Google : le droit à l'oubli peut-il expliquer le retrait d'articles de presse ?

Google : le droit à l'oubli peut-il expliquer le retrait d'articles de presse ?
Google s'est conformé à la décision de la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE) en mettant en place un formulaire permettant le droit à l'oubli. Résultat, 70 000 demandes en environ un mois concernant le retrait de 267 550 liens. Mais, la CJUE a laissé Google juger la recevabilité de ces requêtes et trouver le juste équilibre pour chaque demande n'est pas évident. Les premières plaintes ne se sont pas fait attendre. Des journalistes ont vu des articles retirés du moteur de recherche. Google peut-il se permettre cela ?

Les données personnelles diffusées sur internet sont-elles destinées à rester accessibles de façon définitive ? Offrant un total anonymat, le support numérique impose-t-il de supporter des contenus déplacés voire diffamatoires ? Les règles qui encadrent internet sont peu nombreuses et difficiles à mettre en place, surtout par rapport à la protection des données privées.
La Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE) a décidé de se saisir de la plainte d'un internaute espagnol pour imposer au moteur de recherche Google de retirer les données des Européens jugées « inappropriées, hors de propos ou qui ne sont plus pertinentes ». En environ un mois, 70 000 Européens ont demandé à Google de retirer 267 550 liens internet.

Mais, le retrait n'est pas systématique. La CJUE a laissé à Google le soin de juger la recevabilité des demandes. Le groupe a annoncé que chaque requête serait examinée pour évaluer « un juste équilibre entre la protection de la vie privée des individus et le droit du public à accéder à ces informations et à les diffuser ».
Fin juin, Google a commencé les retraits, mais les premiers reproches sont déjà là. En effet, des journalistes de différents journaux européens ont été informés du retrait de certains articles.
Ainsi, un journaliste de la BBC a vu son article relatif à la démission d'un dirigeant américain de banque retiré. Idem pour le Mail Online ou le Guardian qui a déclaré que 6 articles avaient été retirés des résultats de recherche de Google.

Avec le retrait d'articles de journalistes, nous sommes loin des contenus désagréables ou diffamatoires publiés par des internautes malveillants ou qui n'ont pas conscience des conséquences. Ce genre de décision pose la question de la liberté de la presse et du droit à l'information. La CJUE aurait, peut-être, dû confier l'évaluation des demandes des internautes à une entité indépendante.

Crédit photo: Google