Former les médecins aux nouveaux traitements par simulation numérique

Former les médecins aux nouveaux traitements par simulation numérique
Interaction Healthcare est une agence interactive spécialisée santé implantée à Paris et à Bordeaux. Son nouveau programme de training médical est basé sur la simulation numérique.
Le principe de fonctionnement de ce module de consultation virtuelle s'appuie sur les codes du « serious game », le médecin prend en charge un cas médical dans sa globalité : de la première visite du patient, à la prescription de traitement basé sur les résultats d'examens cliniques, jusqu'à la mise en place d'un protocole de surveillance. Les résultats sont anonymes et partagés en temps réels avec les autres médecins participant à cette formation, sur une plateforme en ligne.
Stéphane Eifler des Laboratoires Janssen-Cilag a accepté de nous faire part de son expérience au sein des départements diabétologie, infectiologie et cancérologie.



Comment ça marche - Pouvez-vous vous présenter et présenter votre département ?
Stéphane Eifler
: Je suis responsable « Medical Education » au sein des Laboratoires Janssen-Cilag. Je travaille plus particulièrement au sein des branches hépatologie, immunologie et diabétologie. Je gère la formation sur la virologie.

CCM - Comment avez-vous connu cette innovation médicale ?
SE
: Nous avons entendu parler de cette innovation par le bouche à oreille. Surtout, c'est intervenu à un moment où les processus de soin, notamment dans le cas de l'Hépatite C, évoluaient. Pour cette maladie, de nouvelles molécules ont été découvertes, et les traitements ont progressé. En effet, nous sommes passés de la bi-thérapie à la tri-thérapie, avec des prises en charges de plus en plus complexes et donc des processus de formation des médecins de plus en plus lourds. Cet outil de simulation est arrivé à ce moment là et nous a aidés à mieux éduquer les médecins.

CCM - Comment aviez-vous l'habitude de travailler avec votre équipe auparavant ?
SE
: D'une manière très classique, avec des études de cas et leurs résolutions projetées de manière académique sur écran devant un auditoire.

CCM - A quel besoin, cela répond t-il ? Dans quel cadre l'utilisez-vous ?
SE
: Nous utilisons Interaction Healthcare dans le cadre de nos programmes de formation des médecins aux nouveaux traitements. Ce sont des sessions de formation, en groupe, avec un animateur, qui est lui aussi un spécialiste.
Le training est très approfondi, fondé sur l'étude de cas très complexes, des explications fouillées et cela nous permet de former des médecins efficacement. Et cela c'était notre but.

CCM - Comment s'est passé la première mise en oeuvre ?
SE
: Très simplement, les informaticiens ont installé le programme. Tel un programme informatique classique.

CCM - Pouvez-vous nous décrire son fonctionnement ?
SE
: Je vais essayer d'être très pratique. Nous sommes dans le milieu de la formation hospitalière.
Chaque participant est connecté à son PC, l'animateur projette le cas clinique.
On ne produit pas les cas nous-mêmes. La société collabore avec des experts pour retranscrire les grandes problématiques : un hépatologue, un virologue.

Tous les contenus des dossiers médicaux ont été crées et numérisés : les différents examens biologiques : IRM, gastroscopie, biopsie, bilan sanguin, les traitements médicaux actuellement en cours, les effets secondaires éventuels des médicaments que nous prescrivons.

Les points de vigilance cliniques, c'est-à-dire les points auxquels nous devons faire attention, sont identifiés.
Cette restitution à l'identique de la réalité est très importante pour la crédibilité du jeu, car en situation réelle les cas sont très complexes. C'est aussi très pédagogique, notamment par un système de quizz, pour diversifier les sources d'information et continuer à capter l'attention.

CCM - Quel est le grand bilan de la mise en place de cette simulation médicale?
SE
: A ce jour, nous avons organisé 90 réunions de formation pour 750 médecins formés, avec 56 animateurs.
Un de ces avantages est que c'est une formation « Pear to Pear » de Pair à Pair, c'est un hépatologiste qui forme d'autres hépatologistes.
L'interactivité, c'est un outil de prise en charge sur les bonnes pratiques médicales, basé sur le réel.
D'un aspect purement technique médical, ce programme réussi à transférer des compétences, de manière agréable vers des centres moins experts. L'objectif est vraiment le bon usage, se dire comment on peut transmettre les bonnes pratiques.

CCM - Quels en sont les points forts ?
SE
: C'est un outil très innovant, très éthique, et très pédagogique. Qui correspond à notre culture d'entreprise. Il est également très intuitif. De ce fait, il est accessible à tous les âges, et ne nécessite donc pas de formations initiales.

C'est un mécanisme de jeu, à la « serious game ». Donc, nos médecins sont très rapidement engagés dans le jeu, et s'immergent d'autant mieux et plus vite dans la résolution du cas. Personne ne veut se tromper et faire d'erreur lors de la prise de décision.

Nous avons fixé dans le jeu des étapes où toutes les statistiques de réponse de la salle remontent, sur un écran et sont projetées. Cela reste anonyme, par contre on voit le nombre de personnes qui ont formulé le bon diagnostic. Ensuite, nous passons à la phase de débriefing, mais avec un coté beaucoup plus convivial et un apport ludique qu'apporte cette simulation. Les échanges entre collègues s'engagent avec le partage des points de vue.

Nous avons également travaillé sur l'indice de satisfaction de ce programme, le NPS (Net Promoter Score). 70% des médecins que nous avons formés recommandent ce programme à d'autres collègues, soit 7/10. Nous avons plusieurs programmes de formation, et c'est celui qui rassemble le plus fort score.

CCM - Avez-vous identifié des points faibles ?
SE
: Je ne crois pas qu'il en ait, si ce n'est qu'il faut s'adapter aux nouvelles maladies et aux nouveaux traitements disponibles et les prendre en compte dans le « serious game ». La médecine évolue tous les jours, avec de nouvelles pathologies et de nouveaux traitements. Les mises à jour du programme se font au fur et à mesure. Maintenant, nous avons un cas axé autour du cancer de la prostate.

Repères

Interaction Healthcare

  • Sièges : 86, rue de Monceau 75008 Paris et 1, cours Xavier Arnozan 33000 Bordeaux
  • Société créée en 2008 en France
  • Interaction Healthcare

Stéphane Eifler

  • Responsable « Medical Education » des laboratoires Janssen - Cilag
  • Siège : 1, rue Camille Desmoulins, TSA 91003, 92787 Issy-les-Moulineaux
  • Laboratoire créé en 1953 en Belgique
  • Laboratoires Janssen Cilag