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Fibre, 4G, 5G : Free veut devenir le premier opérateur alternatif

Félix Marciano - mardi 7 mai 2019 - 16:55
Fibre, 4G, 5G : Free veut devenir le premier opérateur alternatif
Après une année noire, l'opérateur a dévoilé un nouveau plan stratégique avec l'ambition de reconquérir le marché d'ici à 2024.

De l'aveu même de Free, 2018 a été une année noire. Ce mardi matin, lors de la présentation des résultats financiers d'Iliad, sa maison mère, l'opérateur a reconnu ses erreurs et ses échecs, avouant que l'année dernière a été "marquée par de mauvaises performances commerciales, un manque d’anticipation et des retards d’adaptation". Un constat sévère, mais lucide, face à une perte massive d'abonnés en 2018, à la fois sur le fixe (93 000 en moins sur l'ADSL et la fibre) et le mobile (254 000 en moins).

La sortie tardive, mouvementée et critiquée, de la Freebox Delta en fin d'année n'a pas suffi à redresser la barre, et la fuite d'abonnés a continué au premier trimestre 2019, avec 50 000 départs sur le fixe et 16 000 sur le mobile – un rythme toutefois moindre que celui enregistré au dernier trimestre 2019. La conséquence d'une concurrence rude, mais aussi de choix discutables qui ont considérablement terni l'image de l'ex-trublion des télécoms. En clair, Free a perdu de son aura et ne fait plus rêver.

Lors de la conférence, Xavier Niel, le fondateur d'Iliad et de Free, a fait son mea culpa. Reconnaissant avoir commis des erreurs qu'il assume, et même d'avoir été arrogant, il a admis que l'opérateur s'était endormi sur ses lauriers. Comme on le voit dans la vidéo de nos confrères d'Univers Freebox, i a expliqué que Free repartait sur de nouvelles bases, en promettant des surprises pour les abonnés, trop longtemps négligés.



Conscient de ses mauvais résultats et de cette perte d'attractivité, l'opérateur a décidé d'agir pour redorer son blason et, surtout, reprendre une place de choix sur le marché. Tel est l'objectif du plan Odyssée 2024 présenté ce matin. Une stratégie qui ambitionne de faire de Free le premier opérateur alternatif en France sur la fibre et le très haut débit mobile, d'ici à 2024. Pour atteindre cet ambitieux objectif, l'opérateur promet de proposer 30 millions de prises raccordables en cinq ans sur l’intégralité du territoire et prévoit de recruter 4,5 millions d'abonnées en FTTH, en s'impliquant davantage dans les réseaux d'initiative publique (RIP), un secteur porteur où il est resté relativement discret jusque-là.

Du côté mobile, Free table sur un total de 25 000 pylônes opérationnels en 2024, avec un rythmes de 2 000 nouveaux sites par an, en visant à la fois la 5G et la 4G+ – en utilisant la fameuse bande de 700 MHz qui offre une meilleure couverture dans les bâtiments. L'opérateur compte en outre sur le passage systématique à la fibre des sites pour offrir une meilleure qualité de service. Sur le plan commercial, Free compte inciter ses abonnés et ses nouvelles recrues à adopter son forfait illimité à 20 euros – 16 pour les abonnés Freebox – pour qu'il atteigne 80 % de son portefeuille de clients – contre 58 % aujourd'hui. L'opérateur, qui ne souhaite visiblement plus mettre son forfait à 2 euros en avant, n'a toutefois pas donné de détails sur la structuration de ses offres. On peut légitimement s'interroger sur le devenir du forfait hybride à 9 euros pendant un an, avant passage à 20 euros. Mais aussi sur la nouvelle politique de fidélisation évoquée, les abonnés anciens n'ayant visiblement pas été convaincus par les précédentes propositions, sur le fixe comme sur le mobile...

Enfin, Free espère aussi s'imposer sur le marché professionnel, un secteur lucratif dominé par Orange et SFR jusqu'à présent. Là encore, il faudra voir les actions mises en oeuvre pour s'octroyer une part du gâteau. Mais on imagine que la concurrence ne restera pas sans réagir.

Illustrations : © Free - Univers Freebox
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