Confinement : les plateformes vidéo réduisent leur qualité pour préserver Internet

Confinement : les plateformes vidéo réduisent leur qualité pour préserver Internet
Dans le sillage de Netflix, les services de streaming abaissent le débit de leurs vidéos pour éviter d'engorger les réseaux pendant le confinement.

Mise à jour le 23 mars à 16 h
Enfin, des gestes concrets ! Comme nous l'expliquions dans notre article il y a quelques jours, le confinement de la population et la fermeture des lieux de loisirs (bars, restaurants, cinémas, salles de spectacles, etc.), des établissements scolaires de nombreuses entreprises en France et dans d'autres pays ont entrainé une forte augmentation du trafic Internet.

Les services de streaming pointés du doigt

Gros consommateurs de bande passante, la vidéo et le jeu en streaming ont vite été pointés du doigt, accusés d'engorger le réseau, d'autant que leur usage s'est intensifié avec le confinement. Une situation qui commençait à inquiéter à la fois les opérateurs et les autorités, qui appellent au civisme numérique, en demandant aux utilisateurs de ne pas abuser des services de divertissement afin de libérer les réseaux pour des utilisations plus importantes comme le télétravail, la télémédecine ou les cours à distance .

Un appel aux bonnes pratiques sur l'usage d'Internet

Dans un communiqué publié le 19 mars, le secrétariat d'État chargé du Numérique exhorte d'ailleurs le public à adopter des "bonnes pratiques" de consommation afin d’éloigner tout risque de saturation des réseaux. Le Gouvernement invite invite notamment les citoyens à privilégier les connexions fixes (ADSL et fibres) aux réseaux mobiles pour la lecture de vidéos en ligne, mais aussi à faire du "téléchargement anticipé" aux heures creuses plutôt que de regarder des flux en streaming aux heures de pointe, et à éviter la haute définition et la 4K. Des conseils de bon sens, mais qu'il est toujours bon de répéter à voir le comportement de certains...
Dans son communiqué, le secrétariat d'État chargé du Numérique demande également aux fournisseurs de contenus en streaming à prendre des mesures techniques afin de limiter la consommation en bande passante de leurs services.

Netflix, YouTube et Amazon donnent l'exemple

Cet appel, qui fait suite à un entretien entre Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, et Reed Hastings, le patron de Netflix, semble porter ses premiers fruits. En effet, la plateforme de streaming vient d'annoncer qu'elle allait abaisser la qualité de ses flux vidéo en Europe pendant un mois afin de réduire sa consommation de bande passante. Netflix estime que cette mesure permettra de diminuer le trafic de ses services d’environ 25 % sur les réseaux européens tout en assurant une bonne qualité pour ses abonnés. Une décision bienvenue, qu'il convient de saluer.
L'appel du Gouvernement et les interventions de Thierry Breton semblent avoir été suivis d'effets. Ainsi, peu après l'annonce de Netflix, YouTube a pris la décision de diffuser ses vidéos en définition standard par défaut, comme en témoigne le tweet de Benoît Tabaka, responsable des affaires publiques de la société. Encore une sage décision.
Amazon a suivi le mouvement en réduisant également le débit de son service Prime Video en Europe dès le 20 mars. Par ailleurs, et pour les mêmes raisons, Disney a décidé de reporter le lancement de Disney+ en France, son nouveau service de SVOD, au 7 avril, soit deux semaines après la date initialement prévue.
Canal et Apple ont fait de même en abaissant aussi dans la foulée le débit et la qualité de leurs services myCanal et Apple +, toujours dans l'objectif de réduire de 25 % les besoins en bande passante pour limiter le trafic Internet. .

Des mesures responsables

Dans un communiqué, le Gouvernement a salué les meures responsables prises par ces grands fournisseurs de contenus audiovisuels. "Dans la période de crise que nous traversons, nous nous félicitons des décisions importantes qu’ont pris les plus grands fournisseurs de contenus sur Internet pour éviter tout risque de saturation des réseaux de télécommunications. En particulier, je salue le sens de la responsabilité de Disney qui a décidé de reporter de 15 jours le lancement en France de sa plateforme vidéo Disney+", a ainsi déclaré Cédric O, secrétaire d'État chargé du Numérique.
Souhaitons que ces attitudes servent d'exemples à d'autres acteurs dans cette période où Internet est plus que jamais d'utilité publique.