ARCEP : le retour à 3 opérateurs mobiles ne serait pas indispensable

ARCEP : le retour à 3 opérateurs mobiles ne serait pas indispensable


Pour le ministre Arnaud Montebourg et certains opérateurs mobiles, le secteur des télécoms est trop fragile et nécessite le retour à trois opérateurs. Pourtant, l'autorité de régulation, ARCEP, n'est pas de cet avis. Selon elle, le nombre d'acteurs ne change rien au problème. Lors d'une conférence de presse, Jean-Ludovic Silicani, président de l'ARCEP, a donné son analyse de la situation.

La baisse des prix suite à l'arrivée de Free Mobile, la non-valorisation du très haut débit mobile et, dernièrement, la vente de SFR à Numericable ont persuadé le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, qu'il était aujourd'hui indispensable que le secteur des télécoms revienne à trois opérateurs. Si cet avis est partagé par certains opérateurs, l'ARCEP ne fait pas la même analyse.
En effet, l'autorité de régulation a profité de la présentation de sa dernière enquête sur la qualité des services des opérateurs pour donner son point de vue.
Au total, le chiffre d'affaires du secteur des télécoms en 2013, de 35.1 milliards d'euros, a baissé de 8 %. Par rapport au mobile, les revenus ont, même, diminué de 13 %. Selon Jean-Ludovic Silicani, président de l'ARCEP, la présence de Free Mobile ou de quatre opérateurs n'est pas en cause. Il estime, d'ailleurs, qu'« il y a une probabilité non négligeable que l'indice des prix du mobile se stabilise à la fin de l'année ». Pour y parvenir et relancer le secteur, il déclare que certaines conditions doivent être réunies.
Tout d'abord, le consommateur doit être informé sur la qualité des services pour préférer ce critère de choix à celui des prix. C'est dans cette optique que l'ARCEP publie ses études sur la qualité des services des opérateurs.
Aussi, les opérateurs doivent poursuivre leurs investissements et innovations. En 2013, ils ont investi 7.2 milliards d'euros, dont 1.7 milliard était destiné au haut débit mobile. Ce total était en baisse par rapport à l'année précédente qui s'était conclue sur 10 milliards d'euros investis. En investissant, les opérateurs pourront offrir des services plus importants et de meilleure qualité. À l'instar du gouvernement, l'ARCEP préfère que le développement du très haut débit fixe passe surtout par le FTTH.
Pour faciliter les déploiements des opérateurs, l'ARCEP estime qu'« il faut encourager la mutualisation partout où elle est possible ». Cela limiterait les niveaux d'investissements et les organiserait. Après celui conclu entre Bouygues Telecom et SFR, d'autres partenariats pourraient être développés. L'ARCEP n'exclut pas, non plus, une consolidation du marché, mais seulement si « les acteurs concernés le souhaitent », selon Jean-Ludovic Silicani.

Il reste à voir si cette analyse sera prise en compte par le gouvernement et les opérateurs.

Crédit photo: ARCEP