Arnaques bancaires : un numéro unique anti-fraude pourrait bientôt permettre de vérifier les appels

Arnaques bancaires : un numéro unique anti-fraude pourrait bientôt permettre de vérifier les appels

Face à la multiplication des arnaques au faux conseiller bancaire, un numéro de téléphone unique pourrait bientôt permettre de contacter directement sa banque en cas de doute. Mais le dispositif est encore loin d'être opérationnel.

Alors que les fraudes au faux conseiller bancaire explosent et que les fuites de données se multiplient, les banques et les autorités cherchent de nouveaux moyens de protection pour déjouer les arnaques en tout genre. Et justement, l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) de la Banque de France a peut-être une solution ! Dans son rapport annuel 2025, il annonce étudier l'idée d'un numéro de téléphone unique qui permettrait aux clients de contacter directement leur banque en cas de soupçon de fraude, comme le rapporte Le Figaro. Il ne s'agit cependant encore que d'un projet.

Numéro unique anti-fraude : un nouveau réflexe à adopter

Le principe est simple. Lorsqu'un appel semblerait suspect, il suffirait de raccrocher, puis de composer soi-même un numéro court commun à l'ensemble des banques participantes. Après une procédure d'identification sécurisée, l'appelant serait ensuite redirigé vers le service antifraude de sa propre banque, qui le redirigerait à son tour vers le bon interlocuteur si nécessaire. L'idée est de reprendre le contrôle de la conversation, alors que l'escroc initie l'appel puis tente de convaincre sa victime qu'il est bien un représentant de sa banque.

Cette approche s'inspire d'une initiative du Royaume-Uni. Depuis 2021, les clients britanniques peuvent composer le 159 pour contacter leur banque lorsqu'ils pensent être confrontés à une tentative d'escroquerie. Cela a donné lieu à un réflexe simple : en cas de doute, on raccroche et on appelle soi-même le 159. Le dispositif couvre désormais plus de 99 % des clients des banques de détail britanniques, selon l'association Stop Scams UK.

L'enjeu est loin d'être anecdotique. En France, la fraude dite "par manipulation" a représenté 516 millions d'euros en 2025, soit une hausse de 34 % en un an selon les données de l'OSMP. C'est 41 % de toute la fraude aux moyens de paiement. Sur cette somme, 376 millions correspondent à des virements effectués directement par les victimes, après avoir été manipulées par les escrocs.

Numéro unique anti-fraude : un projet encore en cours d'étude

Il ne faut cependant pas s'emballer, car ce numéro anti-fraude n'est pour l'instant qu'au stade de la suggestion. L'idée avait d'ailleurs déjà été recommandée par l'OSMP dans son rapport annuel 2024. Reste qu'aujourd'hui, ses chiffres n'ont pas encore été choisis, aucune date de lancement n'a été annoncée et les banques concernées ne sont pas encore connues – et qu'en serait-il des néobanques, qui sont joignables essentiellement par chat ? La Fédération bancaire française (FBF) parle pour l'instant d'une "hypothèse de travail dont la faisabilité est à analyser", après un an d'étude d'opportunité menée avec les opérateurs télécoms.

Se pose également la question de la sécurité de la procédure d'identification. En effet, le futur service devra permettre de vérifier l'identité du client sans lui demander au téléphone les informations sensibles que les banques recommandent justement de ne jamais communiquer. Un numéro censé protéger contre les faux conseillers ne devra évidemment pas devenir une nouvelle occasion pour les escrocs de demander des codes ou des données bancaires. Enfin, il faudra inculquer le réflexe à la population, car tout l'art de l'escroquerie repose justement sur le fait de convaincre son interlocuteur de ne surtout pas raccrocher.