e-mail. Après avoir perdu des milliers de livres de revenus en attendant une réponse de Meta, il s'est résolu à payer 50 dollars en cryptomonnaie. Le répit n'a toutefois été que de courte durée, puisque les escrocs ont recommencé leurs signalements aussitôt après son paiement. In fine, son compte a fini par être démonétisé...

Arnaque Instagram : des signalements à répétition grâce à l'IA

Cette escroquerie n'est pas vraiment nouvelle dans son principe. Le chantage fondé sur de prétendues violations de droits d'auteur existe depuis les débuts d'Internet et a déjà touché d'autres plateformes, comme YouTube. Ce qui change aujourd'hui, c'est la facilité avec laquelle ce type de campagne peut être déployé à grande échelle grâce à – ou plutôt à cause de – l'intelligence artificielle, qui permet d'automatiser une partie des opérations et donc d'augmenter considérablement le nombre de victimes potentielles.

Le problème met surtout en lumière la faiblesse des systèmes automatisés de modération des grandes plateformes. Avec des milliards d'utilisateurs et un volume considérable de signalements à traiter, Meta doit rapidement décider quelles mesures prendre face à chaque plainte. Or, c'est ce délai entre le signalement et la vérification de sa légitimité que les escrocs exploitent.

Contactée par la BBC, Meta assure que seuls les titulaires de droits d'auteur ou leurs représentants sont censés utiliser cette procédure et indique avoir ajouté des protections supplémentaires après avoir été alertée des cas. D'ailleurs, l'entreprise propose une assistance par chat en direct, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, aux créateurs de contenus, mais il faut souscrire à l'abonnement Meta Verified... qui est facturé 13,99 euros par mois pour la version Web et de 16,99 euros par mois sur Android et iOS.

Rappelons que l'Union européenne oblige Meta, en vertu du règlement sur les services numériques, à justifier toute suspension de compte auprès de l'utilisateur concerné. En cas de manquement répété, l'entreprise peut se voir infliger une amende pouvant aller jusqu'à 6 % de son chiffre d'affaires mondial.