Obligatoire depuis dix ans, cet appareil arrive en fin de vie dans de nombreux logements : qui doit s'en occuper ?
Maison comme appartement, tous les logements doivent en être équipés depuis 2015. Mais ce petit appareil de sécurité fixé au plafond doit être régulièrement entretenu et changé, ce que de nombreux propriétaires et locataires oublient.
Il est obligatoire dans tous les logements depuis plus de dix ans. Pourtant, beaucoup de Français ignorent qui doit l'installer, qui doit l'entretenir, et même si celui qui trône au plafond fonctionne encore. Avec l'hiver, période où les incendies domestiques se multiplient, c'est le moment de faire le point.
Chaque année en France, plusieurs centaines de personnes meurent dans un incendie domestique, le plus souvent la nuit. L'explication est simple : endormi, on ne sent pas la fumée. Or ce sont les gaz toxiques, bien plus que les flammes, qui tuent. Quelques minutes suffisent pour perdre connaissance sans même s'être réveillé.
D'où l'obligation, entrée en vigueur le 8 mars 2015, d'équiper chaque logement d'au moins un détecteur de fumée, appelé officiellement "détecteur avertisseur autonome de fumée", ou DAAF. Il doit respecter la norme NF EN 14604, à vérifier sur l'emballage. On l'installe au plafond, de préférence dans le couloir qui dessert les chambres, et loin de la cuisine et de la salle de bains, pour éviter les fausses alertes. Dans une maison à étages, mieux vaut en prévoir un par niveau.
Qui doit s'en charger ? Le propriétaire, qui doit acheter et installer le détecteur, même s'il loue son logement. L'entretien revient en revanche à l'occupant. Un locataire doit ainsi vérifier régulièrement que l'appareil fonctionne et changer les piles. Ce n'est pas le cas des locations saisonnières, des meublés et des logements de fonction : là, c'est le propriétaire qui assure l'entretien.
Cet entretien est simple. Il suffit d'appuyer une fois par mois sur le bouton de test, qui doit déclencher un bip strident, et de dépoussiérer l'appareil de temps en temps, pour que son capteur pusse fonctionner correctement. Lorsque la pile faiblit, le détecteur émet un petit bip régulier : il ne faut surtout pas l'ignorer, ni retirer la pile pour le faire taire. Les modèles les plus endurant embarquent une pile au lithium scellée, conçue pour durer dix ans, ce qui est nettement plus pratique que des piles classiques.
Car un détecteur n'est pas éternel. Les fabricants recommandent de le remplacer au bout d'une dizaine d'années, la date limite figurant souvent au dos de l'appareil. Les millions de détecteurs installés en 2015, au moment de l'entrée en vigueur de l'obligation, sont donc arrivés en fin de vie. Il est grand temps de les décrocher pour vérifier leur date limite d'utilisation !
Aucune amende ne sanctionne l'absence de détecteur. Et en cas d'incendie, votre assureur ne peut pas refuser de vous indemniser au motif que vous n'en aviez pas. Mais l'enjeu est ailleurs. Un appareil d'une vingtaine d'euros peut faire toute la différence entre un réveil en sursaut et pas de réveil du tout. Ce soir, appuyez sur le bouton test : mieux vaut un bip qui vous casse les oreilles qu'un silence rassurant. Et définitif.
