Amazon : une prime pour que les salariés mécontents quittent l'entreprise

Amazon : une prime pour que les salariés mécontents quittent l'entreprise


Le succès du leader du commerce électronique s'explique, en partie, par la rapidité de livraison. Revers de la médaille, les conditions de travail dans les centres logistiques d'Amazon sont parfois montrées du doigt. Les principales sources de ces informations ne sont autres que certains employés. Pour éviter les fuites, Jeff Bezos, le PDG d'Amazon va mettre en place un système de prime qui encouragera les employés mécontents à démissionner.

Livraison totalement gratuite ou à partir de 25 euros d'achat, réception en quelques jours ou jusqu'à un seul ouvré, Amazon a réussi à attirer de très nombreux consommateurs, qui se sont détournés des boutiques physiques par ces conditions attractives et une gamme très large de produits. Toutefois, pour parvenir à livrer si rapidement autant d'articles à ses 152 millions de clients, Amazon a construit des dizaines de centres logistiques dans le monde. Au total, environ 7 millions de m2 répartis parmi 89 entrepôts, qui accueillent 100 000 employés.

Toutefois, Amazon a plusieurs fois été montré du doigt pour les conditions de travail des employés logistiques. Absence de chauffage ou climatisation -pour économiser- qui provoque des malaises, salariés gérés par des automates et qui marchent plus de 20 kilomètres par jour, etc. Jusque-là, Amazon s'implante dans les pays où la main-d'oeuvre est peu onéreuse et, à l'intérieur, dans les régions les plus touchées par le chômage, avant de pouvoir les remplacer par des systèmes automatisés qui géreront des commandes en 20 minutes.
Ces difficiles conditions de travail ont été dénoncées par certains employés de différents centres logistiques. Sans surprise, rendre publiques ces informations ennuie la direction d'Amazon.

Au sein de sa lettre à l'attention des actionnaires, le PDG, Jeff Bezos, a évoqué un programme à venir, nommé « pay to quit ». Une fois par an, Amazon proposera aux salariés des centres logistiques une prime pour démissionner. La première année, le montant sera de 2 000 dollars et sera majoré, chaque année, de 1 000 dollars jusqu'à atteindre un plafond de 5 000 dollars. Amazon espère que les employés refuseront cette offre et resteront dans l'entreprise. En leur proposant une porte de sortie, le but est de les faire réfléchir sur leur situation professionnelle. Sont-ils bien dans ce travail ou recevoir quelques milliers de dollars est-il préférable ? Officiellement, Jeff Bezos déclare qu' : « à long terme, un employé qui se sent obligé de travailler quelque part est une situation malsaine pour l'employé et l'employeur ».

Ce programme devrait limiter les plaintes et les fuites des employés. Une solution économique pour Amazon qui aurait pu améliorer les conditions de travail !

Crédit photo: Amazon