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Comme Netfllix et Spotify, Tinder ne veut plus payer le Play Store

Félix Marciano - lundi 22 juillet 2019 - 11:44
Comme Netfllix et Spotify, Tinder ne veut plus payer le Play Store
De plus en plus d'éditeurs d'applications populaires contournent le Play Store pour ne plus verser de commission à Google.

La révolte gronde chez les éditeurs d'applis Android. Après Netflix et Spotify, c'est désormais Tinder qui refuse de passer à la caisse du Play Store pour ne pas payer de commission à Google. Comme le rapporte Bloomberg, le célèbre service de rencontres a modifié son appli Android de façon à traiter en direct les paiements pour ses abonnements. Les utilisateurs sont ainsi inviter à saisir leurs coordonnées bancaires pour effectuer un achat in-app au lieu de passer par le système de paiement intégré au Play Store via leur compte Google.

De fait, Match Group, l'éditeur de Tinder, a en assez de verser 30 % de commission à Google pour toutes les transactions effectués via son appli. Un taux élevé – qui passe à 15 % quand l'abonnement d'un utilisateur est actif depuis plus de douze mois –, instauré par Apple sur son App Store et repris par la firme de Mountain View sur sa boutique d'applications, que de nombreux développeurs jugent abusif. Ainsi, depuis plus d'un an, Netfllix se passe des services des deux géants pour gérer ses abonnements en direct. Et Spotify, qui a intenté récemment une action en justice contre Apple devant la Commission européenne pour pratique abusive, a fait de même. L'éditeur de jeu Epic Games est allé encore plus loin en refusant de proposer Fortnite sur le Play Store pour cette raison. Il s'st également élevé contre Steam, la plateforme de vente de jeux, qui prélève elle aussi 30 % de commission en lançant son propre service, l'Epic Games Store, qui se contente d'un taux réduit à 12 %. Aujourd'hui, c'est donc Tinder qui rejoint le groupe des frondeurs.

Bien évidemment, seuls les éditeurs d'applis déjà populaires peuvent s'autoriser cette émancipation, qui exige de mettre en place un système de paiement hautement sécurisé. Pour les petites sociétés et les indépendants, le passage par la case boutique – Play Store ou App Store – reste encore incontournable, à la fois pour des questions de visibilité et de gestion. Il n'empêche que ce mouvement de grogne pourrait contraindre les géants comme Apple et Google à revoir leur politique de commercialisation et leur taux de commission s'il s'étend. Pour l'heure, aucun n'a réagi, mais on imagine sans peine que la menace est prise au sérieux.

Reste une question : que vont gagner les utilisateurs dans cette bataille ? Rien, si les éditeurs conservent les mêmes tarifs en se contentant d'augmenter leurs marges. Pire, cela pourrait refroidir certains consommateurs peu désireux de laisser leurs coordonnées bancaires à de multiples fournisseurs, en augmentant d'autant les risques de fuites ou de vol de données personnelles. En revanche, si les éditeurs répercutent sensiblement, voire intégralement, la suppression de cette "taxe" sur le prix de leurs abonnements et services, les clients pourraient largement y trouver leur compte.

Illustration : © Match Group - Tinder

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