Ces plantes courantes en France sont très toxiques : il ne faut ni les manger, ni les toucher !

Ces plantes courantes en France sont très toxiques : il ne faut ni les manger, ni les toucher !

Belles, discrètes ou spectaculaires, certaines plantes très communes en France dissimulent des poisons puissants. Confusions fatales, brûlures chimiques, paralysies : le jardin et la forêt réservent parfois de très mauvaises surprises.

La nature est belle et généreuse. Mais elle est aussi parfois traîtresse et dangereuse, y compris en Europe. Sur les 6 000 espèces végétales recensées en France métropolitaine, 300 ont une toxicité plus ou moins marquée et une vingtaine sont mortelles. Plus de 12 000 cas d'intoxication par les plantes sont recensés chaque année dans l'Hexagone, dont la majorité touche des enfants de moins de 6 ans. Le plus souvent, ce n'est pas l'ignorance totale qui est en cause, mais la confusion : une ressemblance trop frappante avec une plante comestible, une baie trop appétissante, une sève qui coule sans prévenir.

Le podium des empoisonneurs involontaires est dominé par des plantes que tout le monde a déjà croisées. L'arum tacheté, cette petite plante aux feuilles sagittées que l'on trouve dans les haies humides et les sous-bois, est à lui seul responsable d'un tiers des intoxications recensées. Ses baies rouges regroupées en épi sont particulièrement attirantes pour les enfants – et suffisent à provoquer des brûlures buccales intenses, des vomissements et des difficultés à avaler. Juste derrière lui dans les statistiques : le laurier-palme, si banal dans les haies de jardins, dont la toxicité est suffisamment sérieuse pour que sa plantation soit interdite chez les assistantes maternelles.

Parmi les plantes à ne surtout pas manger, deux se distinguent par leur capacité à tuer par confusion. La grande ciguë – celle qui a tué Socrate – ressemble à s'y méprendre au persil plat ou à la carotte sauvage. Ses toxines provoquent une paralysie ascendante partant des pieds jusqu'à la paralysie respiratoire, avec des convulsions et finalement le décès par suffocation en pleine conscience. Il n'existe aucun antidote. Son signe distinctif : des taches pourpres sur la tige et une odeur d'urine de souris quand on la froisse.

© Yellow 3423 - Unsplash

L'aconit, surnommé le casque de Jupiter pour ses fleurs bleues caractéristiques, est quant à lui considéré comme la plante la plus toxique d'Europe. Toutes ses parties contiennent des toxines agissant sur les canaux sodiques, entraînant troubles du rythme cardiaque, convulsions et dépression respiratoire – sans antidote disponible.

Le colchique d'automne mérite une mention particulière pour sa duplicité : ses fleurs roses ressemblent au crocus, et toute la plante est toxique – y compris le lait des vaches qui en ont ingéré. La belladone, elle, produit des baies noires brillantes au goût sucré qui ressemblent à des cerises. Résultat : hallucinations, tachycardie et, en quantité suffisante, arrêt cardiaque.

Le danger ne vient pas uniquement de l'ingestion. Certaines plantes attaquent par simple contact. La grande berce du Caucase, cette plante géante qui colonise les bords de routes et de rivières, produit une sève phototoxique : si elle touche la peau et que la personne s'expose ensuite au soleil, des brûlures au second degré apparaissent – cloques profondes et cicatrices durables.

Les euphorbes, très communes dans les jardins, libèrent un latex blanc à la moindre coupure de tige. Ce latex est irritant pour la peau et peut provoquer des lésions oculaires graves en cas de contact avec les yeux. Le ricin, souvent planté pour son beau feuillage rouge, contient dans ses graines de la ricine – un poison si concentré que cinq à six graines suffisent à tuer un enfant, vingtaine chez l'adulte. Les graines ont une saveur de noisette, ce qui aggrave encore le risque.

En cas de doute sur une ingestion, un seul réflexe : appeler immédiatement le centre antipoison de votre région ou le 15. Ne pas faire vomir sans avis médical – pour certaines plantes, cela aggrave les lésions. Et pour les plus curieux, la règle d'or reste celle des mycologues, adaptée au règne végétal : ce qu'on ne reconnaît pas avec certitude absolue, on ne le mange pas, on ne le touche pas.