Cette erreur courante au péage peut vous coûter 4 points de permis et 135 euros d'amende

Cette erreur courante au péage peut vous coûter 4 points de permis et 135 euros d'amende

Une situation courante aux péages d'autoroute incite souvent à un geste instinctif qui parait logique et légitime. Il est pourtant strictement interdit par le Code de la route et sévèrement sanctionné. Tout le monde peut tomber dans le piège !

C'est une situation que tous les automobilistes sur l'autoroute, en arrivant au péage. On s'engage naturellement dans une file en réalisant très vite qu'il y a un problème : la voiture qui précède a un problème, la borne est en panne, c'est une voie réservée… Le réflexe immédiat, presque naturel, est de reculer de quelques mètres pour se repositionner etchanger de voie. Ce geste, pourtant banal dans un parking ou une rue, est strictement interdit dès lors qu'on se trouve sur une autoroute – y compris dans les zones de péage.

Sur l'autoroute, il est formellement interdit de faire marche arrière ou demi-tour, quelle que soit la situation. Cette interdiction vise non seulement les voies de circulation principales, mais aussi la bande d'arrêt d'urgence, l'accotement, et donc les zones de péage. Même face à une borne défaillante ou un ticket perdu, reculer expose l'automobiliste aux mêmes sanctions : 135 euros d'amende et 4 points retirés du permis de conduire, conformément à l'article R421-6 du Code de la route.

Ce n'est pas tout. Cette infraction de quatrième classe peut également entraîner une peine complémentaire de suspension du permis de conduire pour une durée pouvant aller jusqu'à trois ans, cette suspension pouvant être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle. Si l'affaire passe devant un tribunal, l'amende peut grimper jusqu'à 750 euros. Pour un conducteur novice dont le permis probatoire ne compte que six points, perdre quatre points d'un seul coup représente une menace sérieuse sur sa capacité à conduire.

© philipus - 123RF

La raison de cette sévérité tient à la physique des autoroutes. Les véhicules y circulent à des vitesses pouvant atteindre 130 km/h. À cette allure, un conducteur qui recule même de quelques mètres dans une zone de péage peut se retrouver dans l'angle mort ou la trajectoire d'un véhicule arrivant derrière lui à grande vitesse. Les zones de péage constituent des secteurs particulièrement sensibles où les véhicules décélèrent puis réaccélèrent, créant des configurations de circulation complexes où tout mouvement imprévu est potentiellement catastrophique.

Les caméras de surveillance équipent désormais la grande majorité des péages, permettant aux forces de l'ordre de constater ces comportements sans même être présentes sur place. Une infraction filmée peut donc générer un avis de contravention plusieurs semaines après les faits, au moment où le conducteur a depuis longtemps oublié l'incident.

Que faire alors quand la situation bloque au péage ? La procédure est simple : lorsqu'une borne ne fonctionne pas ou qu'une situation problématique se présente, il faut allumer ses feux de détresse et attendre l'intervention du personnel. Les agents de péage disposent de procédures spécifiques pour débloquer ces situations sans compromettre la sécurité de quiconque. Chaque poste de péage dispose par ailleurs d'un interphone permettant de contacter directement un agent. En cas d'erreur de file, la seule solution légale est de payer le passage dans la voie engagée, puis de régulariser auprès de l'exploitant si nécessaire.