Sécurité : l'arnaque à la webcam piratée revient avec le confinement

Sécurité : l'arnaque à la webcam piratée revient avec le confinement
Les tentatives de chantage pour vidéos compromettantes se multiplient depuis la mise en place du confinement. Une escroquerie bien connue qui cible des utilisateurs mal avertis.

Il fallait s'en douter : depuis la mise en place des mesures de confinement à la mi-mars, et avec l'usage intensif de solutions de communication en vidéo, la fameuse arnaque à la webcam piratée fait son grand retour,les tentatives de chantage se multipliant ces dernières semaines. C'est la plateforme Cybermalveillance qui a donné l'alerte, après avoir relevé un pic de signalements de "sextorsion", avec des plaintes en hausse de 400 %.

Malgré cette brusque recrudescence, l'arnaque, bien connue des services de police, n'a rien de nouveau. Il s'agit simplement d'une tentative de chantage misant sur la peur et l'ignorance. La recette est bien rodée. La victime reçoit un mail provenant d'un expéditeur inconnu affirmant avoir pris le contrôle de son ordinateur en y installant des logiciels malveillants. Ne reculant devant rien, le maitre-chanteur précise qu'il a non seulement récupéré tous les mots de passe et tous les contacts de sa proie, mais qu'en plus, il a le contrôle de tous ses fichiers et de son ordinateur. Dans certains cas, l'escroc utilise même l'adresse mail de sa victime pour envoyer son message, histoire de l'effrayer davantage encore !

Pire encore, il prétend qu'il l'a filmée "en pleine action" pendant ses visites sur des sites pornographiques en piratant sa webcam. Bien évidemment, il réclame une rançon allant de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros à payer en cryptomonnaie sur un compte dont il fournit les coordonnées sous peine de tout révéler à l'entourage personnel et professionnel de sa victime en publiant les fameuses vidéos compromettantes... Pas moins !



Comme l'explique très clairement cybermalveillance.gouv.fr sur sa page dédiée, tout est faux, même quand l'expéditeur du message utilise l'adresse mail de sa victime ou affiche un de ses mots de passe. Il s'agit simplement d'une tentative d'escroquerie misant sur la crédulité et la peur du chantage – à caractère sexuel ici, d'où l'appellation sextorsion.

Cybermalveillance indique également l'attitude à adopter en cas de tentative d'escroquerie : ne pas paniquer, ne pas répondre au message, ne rien payer, changer ses mots de passe, conserver des preuves et porter plainte, de façon à contribuer aux enquêtes en cours pour identifier et poursuivre les escrocs en justice.

Profitons de l'occasion pour rappeler que cybermalveillance.gouv.fr est une plateforme en ligne mise en place par le groupement d'intérêt public (GIP) Acyma (Action contre la cybermalveillance), qui regroupe des membres tels que l'Afnic, l'UFC-Que Choisir, le Clusif, La Poste, Orange, Bouygues Telecom et Google – parmi d'autres acteurs – mais aussi plusieurs ministères. Son tôle principal consiste à informer les utilisateurs – particuliers comme professionnels ou associatifs – des dangers liés à l'usage du numérique en général et d'Internet en particulier. Outre son site Web s,ur lequeul on trouve de précieux conseils pratiques, Cybermalveillance offre deux services téléphoniques :
Info Escroqueries, au 0 805 805 817 (appel gratuit) du lundi au vendredi de 9 h 00 à 18 h 30 (service du ministère de l’Intérieur).
Net Écoute, au 0 800 200 000 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9 h 00 à 19 h 00, ligne d’écoute nationale anonyme et confidentielle destinée aux internautes confrontés à des problèmes dans leurs usages numériques.