Les smartphones seront bien interdits dans tous les lycées de France dès la rentrée 2026
À compter de la rentrée 2026, l'usage du téléphone portable sera officiellement interdit dans les lycées français. Une mesure qui s'annonce toutefois difficile à mettre en place, surtout au vu des délais serrés…
Voilà qui ne devraient pas plaire aux adolescents ! Après avoir interdit les smartphones à l'ensemble des collèges français, le Gouvernement a décidé de faire la même chose avec tous les lycées de l'Hexagone dès la rentrée 2026. Il a donc voté une mesure allant en ce sens au sein du projet de loi pour l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Or, si le Conseil constitutionnel a finalement décidé d'invalider l'article 1er de la loi, estimant que l'interdiction générale prévue par le législateur portait une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression et de communication (voir notre article), l'interdiction des smartphones dans les lycées entrera bien en vigueur dès la rentrée. Elle a d'ailleurs été publiée dans le Journal officiel ce 25 août 2026, via la loi n° 2026-813.
"Dès à présent, les lycées sont invités à se préparer à l'interdiction de l'utilisation du téléphone portable et des autres objets connectés par les élèves", indique le Gouvernement dans un communiqué, rappelant au passage que l'école est "avant tout le temps des apprentissages et de la sociabilisation des élèves ". Mais entre les bonnes intentions et la réalité, il y a parfois tout un monde…
Interdiction des smartphones au lycée : des exceptions de prévues
Le Gouvernement s'appuie sur les enseignements de la "pause numérique", dispositif expérimenté en septembre 2024 dans une centaine de collèges avant d'être généralisé à l'ensemble du territoire à la rentrée 2025. Dans les établissements qui l'ont pleinement mis en œuvre, les retours dressent un constat commun : amélioration du climat scolaire, recul du cyberharcèlement et meilleure attention des élèves en classe. Fort de ces résultats jugés très encourageants, Emmanuel Macron entendait donc étendre la mesure aux lycées.
Protéger les enfants des dérives des écrans ne peut plus attendre. Je viens de promulguer la loi visant à interdire les téléphones portables au lycée dès la rentrée, proposition de la commission écrans. Une école sans téléphone, cest retrouver la sérénité de lapprentissage.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) August 24, 2026
Jusqu'à présent, la législation laissait aux conseils d'administration des établissements le soin de décider des modalités d'interdiction des smartphones. La nouvelle mesure marque donc un changement de cap en mettant fin à cette marge de manœuvre au profit d'une obligation généralisée de dépôt des appareils dès l'entrée dans l'établissement.
Les modalités précises d'application resteraient toutefois définies localement par les chefs d'établissement. Des exceptions sont d'ores et déjà prévues, notamment pour les élèves en situation de handicap, pour "permettre des usages pédagogiques ou s'adapter à certaines nécessités administratives ou organisationnelles". Même chose pour les étudiants inscrits dans des formations dispensées au sein des lycées, comme par exemple les classes préparatoires aux grandes écoles. Reste à savoir comment faire le tri entre les élèves du supérieur et les lycéens...
Interdiction des smartphones au lycée : des délais impossibles à tenir
Si la démarche est tout à fait louable, elle risque toutefois d'être compliquée à mettre en place. En effet, de nombreux collèges ont éprouvé de réelles difficultés à appliquer la consigne nationale, de par les défis logistiques et budgétaires qu'elle entraîne. Les syndicats d'enseignants ne semblent d'ailleurs pas convaincus...
"Applicable à la rentrée ne signifie pas que dès le 1er septembre ce sera interdit dans tous les lycées", déplore Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, sur RTL. "Il faut être réaliste, ce ne sera pas possible partout. La loi va être promulguée mais dans les quelques jours qui nous séparent de la rentrée, nous n'avons pas le temps de changer les règlements intérieurs et d'avoir matériellement la possibilité de stocker les téléphones portables".
Dans un bulletin officiel datant du 2 juillet et mis à jour ce lundi 24 août, le ministère de l'Éducation nationale avait pourtant envoyé aux recteurs académiques une circulaire confirmant l'entrée en vigueur de cette mesure et leur demandant d'anticiper la chose. Mais Sophie Vénétitay dénonce "une circulaire très acrobatique" envoyée durant le passage des épreuves du baccalauréat. "Une circulaire qui sort le 2 juillet et qui vous dit qu'il faudra revoir le règlement intérieur, c'est de l'amateurisme de la part de l'Éducation nationale de croire que les choses peuvent se faire en un claquement de doigt le 2 juillet ou le 24 août".
En effet, étant donné que chaque lycée doit intégrer lui-même l'interdiction au règlement intérieur, cela signifie qu'il faudra rédiger un ou plusieurs articles et les faire valider par plusieurs instances, dont le conseil des délégués pour la vie lycéenne et le conseil d'administration (CA). Or, dans un lycée, la première réunion de ce dernier a généralement lieu en octobre ou début novembre, une fois les élections des parents d'élèves passées. Autant dire que ce ne sera jamais prêt pour la semaine prochaine…