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Torrent9 fait exploser les demandes de VPN

Félix Marciano - lundi 19 novembre 2018 - 19:05
Torrent9 fait exploser les demandes de VPN
Pour contourner la législation, les sites de référencement de torrents illégaux incitent leurs utilisateurs à passer par des VPN.

Sale temps pour amateurs de contenus illégaux ! A l'instar des sites de téléchargement direct comme Zone Téléchargement, les "annuaires" de torrents se voient eux aussi contraints de changer sans cesse d'adresse pour échapper aux radars et aux foudres de la justice, les ayants-droits déposant régulièrement des plaintes pour les faire disparaître tout en faisant pression sur les moteurs de recherche comme Google pour qu'ils soient purement et simplement déréférencés.


C'est ainsi qu'un vent de panique a soufflé sur ces derniers jours sur le petit monde des amateurs torrents français. En effet, après avoir changé à plusieurs reprises d'adresse depuis le début de l'année, Torrent9, l'un des sites les plus actifs en France dans ce domaine avec Cpasbien, a brusquement indiqué à ses utilisateurs que les liens ne seraient plus affichés, ce qui revient à dire que torrent9 ne fonctionne plus, et qu'il faudrait désormais passer par un VPN (Virtual Private Network ou réseau privé virtuel) pour récupérer les fameux torrents. Inquiets de voir disparaître brutalement leur source gratuite de films, de séries, de logiciels et de jeux, certains se sont précipités sur les propositions de Torrent9, en se voyant diriger vers des abonnements payants. D'autres ont tenté d'utiliser leur VPN habituel, pour constater que les liens restaient toujours invisibles. Surtout, on a vu les recherches sur les VPN exploser en quelques jours !

En fait, il semblerait qu'il s'agisse simplement d'une énième péripétie dans la fuite permanente des sites annuaires. Torrent9 aurait "déménagé" en Suisse en changeant d'extension. Et en proposant toujours des liens de torrents "en clair", sans imposer de VPN. C'est l'ancienne adresse du site qui bloquerait l'affichage des liens, en proposant des VPN payants, pour des raisons probablement commerciales. Guerre de territoires, manoeuvre mercantile, mauvaise blague, peu importe : toujours est-il que le parcours des internautes friands de contenus illégaux devient de plus en plus compliqué avec la multiplication des sites clonés ou bloqués. Sans parler, bien sur, des poursuites judiciaires encourues...



Rappelons au passage qu'un VPN permet d'accéder à Internet via un relais par lequel transitent tous les échanges. De fait, c'est l'adresse IP du relais qui apparaît dans les requêtes et les téléchargements, ce qui permet à l'utilisateur de rester "caché", et donc indétectable – du moins en théorie. Il existe de nombreux logiciels de VPN sur le marché (Express VPN, NordVPN, Private Internet Access, Hide my Ass, TunnelBear, Windscribe, CyberGhost VPN, etc.), la plupart payants – une dizaine d'euros par mois en général, voire moins lors de promotions ponctuelles –, certains proposant des périodes d'essai gratuit. Tous ne se valent pas : outre le système d'exploitation avec lequel ils sont compatibles, ils se distinguent par leur latence – le délai – et leur débit, mais aussi, et surtout, par les localisations qu'ils proposent. En effet, certains se cantonnent à une poignée de relais tandis que d'autres offrent un large choix de pays et de villes, ce qui donne davantage de souplesse pour utiliser des sites à "accès géographique" : c'est d'ailleurs en utilisant des relais situés aux Etats-Unis que certains petits malins peuvent profiter de services réservés uniquement, en principe, aux américains...

Si l'utilisation d'un VPN n'est pas illégale – cette technique est employée à des fins parfaitement légitimes, y compris dans des cadres professionnels, pour garantir la confidentialité des échanges -, le téléchargement d'oeuvres protégées par le droit d'auteur est, lui, toujours soumis à des règles et des autorisations spécifiques, comme c'est le cas pour la VOD par exemple. Donc, avec ou sans VPN, l'utilisation de torrents pour récupérer des films ou des logiciels est toujours répréhensible. Même si cette sanction est rarement appliquée, le téléchargement de contenus protégés constitue un délit de contrefaçon qui peut être puni par trois ans d'emprisonnement et une amende de 300 000 euros...

Photo : © PXhere

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