Double arnaque : de fausses agences de récupération de fonds dépouillent les victimes d'escroquerie

Double arnaque : de fausses agences de récupération de fonds dépouillent les victimes d'escroquerie

Attention à l'arnaque du recouvrement de fonds, qui cible les personnes ayant déjà été escroquées. De prétendues agences spécialisées leur promettent de récupérer l'argent qui leur a été volé pour les déplumer une seconde fois.

Parfois, une arnaque peut en cacher une autre. Parmi les nombreuses escroqueries financières en ligne qui existent, certaines sont particulièrement insidieuses car elles s'attaquent ni plus ni moins qu'à des personnes ayant déjà été victimes une première fois. C'est ce qu'on appelle une arnaque au faux service de récupération de fonds, également appelée recovery scams.

Les victimes d'escroqueries sont contactées par de prétendues "agences de recouvrement" qui leur proposent de les aider à récupérer une partie ou la totalité de l'argent perdu. Derrière ces structures qui se présentent parfois comme des avocats, des enquêteurs ou des spécialistes de la récupération de fonds se cachent pourtant de nouveaux escrocs, dont l'objectif est de soutirer encore davantage d'argent à des personnes déjà fragilisées.

Et cela arrive plus souvent qu'on ne le pense ! Selon une étude réalisée par BVA Xsight pour l'Autorité des marchés financiers (AMF) en 2024, 66 % des 161 personnes interrogées après avoir été escroquées ont déclaré avoir été recontactées par des individus leur promettant de récupérer les sommes perdues. Et cela peut aller très loin ! Comme le rapporte Que Choisir Ensemble (anciennement UFC-Que Choisir), la même année, des escrocs ont usurpé l'identité du réseau des centres européens des consommateurs (ECC-Net) dans le but de tromper des personnes déjà abusées financièrement.

Arnaque à la récupération de fonds : un scénario bien ficelé

Les arnaques à la récupération de fonds sont particulièrement efficaces parce qu'elles s'appuient sur les informations dont disposent les fraudeurs concernant la première arnaque. Les prétendus professionnels affirment pouvoir retrouver une partie ou la totalité de l'argent disparu et se présentent sous des identités rassurantes afin de gagner la confiance de leurs interlocuteurs. Ils n'hésitent pas à créer des sites Internet très professionnels, avec des logos, des mentions légales, des témoignages et un vocabulaire juridique ou technique destiné à donner une impression de sérieux. Certains vont même acheter des publicités sur les moteurs de recherche afin d'apparaître parmi les premiers résultats. Il peuvent aller jusqu'à usurper l'identité d'organismes parfaitement légitimes.

C'est ce qui s'est passé en 2024, lorsque des escrocs se sont fait passer pour des représentants du réseau des Centres européens des consommateurs (ECC-Net). Ils affirmaient avoir retrouvé l'argent de personnes déjà victimes d'une escroquerie et leur demandaient ensuite leurs données personnelles afin de vérifier leur identité. Pour mettre la pression sur leurs cibles, ils prétendaient que les sommes seraient reversées à des associations caritatives si les victimes ne coopéraient pas. Et, si cela ne suffisaient pas, ils affirmaient parfois travailler avec Interpol ou la Banque centrale européenne (BCE). En réponse, l'ECC-Net a porté plainte et rappelé qu'aucun département dédié au recouvrement des fonds n'existait en son sein.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a elle aussi été utilisée pour donner une apparence de crédibilité à ce type d'escroquerie. En 2023, une cinquantaine de victimes d'arnaques à l'investissement avaient été contactées par des individus se présentant comme des "enquêteurs" ou des "agents du service des fraudes" de l'AMF. Plusieurs victimes ont été convaincues par un détail particulièrement trompeur : le véritable numéro de téléphone de l'autorité s'affichait sur leur appareil. Il s'agissait en réalité de spoofing, une technique qui permet aux escrocs de falsifier le numéro présenté lors d'un appel.

Arnaque à la récupération de fonds : comment éviter de se faire avoir ?

Face à ces pratiques, l'AMF avait clairement rappelé qu'elle ne contacte jamais spontanément les épargnants pour leur proposer de récupérer des fonds perdus ou leur offrir une indemnisation. L'autorité précise également qu'en cas d'arnaque, seule la justice est habilitée à intervenir et demande aux personnes confrontées à ce type d'appels de ne pas y donner suite et de les signaler à son service AMF Épargne Info Service.

Un premier réflexe permet donc d'éviter une grande partie de ces pièges : se méfier de toute personne qui prend spontanément contact pour proposer de récupérer de l'argent perdu. Il est primordial de vérifier son identité avant de lui transmettre le moindre document ou information. Une société doit pouvoir être identifiée grâce à ses mentions légales, son adresse et son existence juridique. Ces informations peuvent être comparées aux données du Registre du commerce et des sociétés (Infogreffe.fr).

Mais cette précaution ne suffit pas forcément : les escrocs peuvent aller jusqu'à usurper l'identité d'entreprises existantes et reprendre leurs informations officielles pour paraître crédibles. C'est pourquoi il faut absolument vérifier que les renseignements fournis correspondent réellement à l'entreprise concernée, en passant directement par les coordonnées officielles de l'organisme concerné, et non par celles communiquées par la personne qui initie le contact. Enfin, il faut particulièrement se méfier des promesses de remboursement garanti ou des délais irréalistes, surtout si la personne demande un paiement anticipé.