Voilà pourquoi vous risquez d'attendre des heures à l'aéroport cet été avant de prendre l'avion

Voilà pourquoi vous risquez d'attendre des heures à l'aéroport cet été avant de prendre l'avion

Entre les nouveaux contrôles biométriques, l'afflux massif de voyageurs et la pénurie de personnel, les aéroports européens redoutent un été sous forte tension, avec des files d'attente pouvant dépasser quatre heures.

Cet été, passer les contrôles avant de monter dans un avion pourrait bien devenir une véritable de patience. En cause, la mise en place progressive de l'Entry Exit System, plus connu sous l'acronyme EESun nouveau dispositif européen censé renforcer la surveillance des frontières, mais qui bouleverse profondément l'organisation des aéroports. 

Ce système concerne les voyageurs non européens entrant dans l'espace Schengen pour un court séjour. Lors de leur première entrée, plusieurs opérations sont désormais nécessaires : : il faut scanner le passeport, prendre une photo du visage, collecter les empreintes et vérifier que toutes ces données correspondent. Une procédure bien plus longue qu'un simple coup de tampon, surtout lorsque plusieurs avions long-courriers arrivent en même temps, avec plusieurs centaines de passagers à bord qui viennent alors former des files d'attente  interminables.

Sur le papier, l'EES doit simplifier les contrôles à terme et permettre de mieux repérer les dépassements de durée de séjour. Mais dans les aéroports, la phase de lancement est loin d'être fluide. Les premiers déploiements ont mis en lumière des bornes biométriques parfois lentes, des problèmes techniques et, surtout, un manque d'espace pour installer suffisamment de kiosques d'enregistrement. Chaque nouveau passager à inscrire rallonge un peu plus la file, créant rapidement des embouteillages humains.

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À cette complexité s'ajoute un autre facteur majeur : le manque de personnel aux frontières. En France, plusieurs milliers de postes supplémentaires ont bien été annoncés ces dernières années, mais tous ne sont pas encore pourvus. De nombreux agents sont toujours en formation sur ces nouveaux équipements, ce qui limite leur capacité à absorber les pics de fréquentation. Dans certains aéroports régionaux, les contrôles assurés par les douanes souffrent aussi d'un matériel vieillissant, déjà pointé du doigt avant même l'arrivée de l'EES.

Les professionnels du transport aérien tirent désormais la sonnette d'alarme. Les associations d'aéroports, de compagnies aériennes et l'IATA ont récemment alerté la Commission européenne sur les risques de saturation. Selon leurs estimations, les temps d'attente pourraient atteindre, voire dépasser, quatre heures dans certains grands aéroports européens lors des périodes de pointe de juillet et août. Ces retards aux frontières pourraient ensuite se répercuter sur l'ensemble du trafic, avec des départs retardés et des correspondances manquées.

Pour les voyageurs, les conséquences sont très concrètes. Les compagnies recommandent déjà d'arriver au moins trois heures avant un vol international. Avec des contrôles plus longs et des effectifs sous tension, certains acteurs du secteur estiment qu'il faudra prévoir une marge encore plus large, notamment pour les vols hors Schengen en pleine saison estivale. Les agences de voyage conseillent aussi d'éviter, quand c'est possible, les créneaux les plus chargés, comme les grands départs du week-end.

Au-delà de l'inconfort, cet été servira de test grandeur nature. Les autorités européennes comptent sur l'EES pour renforcer la sécurité aux frontières, mais les aéroports doivent en parallèle réussir à gérer un trafic aérien revenu à des niveaux proches de ceux d'avant la crise sanitaire. D'ici là, mieux vaut préparer ses documents à l'avance… et s'armer de patience dès l'arrivée au terminal.