Vivendi a choisi de vendre SFR à Numericable

Vivendi a choisi de vendre SFR à Numericable


Finalement, le week-end de discussions n'aura pas été nécessaire. Ce samedi après-midi, le groupe Vivendi a annoncé avoir choisi l'offre de rachat de Numericable, qui a été améliorée suite à la dernière proposition de Bouygues. Avant que l'opérateur SFR intègre définitivement le groupe Altice, Bouygues ou les autorités pourraient essayer d'agir.

Ce 4 avril, le Conseil de surveillance de Vivendi devait donner sa position face à la proposition de rachat de l'opérateur SFR par Altice/Numericable. Le matin même, Bouygues retentait de convaincre Vivendi avec une nouvelle proposition augmentée à 15 milliards d'euros en cash. Une tentative de dernière minute pour, espérait Bouygues, prendre Altice de court.

Toutefois, cela n'a pas fonctionné. Selon certains journaux, le PDG d'Altice, Patrick Drahi, aurait été reçu quelques minutes par Vivendi avant que le Conseil de surveillance se rencontre. Lui a-t-on demandé d'améliorer sa proposition ? A-t-il, de lui-même, demandé à être reçu pour faire une nouvelle offre ?
Quoi qu'il en soit, le Conseil de surveillance n'a pas eu besoin de tout le week-end pour prendre une décision.
L'offre de Numericable a, en effet, été acceptée et il s'avère qu'elle est plus importante qu'annoncée. Au départ, Altice proposait un montant de 11.75 milliards d'euros et 32 % du futur capital. Ce samedi, Vivendi a accepté une proposition d'achat incluant 13.5 milliards d'euros en cash avec un complément de 750 millions d'euros, et 20 % de parts. Un total estimé à 17 milliards d'euros.
Le groupe Vivendi précise avoir étudié toutes les offres et avoir choisi, à l'unanimité, « l'offre d'Altice/Numericable qui correspond au projet industriel le plus porteur de croissance, le plus créateur de valeur pour les clients, les salariés et les actionnaires, et répondant le mieux aux objectifs de Vivendi ».

L'accord va, prochainement, être étudié par les autorités de régulation. Alors que Bouygues envisagera, peut-être, des recours, ce choix est un échec pour le ministre Arnaud Montebourg. Il a rapidement réagi en déclarant qu'il sera « extrêmement vigilant sur les conséquences de la décision du groupe Vivendi d'accepter l'offre d'Altice et de Numéricable en ce qui concerne l'emploi à SFR et le plan d'équipement de la France en très haut débit » et appelle au « patriotisme économique ».

Crédit photo: SFR