L'ampleur du piratage par IPTV inquiète l'Hadopi

L'ampleur du piratage par IPTV inquiète l'Hadopi
Près d'un quart des internautes français a déjà cédé à la tentation de regarder illégalement des chaînes de télévision payantes. Une étude de l'Hadopi révèle l'ampleur du phénomène de l'IPTV.

(CCM) — Nous avions déjà évoqué le phénomène lors de la fermeture de Vader, il y a quelques jours (voir actualité). L'Hadopi confirme son ampleur officiellement. Dans sa dernière étude, la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet constate que 24 % des internautes regardent illégalement des programmes de télévision, en streaming ou par IPTV. L'autorité de lutte contre le piratage avoue son impuissance pour contrer efficacement les dernières techniques en vogue.

La réalisation de l’étude annuelle sur la consommation illicite de contenus audiovisuels a été confiée à l'Ifop. Dans son rapport consultable en ligne, l'institut dresse un état des lieux alarmant : 17 % des Internautes utilisent le live streaming pour regarder des films ou du sport diffusés sur des chaînes payantes, 14 % passent par des retransmissions illégales sur les réseaux sociaux et 5 % des Internautes possèdent même un boîtier d'IPTV. Dans plus d'un cas sur deux, les utilisateurs de cette technique ont arrêté leurs abonnements aux offres légales.

A terme, la montée en puissance du piratage et de l'IPTV risquent de fragiliser l'écosystème des chaînes de télévision payantes. Qu'il s'agisse de films de cinéma ou de matches de football, les offres légales ont assuré jusqu'à présent une part importante du financement de la production de contenus. Selon l'Hadopi, la fragmentation de la diffusion légale sur plusieurs chaînes concurrentes favorise le recours à l'IPTV illicite, qui de facto est plus simple et moins chère pour beaucoup d'internautes.

A ce stade, l'Hadopi reconnaît qu'elle ne dispose pas de solution technique efficace lui permettant d'identifier et sanctionner les fraudeurs. Comme lors de son rapport précédent (cf. notre article sur le sujet), l'autorité mise donc sur le volet « prévention », en rappelant les risques de l'IPTV pour ses utilisateurs : absence de contrôle parental, bugs techniques et diffusion de virus informatiques.

Photo : © MediaPictures pl - Shutterstock.com

A voir également