Mieux que l'hybride : ce nouveau moteur thermique consomme moins de 3,3 l aux 100 km

Mieux que l'hybride : ce nouveau moteur thermique consomme moins de 3,3 l aux 100 km

Horse Powertrain, filiale de Renault et Geely, vient de dévoiler le H12 Concept : un moteur hybride 1,2 litre qui annonce moins de 3,3 l/100 km, tourne à l'essence renouvelable, et relance le débat sur l'avenir du thermique.

Pendant que les constructeurs investissent des milliards dans la voiture électrique, une filiale commune de Renault, Geely et Aramco travaillait discrètement dans ses ateliers de Valladolid, en Espagne, sur quelque chose de plus discret – et peut-être plus immédiatement utile. Horse Powertrain, née des activités moteurs de Renault Group et de Geely, a levé le voile sur le H12, un trois-cylindres 1,2 litre hybride qui annonce une consommation inférieure à 3,3 l/100 km selon le cycle WLTP. Pour mettre les choses en perspective, c'est moins ce que consomment les meilleures voitures à moteur diesel en régime stable à vitesse modérée, qui restent autour des 4 l/100 km…

Ce moteur n'est pas sorti de nulle part. Le H12 Concept reprend la base du 1.2 essence HR12, déjà produit en Espagne et en Roumanie, que l'on retrouve sous le capot des Renault Clio, Captur, Symbioz, mais aussi des Dacia Duster et Bigster. Ce que les ingénieurs ont changé, c'est à peu près tout le reste. Taux de compression porté à 17:1, système EGR nouvelle génération, turbocompresseur optimisé, allumage haute énergie et boîte hybride repensée avec moteur électrique intégré : chaque composant a été retravaillé pour réduire les frottements internes et maximiser le rendement. Au final, une série d'optimisations a permis d'atteindre un rendement thermique de 44,2 % et une consommation inférieure de 40 % à la moyenne des voitures thermiques européennes actuelles.

Ce résultat fait inévitablement penser à ce que Peugeot avait réalisé en 2015 avec une 208 BlueHDi : une 208 strictement de série avait alors parcouru 2 152 km avec 43 litres de Diesel, soit une consommation moyenne de 2,0 l/100 km, sur le circuit d'essais de Belchamp sous contrôle de l'UTAC. C'était un record absolu, certes obtenu en conditions très contrôlées et avec un moteur diesel, mais il montrait déjà que le moteur à combustion avait encore des ressources inattendues. Le H12 de Horse s'inscrit dans cette même logique – sauf qu'il vise cette fois une utilisation en conditions réelles, avec un carburant radicalement différent.

© Horse

Car c'est là que le projet prend une dimension supplémentaire. Horse a travaillé avec le Repsol Technology Lab de Madrid sur un carburant 100 % renouvelable baptisé Nexa 95, qui ne vient pas du pétrole : il est issu de résidus agricoles et forestiers, d'huiles de cuisson usagées et d'autres matières organiques. Ce carburant est produit à grande échelle depuis octobre 2025 dans l'usine de Repsol à Tarragone, et déjà disponible dans une trentaine de stations-service en Espagne. Une voiture familiale parcourant 12 500 km par an avec ce carburant et ce moteur réduirait ses émissions de CO₂ de 1,77 tonne par rapport à un moteur à combustion classique.

Le H12 s'inscrit dans un contexte politique tendu. L'Union européenne a acté l'interdiction des ventes de voitures thermiques neuves à partir de 2035, mais les débats sur les dérogations pour les carburants synthétiques et renouvelables n'ont jamais vraiment cessé. Patrice Haettel, directeur général de Horse Technologies, défend une approche neutre technologiquement, estimant que s'appuyer sur une seule voie – sous-entendu le 100 % électrique – ne permettra pas de réduire les émissions assez rapidement.

De son côté, selon l'ACEA, plus de 97 % du parc roulant repose encore sur un moteur thermique, ce qui signifie que même une amélioration marginale du rendement des moteurs existants aurait un impact climatique immédiat bien supérieur à celui de nouvelles voitures électriques vendues en petits volumes.

Pour autant, il ne faut pas vendre la peau de l'ours trop vite. Deux prototypes ont été assemblés et leurs performances validées, et un premier véhicule démonstrateur est attendu dans le courant de l'année 2026. Mais aucun modèle de série ni date de commercialisation n'ont été confirmés à ce jour. Les 3,3 l/100 km annoncés sont des mesures en cycle WLTP, un protocole qui reste plus favorable que la conduite quotidienne réelle. Et la disponibilité du carburant Nexa 95 hors d'Espagne reste pour l'instant une question sans réponse. Le moteur le plus sobre du monde ne sert pas à grand-chose s'il faut traverser les Pyrénées pour faire le plein.