Twitter accusé d'évasion fiscale en Turquie

Twitter accusé d'évasion fiscale en Turquie


Le 20 mars dernier, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, ordonnait le blocage de l'accès à Twitter. Jugée contraire à la liberté d'expression, cette décision a été levée par la justice le 3 avril. Mais, le Premier ministre ne veut pas lâcher Twitter et accuse le réseau social d'évasion fiscale. Il veut que Twitter installe un bureau en Turquie et paye des impôts. Des responsables du réseau social ont rencontré le gouvernement turc ce 14 avril.

Il y a quelques mois, des utilisateurs turcs de Twitter ont utilisé ce réseau social pour diffuser des enregistrements qui compromettaient le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. Celui-ci et certains proches ont été accusés de corruption. À l'approche des élections municipales du 30 mars, le Premier ministre a voulu interdire les critiques. Grâce à des amendements, adoptés en février pour renforcer le contrôle d'internet, le chef du gouvernement a ordonné le blocage de l'accès à Twitter. Appliquée le 20 mars, cette décision a été vivement critiquée par les autorités internationales et les associations de défense des droits de l'Homme. Jugé contraire à la liberté d'expression, la Cour constitutionnelle a fait lever ce blocage le 3 avril.

Toutefois, le Premier ministre reste braqué contre Twitter qu'il qualifie de « fauteur de troubles ». Il affirme que la Cour constitutionnelle « prend la défense du droit commercial des sociétés internationales, au lieu de prendre la défense de son propre pays ». « (Nous) avons suivi le jugement, mais (je) le redis, (je) ne le respecte pas ».
Lors d'un discours télévisé, ce 12 avril, le Premier ministre a accusé Twitter d'évasion fiscale. Selon lui, le réseau social perçoit chaque année 35 millions de dollars de revenus publicitaires en Turquie et ne paye pas d'impôts dans le pays.
Le Premier ministre veut que Twitter installe un bureau en Turquie et paye les taxes liées à ses activités dans le pays.
Twitter n'a pas tardé à réagir. Pour tenter de calmer les tensions, des responsables se sont déplacés pour rencontrer le gouvernement turc ce 14 avril. Les résultats n'ont pas encore été communiqués.

Le Premier ministre n'en a pas que contre Twitter, mais contre tous les réseaux sociaux. Il a déclaré que « Twitter, YouTube et Facebook sont des sociétés internationales créées pour faire du profit ». Depuis deux semaines, YouTube est inaccessible en Turquie, malgré deux décisions de justice qui ordonnaient la levée du blocage.

Crédit photo: Twitter
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