Beaucoup de gens l'ignorent : un AirTag ne sert absolument à rien dans ces endroits (comme tous les traceurs Bluetooth)

Beaucoup de gens l'ignorent : un AirTag ne sert absolument à rien dans ces endroits (comme tous les traceurs Bluetooth)

Beaucoup de gens pensent qu'un petit traceur Bluetooth glissé dans un sac suffit à le retrouver n'importe où sur Terre. La réalité est bien plus limitée, et concerne aussi bien l'AirTag d'Apple que ses concurrents.

Il est vendu avec la promesse d'aider à retrouver des objets perdus ou volés. Pourtant, sur la plus grande partie de la planète, un AirTag ne sert absolument à rien. Et vous aurez peu de chances de remettre la main sur un trousseau de clés, un portefeuille, un bagage, un vêtement, un vélo ou tout autre bien égaré dans certains endroits…

Et pour cause ! Un AirTag ne contient ni puce GPS, ni carte SIM, ni antenne satellite. Son seul "talent" consiste à émettre un signal Bluetooth, capable de porter au mieux quelques dizaines de mètres. De fait, le petit gadget d'Apple ne sait absolument pas où il se trouve. Et encore moins indiquer sa localisation à qui que ce soit. C'est juste une balise qui signale sa présence aux appareils alentour.

Ce qui donne l'illusion d'un suivi de position en temps réel, c'est un système bien plus indirect : le réseau Localiser d'Apple, qui s'appuie sur plus d'un milliard d'iPhone, d'iPad et de Mac en circulation dans le monde. Quand l'un de ces appareils passe à proximité d'un AirTag, il capte son signal, calcule sa propre position grâce à sa puce GPS ou au réseau mobile, puis transmet cette information aux serveurs d'Apple via sa connexion Internet, en 4G/5G ou en Wi-Fi.

© Holly Mandarich - Unsplash

Trois éléments doivent donc se réunir en même temps : un appareil compatible à moins de 20 ou 30 mètres, son Bluetooth activé, et une connexion Internet active pour envoyer les données. Sans cette chaîne complète, l'AirTag continue d'émettre dans le vide, sans que personne n'en sache jamais rien.

Les concurrents directs fonctionnent exactement sur le même principe. Les SmartTag de Samsung s'appuient sur le parc de smartphones Galaxy, les Tile et les Chipolo sur leurs propres applications installées sur des millions de téléphones. Et il en va de même pour les innombrables équivalents chinois vendus à bas prix sous des marques obscures. Aucun de ces objets n'est un traceur autonome : chacun n'est qu'une simple borne, incapable de se localiser lui-même. Toute la charge de travail repose sur les smartphones des passants, qui prêtent sans le savoir leur puce GPS et leur forfait data.

C'est précisément à cause de cette dépendance que les traceurs Bluetooth ne servent à rien dans de très nombreuses régions du globe, du désert du Sahara à la forêt amazonienne, en passant par la taïga sibérienne ou la haute mer. Dans tous ces lieux, il n'y a ni passant équipé d'un smartphone, ni antenne relais à des centaines de kilomètres à la ronde pour déceler un AirTag ou l'un de ses cousins. La chaîne de localisation est rompue dès son premier maillon.

Et pas besoin d'aller dans ces endroits extrêmes : un lieu isolé, en forêt, en montagne, en campagne, une plage perdue, ou une zone blanche suffit pour perdre tout contact, même en France. Dès lors que personne ne passe à proximité avec un smartphone, c'est fini ! La balise Bluetooth devient juste un morceau de plastique et de métal qui parle dans le vide.

Bien sûr, en ville comme dans tous les lieux fréquentés et couverts par du réseau – gares, aéroports, transports en commun, hôtels, etc. –, tout va bien. C'est d'ailleurs pour cela quelques balises Bluetooth ont été conçues. Mais dès que l'on sort des sentiers battus, il faut recourir à des accessoires plus perfectionnés et plus chers, comme les Garmin inReach ou les Spot utilisées par les randonneurs et les marins.

Reposant sur un principe radicalement différent, ces appareils dialoguent en effet directement avec des constellations de satellites comme Iridium ou Globalstar, sans avoir besoin d'un passant, d'un smartphone ou d'une antenne terrestre à proximité. Leur couverture s'étend à toute la planète, pour peu d'avoir une vue dégagée sur le ciel. Rien à voir donc avec les petits galets de plastique qu'on glisse dans une poche ou une valise !