Ne faites surtout pas le plein si vous voyez ce camion à la station-service !
Contrairement à ce que l'on pourrait penser intuitivement, il vaut mieux éviter de faire le plein de carburant à la station-service à un moment particulier. La santé de votre moteur en dépend !
C'est une scène fréquente, et parfois quotidienne, dans les stations-service : pendant que des automobilistes font la queue devant les pompes, un grand camion-citerne s'installe pour remplir les cuves de carburant. Beaucoup pensent alors naturellement que c'est le meilleur moment pour faire le plein, persuadés de remplir leur réservoir d'essence ou de gasoil frais.
Seulement voilà : non seulement, les dérivés du pétrole n'ont rien à voir avec de vrais produits frais comme des fruits et des légumes, mais, en en plus, et surtout, c'est précisément l'instant où la qualité du carburant distribué peut être la plus mauvaise, comme l'expliquent les professionnels de la maintenance automobile !
En effet, les cuves enterrées sous la surface de la station stockent des milliers de litres d'essence et de gazole. Au fil du temps, ces réservoirs accumulent inévitablement des dépôts : des poussières fines, des particules de rouille provenant des parois métalliques, mais aussi des traces d'eau issues de la condensation naturelle.
Quand les carburants restent immobiles, au repos, ces impuretés se déposent au fond des cuves et elles ne sont généralement pas aspirées par les pompes, qui prélèvent les liquides légèrement au-dessus de cette couche de sédiments.
La situation change totalement lorsque le camion-citerne commence à remplir les cuves. Le carburant est injecté à très haut débit en, créant des remous. Les dépôts qui reposaient tranquillement au fond sont alors remis en suspension et se diffusent dans tout le réservoir. Pendant plusieurs heures, le carburant distribué peut donc contenir davantage de particules et de microgouttes d'eau qu'en temps normal.
Certes, les pompes des stations sont équipées de filtres destinés à retenir une grande partie de ces éléments indésirables. Mais ces dispositifs ne sont pas infaillibles. Face à une concentration inhabituelle de sédiments, ils peuvent se saturer rapidement ou laisser passer les particules les plus fines. Leur efficacité dépend aussi de l'entretien régulier effectué par l'exploitant : un filtre trop ancien ou mal remplacé perd une partie de sa capacité de protection.
Le problème, c'est que les moteurs modernes sont particulièrement vulnérables à ces contaminations. Les systèmes d'injection haute pression utilisent des pièces d'une précision extrême, dont les orifices sont parfois plus fins qu'un cheveu. La moindre particule abrasive ou la présence d'eau peut encrasser un injecteur, obstruer un filtre interne ou endommager la pompe à carburant. Les symptômes apparaissent rapidement : perte de puissance, à-coups, démarrage difficile, voire immobilisation du véhicule. Et les réparations qui en découlent peuvent coûter très cher, souvent entre 1 500 et 3 500 euros selon les modèles.
Pour limiter ce risque, les spécialistes conseillent une règle simple : éviter de faire le plein lorsqu'un camion-citerne est en train de ravitailler la station ou qu'il vient tout juste de terminer son opération. Attendre deux à trois heures permet aux impuretés de retomber naturellement au fond des cuves, rétablissant une qualité de carburant normale. Si l'on est pressé, mieux vaut choisir une autre station plutôt que de prendre le risque d'une panne coûteuse.