Test de la Goyojo GH340 : une caméra thermique pratique, précise et abordable
Spécialiste des outils de mesure, Goyojo propose avec sa GH340 une caméra thermique très abordable qui se distingue par la précision de son capteur et ses nombreux réglages. Un outil sérieux, pratique et utile pour les pros et les bricoleurs.
Longtemps réservées aux seuls professionnels – industriels, artisans, militaires, pompiers, etc. –, les caméras thermiques ont vu leurs prix s'effondrer ces dernières années, au point de devenir accessibles aux particuliers. De fait, alors qu'il fallait autrefois débourser plusieurs milliers d'euros pour s'en offrir une, on trouve aujourd'hui de nombreux modèles à moins de 300 euros, ce qui les met à la portée du grand public.
Cette démocratisation tient en grande partie à l'arrivée sur le marché de microbolomètres, des capteurs thermiques non refroidis produits à grande échelle sur des galettes de silicium, comme beaucoup d'autres composants électroniques, ce qui a drastiquement réduit les coûts de fabrication tout en favorisant la miniaturisation des appareils.
Et c'est sur ce marché que se sont lancées de nombreuses marques, pour la plupart chinoises, telles Goyojo, qui s'est spécialisée dans les appareils de mesure – pour l'industrie, les laboratoires d'analyse, la médecine, l'agriculture – et qui propose à son catalogue quelques caméras thermiques abordables, comme la GH340 que nous avons pu tester durant plusieurs semaines.
- Très bonne ergonomie
- Utilisation intuitive
- Prix très raisonnable
- Construction solide
- Très bonne autonomie
- Écran lisible
- Nombreux réglages et modes d'affichage
- Affichage en mode fusion
- Définition des captures thermiques
- Grande capacité mémoire
- Prise USB-C pour la recharge et le transfert d'images
- Notice succincte et en anglais
- Quelques réglages peu pratiques
- Pas de mode paysage
- Quelques blocages lors des transferts d'images
Goyojo GH340 : des utilisations multiples
Avant d'aborder en détail la GH340, il convient de rappeler que, contrairement à ce que l'on pourrait croire de prime abord, une caméra thermique a de multiples utilisations.
D'abord dans le bâtiment, bien sûr, où elle permet d'identifier des problèmes de déperditions de chaleur en détectant des ponts thermiques et des défauts d'isolation sur les murs, les fenêtres ou les toitures, mais aussi des courants d'air et des défauts d'étanchéité à l'air, mais aussi des infiltrations d'eau invisibles à l'œil nu et des fuites dans les tuyauteries encastrées ou les chauffages au sol. Ensuite, dans la mécanique et l'industrie, pour déceler des échauffements dans des moteurs, des pompes, des compresseurs ou encore des courroies.
Mais aussi dans le domaine électrique et électronique, pour surveiller la température de composants sensibles et même détecter des faux contacts. Et, encore, dans la sécurité, pour repérer des corps vivants d'humains ou d'animaux, quand la visibilité est mauvaise, ou distinguer des individus dans l'obscurité, ce qui utile aussi bien pour rechercher des personnes blessées que pour repérer des intrus. Et, bien évidemment, comme l'actualité récente l'a tristement prouvé, pour détecter des points chauds et des foyers d'incendie dans des bâtiments ou dans la nature. Bref, un vaste champ d'applications où la vision par infrarouges s'avère beaucoup plus efficace que la vision humaine.
Goyojo GH340 : solide et ergonomique
Comme la plupart des caméras thermiques du même type, la Goyojo GH340 adopte le format "pistolet", à la manière d'un thermomètre à infrarouge – sans contact –, mais en plus gros. Une forme pratique, qui autorise une prise en main naturelle – à l'instar de nombreux outils de bricolages portables – tout en facilitant la visée sur la zone ou l'élément à contrôler.
Elle se compose ainsi d'une grande poignée munie d'une gâchette surmontée d'un gros bloc regroupant d'un côté des capteurs et, de l'autre, d'un écran et de quatre boutons. Notons encore la présence, au-dessus du bloc, d'une prise USB-C protégée par un petit cache, qui permet d'une part de charger la batterie de l'appareil et, d'autre part, de transférer les images enregistrées vers un ordinateur. Enfin, en bas de la poignée, on trouve un pas de vis permettant de fixer la caméra sur un pied, comme un appareil photo.
Même si elle est entièrement en plastique, il ne s'agit pas pour autant d'un jouet : elle mesure 225 mm de longueur, 65 mm de largeur et 45 mm de profondeur pour un poids de 275 g. Et bien que Goyojo ne précise pas la nature du plastique utilisé, l'ensemble respire la solidité, le constructeur assurant par ailleurs que la GH340 résiste à des chutes de 2 m de hauteur – nous n'avons pas vérifié – et qu'elle est certifiée IP54, ce qui la protège des poussières et des éclaboussures – mais pas d'une immersion dans l'eau. Suffisant pour une utilisation dans des conditions difficiles, sur un chantier par exemple.
Goyojo GH340 : une utilisation intuitive
La prise en main est immédiate et très agréable : la poignée s'avère confortable et ergonomique et les boutons tombent naturellement sous les doigts – l'index sur la gâchette à l'avant, qui sert à prendre des "clichés thermiques", le pouce sur les boutons sous l'écran.
L'utilisation basique est particulièrement intuitive : une fois la GH340 allumée, après une longue pression sur son bouton principal, il suffit de pointer un objet ou une zone pour voir sa "carte" thermique s'afficher sur l'écran, avec une mesure précise de la température mesurée – au dixième de degré – à l'endroit pointé par la petite croix de visée, mais aussi les températures maximale et minimale relevées autour. Par défaut, et comme sur toutes les caméras thermiques, l'image apparait en couleurs, avec une palette de nuances faisant apparaitre clairement les différentes températures : du bleu foncé pour le froid au blanc pour le chaud en passant par le violet, le rouge, le orange et le jaune à mesure que la température augmente. Mais il est possible de changer immédiatement de mode d'affichage et de palette de couleurs en appuyant simplement sur les boutons fléchés. On peut même passer en mode "lumière visible" pour voir l'environnement "normalement', comme avec un appareil photo, mais toujours avec les températures affichées. Moins parlant que le mode infrarouge, mais très utile en pratique pour bien se repérer.
Goyojo GH340 : de nombreux réglages
Toutefois, cette utilisation basique et immédiate est trompeuse, car la GH340 dispose de fonctions plus évoluées qu'il ne paraît de prime abord et qui permettent d'obtenir des résultats beaucoup plus fins.
D'abord, il faut savoir que l'avant du bloc supérieur comporte deux capteurs : un thermique, pour mesurer les températures, l'autre optique, pour capturer des images de la zone visée. Dit simplement, une combinaison de thermomètre infrarouge et d'un module photo. C'est cette association qui permet, par juxtaposition et traitement de données, d'afficher des images thermiques. Ces deux capteurs n'ont toutefois pas la même définition. Le capteur thermique se contente de 256 x 192 pixels avec une fréquence de 25 Hz, tandis que le module image atteint les 2 mégapixels. On reste donc très loin de la qualité d'image qu'offre un simple smartphone – beaucoup possèdent un capteur principal de 50 mégapixels aujourd'hui…, –, mais c'est suffisant pour composer des images "mixtes" superposant visible et invisible. Après calcul, ces fameuses images thermiques restent d'une faible définition, de seulement 320 x 240 pixels. Ce sont ces images qui s'affichent sur l'écran LCD de 2,8 pouces, et que l'on récupère ensuite.
La définition du capteur infrarouge peut sembler faible. En réalité, elle est suffisante pour bon nombre d'applications, y compris dans un cadre professionnel et elle se situe d'ailleurs dans la moyenne haute de ce que l'on trouve sur le marché. La plupart des caméras thermiques d'entrée de gamme – à moins de 200 euros – doivent ainsi se contenter d'une définition de 192 x 192 ou de 96 x 96 pixels – voire de seulement 32 x 32 pixels pour les premiers prix ! –, et il faut débourser plus de 500 euros pour avoir l'équivalent chez Bosh Professional, par exemple. Et c'est sans parler des modèles haut de gamme chez Fluke ou Flir, deux grands spécialistes du domaine, qui se vendent plus de 3 000 euros pour une définition légèrement supérieure, de type 320 x 240 pixels…
Ensuite, outre les capteurs et leur définition, la GH340 dispose de réglages particuliers permettant d'ajuster finement ses captures. En appuyant sur le bouton gauche, on accède à un menu où l'on peut non seulement choisir le type d'affichage – les palettes de couleurs – mais aussi l'émissivité – pour l'adapter aux matériaux analysés, de la peau humaine (0,98), au bois (0,85), en passant par les circuits imprimés (0,91), le béton (0,95) ou la céramique ‑, la distance – de 10 cm à 50 m, des plages de températures — de +20 °C à 550 °C et même des alarmes, pour signaler des dépassements. Autant de paramètres qui autorisent une analyse très précise, adaptée à des situations spécifiques et qui rendent la GH340 très efficace – et bien plus pertinente qu'un simple thermomètre à infrarouges.
En plus de ces paramètres techniques — pas toujours faciles ni rapides à ajuster à cause du nombre réduit de boutons et du manque d'informations de la notice, vraiment très succincte et uniquement en anglais–, la GH340 propose d'autres réglages pratiques, comme la langue de l'affichage, la luminosité de l'écran ou encore le délai d'extinction automatique.
Goyojo GH340 : des images sur mesure
Incontestablement, la GH340 dispose de grandes capacités d'analyse, pour peu qu'on prenne le temps d'ajuster ses paramètres., comme nous avons pu le constater lors de nos tests, en examinant des environnements et des éléments très variés (appareils électroniques, installations électriques, bâtiments, moteurs, tuyauteries, etc.). De quoi satisfaire, en principe, aussi bien les professionnels que les bricoleurs curieux.
Nous avons particulièrement apprécié la présence d'un mode Fusion qui permet d'obtenir des images "hybrides", en superposant les contours d'objets issus du module photo aux captures thermiques : une fonction réservées aux caméras de milieu et de haut de gamme qui visualiser très précisément les zones et les éléments analysés. Clairement un des grands atouts de la GH340 !
Regarder, c'est bien. Enregistrer, c'est mieux. En pratique, il suffit de presser la gâchette pour que l'image affichée soit immédiatement enregistrée dans la mémoire flash de la GH340. Et avec sa capacité plus que confortable de 8 Go et des images pesant entre 150 et 200 Ko en moyenne, on peut conserver ainsi des dizaines de milliers de clichés thermiques sans se préoccuper de l'espace mémoire !
La récupération des images capturées est très simple : il suffit de brancher la GH340 sur un ordinateur via un câble USB puis d'activer le transfert de fichiers dans les options du menu. On accède alors à des dossiers numérotés que l'on peut copier comme n'importe quel fichier. Seul hic, nous avons rencontré quelques blocages inexpliqués avec des messages d'erreur lors de transferts de gros dossiers sur un PC, ce qui a nécessité de recommencer l'opération. Rien de grave mais curieux et pénible.
Un dernier mot sur l'autonomie : Goyojo promet jusqu'à 8 heures d'utilisation avec une seule charge, et le fait est que nous n'avons pas pu vider la batterie – d'une capacité de 3500 mAh – après des centaines de clichés, d'autant que la caméra s'éteint automatiquement après quelques minutes d'inutilisation. De quoi assurer des journées de travail complètes pour les pros, et une excellente disponibilité pour les bricoleurs qui ne s'ne servent que de manière occasionnelle, en laissant dans leur atelier.
Goyojo GH340 : un outil pratique et polyvalent
On le voit, la Goyojo GH340 tient bien ses promesses. Sans rivaliser avec des modèles professionnels haut de gamme, nettement plus chers, elle permet d'effectuer de multiples mesures thermiques dans différents domaines (bâtiment, électricité, mécanique, etc.), avec une précision correcte, et de manière très simple. Ergonomique et intuitive, elle offre de plus de nombreux réglages pour adapter ses relevés aux zones et aux objets analysés. Et son mode d'affichage Fusion s'avère précieux pour superposer des contours aux couleurs et faciliter ainsi le repérage d'éléments. Enfin, à un peu moins de 200 euros sur le site de Goyojo ou sur Amazon, elle est dans la bonne moyenne de sa catégorie en se montrant tout à fait accessible. Et ce prix peut encore baisser à moins de 165 euros grâce au code promo NGA016 qui donne droit à une réduction de 15 % !

Bien entendu, tout le monde ressent pas le besoin impérieux d'acheter une caméra thermique. Et si c'est un appareil indispensable à certains artisans – électriciens et électroniciens, plombiers-chauffagistes, thermiciens, spécialistes de l'isolation, etc. –, c'est aussi un outil très utile aux bricoleurs, qui ont tout intégrer à leur collection. Pour les autres, et notamment les particuliers, c'est un investissement à considérer. Car si une caméra thermique peut s'avérer précieuse avant d'entamer des travaux d'isolation, pour rechercher des fuites et des ponts thermiques, elle peut aussi vite finir oubliée au fond d'un tiroir si l'on n'en a pas un usage régulier. Mais c'est oublier ses nombreuses utilisations potentielles, même occasionnelles, pour repérer un animal ou un intrus dans la nuit ou identifier un problème électrique, par exemple. Et la bonne solution consiste peut-être simplement à la partager entre proches (parents, amis, voisins, collègues…), comme on le fait pour certains outils !


















