Ces vendeurs de voitures facturaient des frais abusifs : ils écopent de lourdes amendes

Ces vendeurs de voitures facturaient des frais abusifs : ils écopent de lourdes amendes

Deux concessionnaires automobiles viennent d'être condamnés à de fortes amendes pour avoir fait passer des frais facultatifs pour obligatoires. Une pratique répandue qui peut coûter très cher à l'acheteur sans qu'il s'en aperçoive.

Acheter une voiture neuve devrait être un moment simple. Ça ne l'est pas toujours. La société Claris Automobiles, concessionnaire Citroën à Cholet, a écopé d'une amende de 79 000 euros en avril 2026 pour "pratiques commerciales trompeuses", le garage ayant eu l'habitude de présenter des packs de prestations optionnelles comme s'ils étaient indissociables de l'achat, sans possibilité réelle pour l'acheteur de les refuser. Quelques mois plus tôt, c'est un groupe de quatre concessions Peugeot tarnaises qui avait été condamné à 25 000 euros d'amende pour des faits identiques, notamment envers des clients du programme de leasing social.

Ces deux affaires ne sont pas des accidents isolés. Le système est particulièrement bien rodé et efficace, et les témoignages de personnes ayant souscrit des prestations facultatives sans s'en apercevoir se multiplient sur les forums automobiles. Pour mesurer l'ampleur du phénomène, Que Choisir Ensemble a joué le rôle d'un client mystère dans une concession Peugeot. Le résultat donne le vertige.

La proposition commerciale remise à la sortie affichait 1 108 euros de frais annexes au-delà du prix de la voiture et des taxes de carte grise, soit : 110 euros pour une "assurance Roole confort", 205 euros pour un "service Roole confort", 30 euros de "charge", 179 euros de "frais d'immatriculation", 150 euros de "gestion bonus eco/PAC" et 165 euros pour un "pack sécurité". Le clou du spectacle : 269 euros facturés pour une cire de protection contre la corrosion baptisée "Waxoyl 100 Plus" – appliquée d'office sur une voiture neuve.

©  Puwasit Inyavileart - Adobe Stock

Chacun de ces postes mérite d'être décortiqué. Les frais d'immatriculation à 179 euros correspondent à une démarche que tout particulier peut effectuer gratuitement lui-même en ligne. Les 150 euros de "gestion bonus eco/PAC" consistent à facturer au client le fait que le concessionnaire avance le montant du bonus écologique avant d'en être remboursé par l'État. Et les 30 euros de "charge" ont été facturés alors que le commercial venait d'affirmer qu'une charge complète coûtait environ 12 euros.

Ce qui rend le piège particulièrement efficace, c'est sa discrétion. Ces prestations sont certes mentionnées en première page de la proposition commerciale sous l'intitulé "frais annexes", mais leur montant est directement intégré dans les loyers présentés en page 3. Un astérisque minuscule et une phrase en tout petits caractères l'indiquent – mais un client pressé ou peu méfiant signe sans avoir lu, et se retrouve engagé pour une assurance complémentaire auprès de Roole sans l'avoir voulu.

La loi est pourtant claire : aucune de ces prestations n'est obligatoire. Un acheteur peut exiger leur suppression, une à une, avant de signer quoi que ce soit. Voici la marche à suivre pour ne pas se laisser piéger. Avant tout rendez-vous en concession, vérifiez vous-même sur le site de l'ANTS le coût réel de l'immatriculation – il est généralement inférieur aux frais facturés.

Demandez systématiquement un devis détaillé avant de discuter de financement, et prenez le temps de lire chaque ligne, y compris les plus petits caractères. Face à un pack présenté comme "inclus", posez la question directement : "Puis-je l'enlever ?" La réponse doit être oui. Si un vendeur affirme que ces frais sont obligatoires, c'est faux – et c'est précisément ce que la Répression des fraudes vient de sanctionner à deux reprises.

En cas de litige après signature, Que Choisir Ensemble met à disposition des lettres types et un service de dépôt de litige en ligne pour accompagner les acheteurs qui souhaitent contester des frais indûment perçus. Les condamnations récentes montrent que ces recours peuvent aboutir – à condition de ne pas rester silencieux.