Que Choisir Ensemble porte plainte contre Meta, TikTok et Google pour leurs publicités frauduleuses

Que Choisir Ensemble porte plainte contre Meta, TikTok et Google pour leurs publicités frauduleuses

De nombreuses associations européennes, dont Que Choisir Ensemble, ont saisi l'Arcom et la Commission européenne contre TikTok, Meta et Google pour leur promotion d'arnaques au prêt, au crédit et autres placements illégaux.

Les escroqueries financières en ligne sont un véritable fléau. Depuis plusieurs années, nous assistons à la multiplication des arnaques liées aux investissements frauduleux, notamment dans les cryptomonnaies, le trading ou les faux livrets d'épargne. Ces publicités mensongères promettent ainsi de gagner d'énormes sommes d'argent grâce à d'habiles placements ou d'obtenir des crédits allant jusqu'à 200 000 euros en moins de 24 heures. Pour ce faire, les victimes sont fortement encouragées à verser de l'argent, généralement en commençant par de petites sommes avant d'être poussées à dépenser de plus en plus.

En 2024, les fraudes aux paiements ont coûté un total de 4,2 milliards d'euros aux consommateurs européens. C'est en tout cas ce que révèle l'enquête publiée jeudi 21 mai par le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC). Cette association, qui regroupe de nombreuses ONG de défense des particuliers européennes, dont Que Choisir Ensemble (anciennement UFC-Que Choisir), accuse Meta (Facebook et Instagram), Google (YouTube) et ByteDance (TikTok) de ne pas modérer assez les publicités pour des prêts, des crédits ou des placements financiers frauduleux sur leurs plateformes.

Par conséquent, Que Choisir Ensemble a annoncé dans un communiqué saisir l'Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique (Arcom) et la Commission européenne aux côtés de la BEUC et de trente autres organisations de consommateurs européennes, afin d'obliger les plateformes à réellement lutter contre ces publicités frauduleuses, comme l'exige normalement le Digital Services Act (DSA).

© Que Choisir Ensemble

Plainte de Que Choisir Ensemble : des signalements de publicités frauduleuses qui n'aboutissent pas assez

Selon les associations, les plateformes ne respectent pas pleinement leurs obligations en matière de lutte contre les contenus illicites et de protection des consommateurs. Alors que la réglementation européenne leur impose "d'assurer la transparence sur les publicités et les annonceurs" et de "mettre en place des mécanismes de signalement efficaces des contenus illicites et de les retirer", Meta, TikTok et Google "échouent sur plusieurs fronts".

Tout d'abord, ces géants du numérique diffusent ces publicités frauduleuses "malgré les obligations d'évaluation et d'atténuation des risques". Ensuite, une fois qu'elles sont diffusées, les mécanismes de signalements et de recours apparaissent malheureusement "inefficaces, arbitraires et peu transparents" pour les supprimer. 

Entre décembre 2025 et mars 2026, le BEUC et d'autres associations de consommateurs ont signalé pas moins de 893 publicités frauduleuses qui étaient actives sur les plateformes. Or, plus de la moitié de ces signalements (53 %) ont été ignorés ou rejetés. Dans le détail, TikTok a supprimé seulement 21 % des publicités signalées, Meta 43 % et Google 60 %. Pire encore, Que Choisir Ensemble les accuse de "maintenir actif des faux comptes et ne pas suspendre effectivement les 'récidivistes'".

© Que Choisir Ensemble​

Un manque de zèle qui peut s'expliquer par le fait que ces publicités trop belles pour être vraies sont particulièrement rentables pour les grandes entreprises. D'après Reuters, Meta aurait gagné 16 milliards de dollars en 2024 grâce à ces encarts mettant en avant des arnaques de ce type.

Enfin, l'association française alerte sur "de graves dysfonctionnements dans les bibliothèques publicitaires et les mécanismes de signalement proposés par les plateformes aux consommateurs : informations incomplètes sur les annonceurs, moteurs de recherche inadaptés, réponses automatiques opaques, demandes d'informations inutiles ou absence totale de réponse".

Par conséquent, Que Choisir Ensemble et le BEUC exhortent les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes pour mettre en lumière les pratiques problématiques des plateformes et à exiger leur mise en conformité immédiate avec la réglementation prévue par le DSA, quitte à émettre des "sanctions dissuasives" à leur encontre si nécessaire.