AI Paper Trail : cet outil gratuit de Proton révèle tout ce que ChatGPT et Claude savent sur vous

AI Paper Trail : cet outil gratuit de Proton révèle tout ce que ChatGPT et Claude savent sur vous

Proton lance AI Paper Trail, un outil gratuit qui analyse vos échanges avec ChatGPT et Claude pour vous faire prendre conscience, grâce à un rapport, de toutes les informations que ces IA ont emmagasinées sur vous.

Les IA comme ChatGPT, Claude ou Gemini ont progressivement fait leur nid dans notre quotidien, au point que nous l'utilisons sans nous en rendre compte. Que ce soit pour obtenir de l'aide sur un devoir, chercher des informations, demander un avis médical, organiser une soirée ou même parler de nos états d'âme ou apprendre à séduire, elles sont devenues des outils incontournables. Mais toute cette aide ne vient qu'au prix de nombreuses données que nous livrons à leurs créateurs sans la moindre résistance.

En effet, au fil des conversations, ces assistants peuvent accumuler une quantité importante d'informations sur leurs utilisateurs. Eh oui, l'IA et la confidentialité, c'est une relation plus que compliquée. Et nous avons beau le savoir, nous avons rarement conscience à quel point ce sont des aspirateurs à données. Aussi, Proton, l'entreprise suisse connue pour ses services axés sur la confidentialité, vient de lancer un outil gratuit permettant de se rendre compte de façon concrète de cette surexposition. Baptisé AI Paper Trail, il analyse l'historique des conversations avec ChatGPT et Claude afin de dresser un bilan de ce que ces échanges ont révélé sur nous.

AI Paper Trail : prendre conscience de la valeur de ses informations

Le principe d'AI Paper Trail est très simple : il suffit de se rendre à cette adresse, dans le service Lumo de Proton, et d'exporter l'historique de ses conversations depuis son compte ChatGPT ou Claude. Ces deux services proposent nativement une fonction permettant de recevoir par mail un fichier contenant l'ensemble des échanges. L'outil analyse alors les conversations et produit un rapport personnalisé en quelques instants. Cela permet de transformer un export brut, souvent illisible, en une synthèse compréhensible. 

© Proton

Proton met en avant quatre éléments : un profil de confidentialité, un score d'exposition à l'IA, une synthèse de ce que l'IA peut déduire sur l'utilisateur, et une estimation de la valeur de ses données. Cela permet de prendre conscience de la quantité d'informations qu'une IA conversationnelle peut déduire de simples échanges. Profession, habitudes, centres d'intérêt, relations personnelles de l'utilisateur… Tout y passe. L'IA peut même conserver en mémoire des informations particulièrement sensibles, par exemple liées à la santé ou aux finances. L'objectif n'est donc pas seulement de compter le nombre de données présentes dans l'historique, mais de montrer le portrait qui peut être reconstitué à partir de celles-ci.

De plus, en fournissant une estimation financière de la valeur que ces informations pourraient représenter pour un fournisseur d'IA, Proton rend concrète une notion souvent difficile à appréhender : nos données personnelles ont une valeur économique, même lorsqu'elles sont communiquées au fil de conversations qui semblent, prises séparément, parfaitement anodines.

Bien évidemment, les données importées dans AI Paper Trail ne sont pas conservées par l'entreprise. Elles sont analysées puis utilisées pour générer le rapport, sans être stockées sur les serveurs de Lumo. Ce serait un comble, étant donné qu'il faut transmettre l'intégralité de son historique de conversations avec Claude ou ChatGPT à l'outil pour obtenir son analyse.

Mais c'est surtout une façon pour Proton de mettre en avant son propre assistant conversationnel, Lumo, en le présentant comme une alternative davantage tournée vers la protection de la vie privée. En plus, l'IA repose sur des modèles open source et s'appuie sur une infrastructure chiffrée européenne, et donc souveraine. Un atout de taille, alors que nos données personnelles ne sont plus seulement des produits commerciaux, mais aussi des armes politiques.