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Cartographie : "une solution à la fois souple et peu onéreuse à long terme"

Perrine Tiberghien - jeudi 27 février 2014 - 17:17
Cartographie :
Pour intégrer des données cartographiques sur un site web, plusieurs options peuvent se présenter. Certaines sont d'ailleurs plus répandues que d'autres, comme Google Maps ou MapQuest. Pour garder une certaine indépendance vis-à-vis des solutions proposées par Google, mais aussi pour mieux maîtriser les coûts et proposer un rendu plus original à ses visiteurs, le site de création d'itinéraires touristiques Iperiago.com est basé sur une utilisation de Mapbox.

Son créateur, Jérôme Morlon, explique les raisons de ce choix technique, et ce qui l'a poussé à se tourner vers un outil cartographique "open source". Avec plusieurs impératifs, puisque le site propose des itinéraires à la fois ludiques et sociaux, renseignés aussi bien par des professionnels que des particuliers.


CCM : En quelques mots, pouvez-vous expliquer le concept d'Iperiago ?

Jérôme Morlon : Iperiago est un outil clé-en-main, diffusé en marque blanche, permettant la production d'itinéraires touristiques ludiques, dans une logique multiécran. Il facilite la production des contenus complexes que sont les itinéraires, en combinant gestion de contenu, outils de localisation et outil cartographique accessible à tous. Il ajoute une mécanique complète de social gaming aux itinéraires, en permettant de transformer n'importe quel parcours en jeu de piste et en introduisant des défis chronométrés avec ses amis.

CCM : Quel besoin vous a poussé vers la recherche d'une solution de publication de cartes pour votre site ?

J. M. : Par nature, Iperiago place la cartographie en son centre. Je cherchais une solution à la fois souple, peu onéreuse à long terme, qu'on puisse facilement personnaliser et... proposant des fonds de carte esthétiques !

CCM : Quel est l'usage que vous faites de Mapbox ?

J. M. : Quand on veut publier des cartes sur son site, il y a trois aspects à prendre en compte. D'abord les données cartographiques, c'est à dire le nom des rues, l'emplacement des bâtiments, des jardins, etc. Soit on utilise le dessin de ces données, ce qu'on appelle les "tuiles". Ces tuiles peuvent être visualisées de façon très différente selon si que l'on utilise Google Maps, Mapbox ou encore un autre. Les cartes Google Maps sont clairement plus jolies que les cartes par défaut d'OpenStreetMap.
Enfin, on utilise aussi l'API, c'est-à-dire l'interface de programmation, qui permet de manipuler les tuiles, de créer des couches de points...

Chez Google Maps, les données, les cartes et l'API sont fournies en même temps. On n'a pas vraiment le choix d'utiliser autre chose.
Quand on passe par Mapbox, on peut choisir un fournisseur différent pour chacun des trois aspects. Mapbox fournit des tuiles, c'est-à-dire un moteur de rendu, qui va générer à partir des données fournies par OpenStreetMap des fonds de carte. Ils ont aussi une API, que je n'utilise pas de mon côté.

Tout ce que j'utilise finalement, ce sont les fonds de carte, à partir des données OpenStreetMap. Je n'utilise pas l'API de Mapbox, basée sur Leaflet. Elle est de très bonne qualité, mais je préfère OpenLayers, encore plus riche et qui me permet de conserver une stricte compartimentation des tâches. Cela m'autorise à changer de fournisseur de tuiles cartographiques en cas de besoin. La couche cartographique d'Iperiago est conçue dès le départ pour être indépendante du fournisseur de tuiles.

CCM : Est-ce que vous aviez des impératifs particuliers ? Par exemple l'adaptation sur tablettes ou smartphones, la possibilité d'exporter une carte pour vos lecteurs...

J. M. : Je voulais utiliser des données cartographiques libres, avoir un beau rendu visuel pour pas trop cher, mais aussi disposer de la possibilité, technique et contractuelle, de stocker localement, sur le terminal de l'utilisateur, pour une situation de mobilité sans connexion Internet, des fonds de carte. Une prise en compte des écrans retina était aussi souhaitée.

CCM : Est-ce qu'il y a d'autres solutions similaires à celle que vous avez adoptée ?

J. M. : J'ai étudié aussi, notamment, CloudMade et MapQuest. Les deux sont des outils intéressants.
Je n'ai rien contre Google Maps, mais pour moi cela présente deux problèmes. D'abord, on le voit partout, et je souhaite me démarquer avec un autre rendu visuel. L'autre aspect, c'est que la solution peut très vite avoir un coût important, dès que l'audience est forte.
Comme Iperiago est fourni comme solution à des tiers, je ne souhaitais pas que ce coût leur soit répercuté.
Et finalement, on dépend déjà beaucoup de Google, et je ne voulais pas non plus en dépendre de trop !

CCM : Quels sont les arguments ou les spécificités qui vous ont poussé à choisir Mapbox plutôt qu'une autre solution ?

J. M. : La qualité graphique des tuiles, la possibilité de téléchargement des tuiles offline, et aussi la prise en compte des écrans retina même si d'autre outils répondaient aussi à ce dernier critère.

CCM : Techniquement, est-ce compliqué à mettre en place ou à utiliser ?

J. M. : Dans l'usage que j'en fait, c'est extrêmement simple. Développer une solution cartographique innovante comme l'outil de création d'itinéraires d'Iperiago l'est moins, mais ça c'est indépendant de Mapbox ou d'un autre !

CCM : Est-ce que vous verriez des améliorations possibles pour Mapbox, qui vous intéresseraient spécialement ? Ou des aspects qui limitent aujourd'hui votre utilisation ?

J. M. : Mapbox convient à mes besoins actuels, après je suis toujours intéressé par les évolutions en termes de rendu. Je suis des projets comme Stamen.

CCM : Quels sont les coûts de mise en place, ou d'utilisation de Mapbox ?

J. M. : Mapbox a l'avantage de ne pas être cher. Le tarif en usage payant démarre à 5 dollars par mois seulement.

CCM : C'est une solution que vous recommanderiez à un usage professionnel ?

J. M. : Oui, et d'ailleurs le service a été choisi en 2012 par Foursquare en remplacement de Google Maps, l'argument principal ayant été le coût. LeMonde.fr a fait le même choix en avril 2013. Ce n'est pas anodin.

Repères

Iperiago

  • Lancé en 2013, Iperiago met en scène du contenu touristique,
  • Professionnels et particuliers peuvent y créer des itinéraires touristiques et les partager sur les réseaux sociaux, à partir d'un outil de création dédié,
  • Le site et les itinéraires s'adaptent également à une lecture sur smartphone ou tablette,
  • Le site internet d'Iperiago,
  • La page Facebook d'Iperiago.

Mapbox

  • Outil cartographique de type "open source",
  • Publication de carte et intégration sur des sites web,
  • Mapbox est également utilisé par Foursquare, Evernote et LeMonde.fr,
  • Le site internet de Mapbox.
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