Les experts les ont testés : avec ces pneus hiver, il faut 18 mètres de plus pour s'arrêter sur route mouillée

Les experts les ont testés : avec ces pneus hiver, il faut 18 mètres de plus pour s'arrêter sur route mouillée

À l'approche de l'hiver, les grands automobile-clubs européens ont passé au crible des dizaines de pneus. Les écarts mesurés au freinage sont parfois spectaculaires. Et le prix ou la marque ne suffisent pas à faire un bon choix.

Deux voitures lancées à 80 km/h sur une route mouillée freinent en urgence : la première s'arrête en 33,5 mètres ; la seconde, identique, a encore besoin de près de 18 mètres pour stopper. Et elle roule toujours à 47 km/h quand l'autre est déjà immobile ! Seule différence entre les deux : leurs pneus. Eh oui, on l'oublie trop souvent, mais le seul lien entre un véhicule et la route, ce sont justement les pneus…

L'exemple ci-dessus n'a d'ailleurs rien d'une fiction. Il est tiré du test de pneus hiver 2026 mené par l'ADAC, l'automobile-club allemand, et publié en Suisse par le TCS. Ses experts ont évalué seize modèles dans deux dimensions très répandues, sur dix-neuf critères. La sécurité compte pour 70 % de la note : freinage et tenue de route sur sol sec, mouillé, enneigé et verglacé. Les 30 % restants portent sur l'usure, la consommation, le bruit et le bilan environnemental.

En 185/65 R15, la taille des Renault Clio, Peugeot 208 de génération précédente, Toyota Yaris ou Volkswagen Polo, deux pneus dominent : le Continental WinterContact TS 870 et le Michelin Alpin 7. Les Hankook Winter i*cept RS3, Goodyear UltraGrip Performance 3, mais aussi des marques économiques comme Linglong, Optimo ou GT Radial, font jeu égal un cran en dessous. Trois modèles sont en revanche à éviter : le Sunny Winter-max NW611, l'Atlas Polarbear HP et le Rockblade Rock 868S. C'est ce dernier qui réclame 51,4 mètres pour s'arrêter sur le mouillé, contre 33,5 mètres pour le Bridgestone Blizzak LM 005, soit 17,9 mètres d'écart. Le Bridgestone, pourtant champion de ce freinage, ne termine qu'en milieu de classement, pénalisé ailleurs.

© Basil Minhaj - Unsplash

En 225/50 R17, la monte des Peugeot 3008, Skoda Octavia ou Audi A4, quatre références se détachent : le Pirelli Cinturato Winter 3, vainqueur, devant le Continental WinterContact TS 870, le Goodyear UltraGrip Performance 3 et le Michelin Alpin 7. Six modèles sont jugés insuffisants : les Falken Eurowinter HS02 Pro, Toyo Observe EWS1, Tracmax Ice-Plus S210, Aptany RW211, Royal Black Royalwinter UHP et Sunwide Snowide. Sur route mouillée, le Sunwide a besoin de 46,3 mètres pour s'arrêter, contre 34,7 mètres pour le Pirelli et le Continental, soit 11,6 mètres de plus.

Le cas du Sunwide est le plus surprenant. C'est le meilleur pneu du test sur la neige… et l'un des pires au classement général, car il se montre très flou sur route sèche et dangereux sur route mouillée. Le Toyo fait exactement l'inverse : excellent sur le sec, il s'effondre dès que l'hiver arrive. Or en France, les routes sont bien plus souvent mouillées qu'enneigées, et c'est sur le mouillé que les écarts sont les plus importants.

Les SUV ne sont pas épargnés. Le magazine allemand Auto Bild a testé dix pneus hiver en 225/55 R18 sur des BMW X1. Le Hankook Winter i*cept evo 4 remporte le classement, devant le Michelin et le Pirelli Cinturato Winter 3. Ce dernier signe le meilleur freinage sur route mouillée : 44,4 mètres depuis 100 km/h. Le Zeetex WH1000 SUV, un pneu très bon marché, a besoin de 57,5 mètres, soit 13,1 mètres de plus. Les Falken, Linglong, Matador et Prinx présentent eux aussi au moins une faiblesse dans un exercice lié à la sécurité. Le cas de Linglong montre d'ailleurs qu'un même fabricant peut briller dans une dimension et décevoir dans une autre : d'où l'intérêt de consulter un test dans la taille de ses propres pneus.

Ces résultats confirment une tendance observée dans les tests précédents. Les marques premium occupent la tête du classement, et la plupart des pneus déconseillés sont des premiers prix. Mais un prix bas ne condamne pas un pneu, et une marque connue ne garantit rien : Falken et Toyo, pourtant très populaires, figurent parmi les recalés.

Quelques règles simples complètent ces résultats. Les experts recommandent de remplacer un pneu hiver dès que ses sculptures descendent sous 4 mm. Mieux vaut équiper la voiture de quatre pneus identiques, et vérifier leur date de fabrication, inscrite sur le flanc. Enfin, dans les départements de montagne soumis à la loi Montagne, les pneus hiver ou les équipements adaptés sont obligatoires du 1er novembre au 31 mars, et seuls les pneus marqués 3PMSF – avec le symbole d'une montagne à trois pics et un flocon – sont désormais acceptés.

Que l'on parle d'une différence de 10, 12 ou même 18 mètres, le résultat est le même : quand il faut freiner en urgence, chaque mètre gagner peut sauver des vies. Une raison suffisante pour ne pas choisir ses pneus uniquement pour leur prix ou leur marque..