Ce nouveau radar a battu des records de PV en piégeant les automobilistes - Il sera déplacé et les amendes annulées

Ce nouveau radar a battu des records de PV en piégeant les automobilistes - Il sera déplacé et les amendes annulées

Installé fin août sur le périphérique parisien, un radar de chantier a flashé à une cadence jamais vue jusqu'ici. Douze jours plus tard, la préfecture de police annonce son retrait et l'annulation de toutes les contraventions.

Tout commence le 24 août, à hauteur de la porte de Montreuil, sur le périphérique extérieur. Une zone de travaux impose une limitation ponctuelle à 30 km/h, un seuil bien plus bas que les 50 km/h habituels de cet axe, et un radar autonome est installé pour faire respecter cette consigne temporaire. Sur le papier, rien d'inhabituel : ce genre de dispositif accompagne régulièrement les chantiers routiers en France.

Mais très vite, les chiffres remontés par les usagers donnent le vertige. Vidéo à l'appui, l'association 40 millions d'automobilistes a calculé qu'en seulement 4 minutes et 39 secondes d'observation, 18 véhicules se sont fait flasher par l'appareil. Extrapolée sur une journée entière, à 135 euros la contravention, cette cadence représenterait un peu plus de 750 000 euros de recettes potentielles quotidiennes, et près de 275 millions d'euros sur une année. Des estimations théoriques, jamais confirmées par les autorités, mais suffisamment spectaculaires pour transformer l'appareil en sujet de polémique nationale, rapidement surnommé "la tirelire" par la presse et les réseaux sociaux.

L'emplacement du radar cristallise une bonne partie des critiques. Situé sous un pont, sur un axe parmi les plus fréquentés d'Europe avec plus d'un million cent mille véhicules quotidiens, le dispositif s'active dès qu'un automobiliste dépasse le seuil des 30 km/h, une vitesse jugée trop restrictive par de nombreux conducteurs habitués à un flux de circulation plus rapide sur cette portion du périphérique. Les associations d'automobilistes dénoncent un différentiel de vitesse trop sévère par rapport à la limitation habituelle, davantage pensé, selon elles, pour multiplier les infractions que pour sécuriser réellement une zone de chantier.

© 40 millions d'automobilistes - YouTube

Face à la pression médiatique et politique, la préfecture de police finit par reconnaître, le 4 septembre, que l'appareil souffrait en réalité de graves ratés techniques depuis sa mise en service. Son fonctionnement, explique-t-elle, s'est révélé aléatoire dès le début, ce qui a conduit à neutraliser rapidement la production de procès-verbaux le temps d'analyser l'origine du problème.

Une décision a également été prise au niveau du parquet de Rennes, chargé du traitement des infractions routières automatisées, pour annuler l'ensemble des contraventions déjà émises durant les douze jours d'exploitation du radar. Aucune amende ne sera donc réclamée, et aucun point retiré sur les permis concernés, les automobilistes verbalisés devant recevoir un courrier officiel les informant de cette annulation.

Le radar en lui-même ne disparaît pas totalement du secteur. Les flashs ont été maintenus, sans donner lieu à des poursuites, dans un but purement pédagogique, histoire de continuer à sensibiliser les conducteurs à la limitation de vitesse du chantier en cours. Des discussions sont désormais engagées entre les services de l'État et la ville de Paris pour identifier un nouvel emplacement plus approprié et, surtout, s'assurer que l'appareil fonctionne correctement avant toute remise en service définitive.