Le vrai jour le plus long : c'est le seul de l'année qui dure réellement 25 heures
Ce week-end, la France passera à l'heure d'hiver. Et avec elle reviennent les sempiternelles rengaines sur la fameuse heure de sommeil "gagnée". Mais que dit vraiment la science ? Et surtout, qui vous oblige à dormir ?
Chaque année, à la fin octobre, c'est le même refrain. À la radio, à la télé, dans les journaux, sur les réseaux sociaux, à la machine à café : "Ce week-end, on gagne une heure de sommeil !" Une annonce faite avec l'enthousiasme d'un gain au Loto, alors qu'elle mérite au minimum quelques nuances.
Les faits, d'abord. Cette année, le passage à l'heure d'hiver aura lieu dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre. À 3 h du matin, les horloges reculeront d'une heure, et il sera de nouveau 2 h. Les noctambules vivront donc deux fois la même heure, de 2 h à 3 h. Et le dimanche durera 25 heures au lieu de 24 : c'est le jour le plus long de l'année, au sens strict.
Mais cette heure en plus est-elle vraiment une heure de sommeil ? Pas forcément. Notre corps ne suit pas les horloges de nos téléphones, mais une horloge interne, réglée principalement par la lumière du jour. Résultat : beaucoup de gens se réveillent le dimanche matin à leur heure habituelle… soit une heure plus tôt selon l'heure officielle. Les parents de jeunes enfants le savent bien : les bambins n'ont pas lu le décret, et le chat qui réclame sa gamelle non plus. Dans ces foyers, l'heure "gagnée" se passe souvent les yeux grands ouverts, à 6 ou 7 h du matin.
Faut-il pour autant s'inquiéter pour sa santé ? Pas vraiment. Le décalage d'une heure ressemble à un petit voyage dans un fuseau horaire voisin, et la plupart des gens s'y habituent en quelques jours. Plusieurs études ont d'ailleurs montré que le passage à l'heure d'hiver est mieux supporté que celui de l'heure d'été : il est plus facile pour l'organisme de retarder son coucher que de l'avancer. Les matins plus lumineux aident même à se réveiller. Le revers de la médaille, c'est que la nuit tombera désormais une heure plus tôt, dès 18 h dans les semaines à venir, et à 17 h ensuite, ce qui pèse sur le moral de certains.
Surtout, rien ne vous oblige à dormir cette heure supplémentaire. C'est une heure bonus qui vous appartient, et vous pouvez l'utiliser comme bon vous semble. Les couche-tard peuvent prolonger leur soirée du samedi, sachant qu'ils ne se lèveront pas plus tard pour autant. Les lève-tôt peuvent profiter d'une matinée plus longue pour lire, marcher, bricoler, ou bruncher tranquillement.
Et ceux qui n'ont aucun rendez-vous le dimanche peuvent même ignorer l'heure officielle jusqu'au soir, et ne remettre leurs pendules à l'heure au moment qui leur convient dans la journée. Votre téléphone et votre ordinateur s'en chargeront de toute façon tout seuls. En revanche, le four, le micro-ondes et l'autoradio de certaines voitures attendront patiemment que vous vous en occupiez, parfois jusqu'au printemps.
Ce rituel bisannuel, instauré en France en 1976 pour économiser l'énergie après le choc pétrolier, devait pourtant disparaître. En 2019, le Parlement européen avait voté sa suppression, mais les États membres ne se sont jamais mis d'accord sur l'heure à conserver. Le dossier est depuis au point mort, et nous continuons à changer d'heure deux fois par an.
Alors ce dimanche, profitez de vos 25 heures comme vous l'entendez. Dormez si vous en avez envie, veillez si le cœur vous en dit, ou faites ce que vous n'avez jamais le temps de faire. Une heure de liberté offerte une fois par an, ce serait dommage de la passer forcément sous la couette.