Hadopi : une étude sur les pratiques culturelles licites et illicites des Français

Hadopi : une étude sur les pratiques culturelles licites et illicites des Français

Ceux qui téléchargent illégalement des produits culturels consomment-ils plus que les autres ? Le sujet fait débat depuis quelque temps. Le Département Recherche, Études et Veille (DREV) de la Hadopi s'est penché sur la question et a étudié les pratiques des Français. Alors, existe-t-il des corrélations entre les pratiques illicites et les montants des dépenses culturelles ?

Les autorités et les professionnels du secteur veulent combattre les pratiques illicites en matière de produits culturels. Cette habitude serait tellement importante qu'elle réduirait les revenus du secteur. Pourtant, certaines études et certains points de vue viennent mettre à mal cette position en montrant que ceux qui piratent les fichiers sont aussi ceux qui achètent le plus de produits culturels.

Pour éclaircir la situation, le Département Recherche, Études et Veille (DREV) de la Hadopi a étudié les habitudes des internautes français. Durant un mois, 2 101 internautes, de 15 ans et plus, ont décrit leurs consommations d'oeuvres culturelles.
76 % des internautes ont déclaré avoir consommé des biens culturels de façon gratuite, dont 9 % essentiellement de cette façon.
Plus particulièrement, 46 % se sont uniquement rendus sur des sites légaux et 27 % ont affirmé avoir, au moins une fois, consommé un bien de façon illicite. Parmi ces derniers, 11 % ont consommé moins de 4 produits, 9 % de 5 à 19, et 7 % sont de gros consommateurs avec plus de 20 unités chaque mois. Les films et séries télévisées sont les produits les plus consommés illicitement.
Les internautes, qui ont d'importantes pratiques illégales, sont, surtout, de jeunes internautes (moins de 35 ans) avec de faibles revenus. Avec un panier mensuel moyen de 52 euros (contre 80 euros en moyenne), 52 % se rendent sur des sites illégaux.
Toutefois, l'étude met en évidence qu'un autre profil se tourne vers les sites illégaux. Il s'agit du groupe des actifs, urbains et avec des revenus importants, qui, lorsqu'ils se dirigent vers des produits gratuits, sont 41 % à aller vers des sites illégaux. Pourtant, le panier moyen de ce groupe est important et représente 264 euros (contre 80 euros en moyenne).
Cependant, la Hadopi a étudié les facteurs d'achats et, parmi eux, la nature licite ou illicite de la consommation n'est pas liée au montant de la dépense. La Hadopi va, même, jusqu'à dire qu'« il n'y a pas de lien de causalité entre la consommation illicite et les dépenses culturelles ».

Selon cette étude, les pratiques illégales ne sont pas liées au panier moyen de l'internaute. Qu'ils dépensent peu ou beaucoup, un quart des internautes s'est rendu sur les plateformes illégales. Pas sûr que cela suffise pour éclaircir la situation.

Crédit photo: Hadopi