FabLab : « l'échange de compétences nous a été très précieux »

FabLab : « l'échange de compétences nous a été très précieux »
FabLabs : comprenez « laboratoires de fabrication ». Ces ateliers technologiques participatifs, qui associent partage de compétences et accès à des équipements de pointe, sont aujourd'hui des lieux de création majeurs pour les porteurs de projet.

Naïo Technologies, une entreprise toulousaine spécialisée en robotique agricole, a fait appel au FabLab de Toulouse -premier FabLab ouvert en France- pour l'aider lors des phases de prototypage et de conception de son robot de désherbage destiné aux maraîchers, qui entre aujourd'hui en phase de commercialisation.

Gaëtan Séverac, cofondateur de Naïo Technologies, revient sur les grandes étapes de réalisation de son projet au sein du FabLab, et sur les atouts de ce type de structure pour l'accompagnement et la mise en oeuvre de projets novateurs.


CCM - Pouvez-vous vous présenter et présenter Naïo Technologies ?

Gaëtan Séverac - Je suis cofondateur de Naïo Technologies avec Aymeric Barthes.
Naïo Technologies et une entreprise toulousaine créée en 2011, qui est spécialisée en robotique et en intelligence artificielle avec comme domaine d'application, l'agriculture.

Notre produit de lancement est un robot de désherbage pour les maraîchers qui permet de désherber mécaniquement les cultures, sans produit chimique.

CCM - Dans quel cadre avez-vous commencé à utiliser le FabLab de Toulouse ?

GS - Nous travaillions sur notre projet de robot de désherbage avant la création de Naïo Technologies. Cette idée est venue de discussions avec des maraîchers.

Ayant reçu une formation robotique, plutôt côté logiciel, nous étions convaincus de pouvoir guider un robot dans les cultures maraîchères. Mais nous ignorions encore comment réaliser la partie mécanique du robot : motorisation électrique, électronique de puissance, etc.

Nous avons donc décidé de présenter notre projet au Artilect FabLab de Toulouse en faisant un appel à compétences. Nous avons pu alors commencer à fabriquer les premiers prototypes de notre robot au FabLab, en bénéficiant des conseils et des compétences des membres dans des domaines où nous n'avions pas d'expertise.

Au départ, nous n'avions pas directement besoin des équipements proposés au FabLab.

CCM - Quelles sont les ressources disponibles au FabLab ?

GS - En tant que porteur de projet, on peut bénéficier de l'aide d'experts bénévoles dans de nombreux domaines : mécanique, artistique, électronique, informatique etc.

Côté équipements, on dispose d'une imprimante 3D, d'une découpe laser, d'une petite fraiseuse, et du matériel plus classique pour trouer, visser, etc.

L'avantage de FabLab, c'est de pouvoir payer l'utilisation de ces équipements à l'heure, à un tarif avantageux. Cela qui nous permet d'être autonomes et réactifs pour répondre à des commandes.

Une flexibilité que nous n'aurions pas si devions faire appel à un sous-traitant.

CCM - Quelles ont été les étapes de conception de votre robot au FabLab de Toulouse ?

GS - Après la présentation de notre projet, un membre du FabLab nous a prêté des moteurs d'essuie-glace et des roues. Nous avons fabriqué un petit châssis de tondeuse et commencé à travailler sur la partie électrique. Cette première étape nous a permis de nous rendre compte que notre projet avait de belles perspectives.

Nous avons ensuite acheté un quad électrique : le FabLab de Toulouse nous a aidés à fixer et adapter certains outils, et nous avons sous-traité la partie fabrication mécanique (soudure, découpe du métal, etc.), qui n'est pas réalisable au FabLab.

Nous sommes ensuite revenus vers le laboratoire pour obtenir de l'aide sur la mise au point de la gestion des moteurs électriques. On avait des soucis sur la partie électronique de puissance : l'échange de compétences nous a été très précieux.

Nous continuons aujourd'hui d'aller au FabLab pour le prototypage du boîtier plastique, pour intégrer l'interface avec les écrans, les boutons, et intégrer les cartes de commande à l'intérieur du robot.

CCM - L'aspect économique a-t-il été la motivation principale pour faire appel à un FabLab ?

GS - Au tout début de l'entreprise, ce n'était même pas la question. Car la situation était simple : la conception était possible au FabLab ou ne l'était pas autrement.

Au départ, nous avons essayé de trouver de l'aide pour financer des prototypes mécaniques, mais sans succès, car nos soutiens potentiels n'étaient simplement pas ouverts à notre projet.

Au FabLab, en plus de compétences techniques et des équipements, nous avons bénéficié d'une réelle ouverture d'esprit, d'un désir d'accompagnement. Nous savions que notre robot correspondait à un besoin sur le marché.

Repères

Artilect FabLab Toulouse

  • Fab Lab : LABoratoire de FABrication ouvert aux porteurs de projets (professionnels et particuliers)
  • Création : 2009 par l'association Artilect.
  • Premier FabLab créé et premier à avoir été labélisé FabLab MIT en 2010.
  • Activités : mise à disposition d'équipement, partage de compétences et de connaissances, prototypage d'idées
  • Site web

Naïo Technologies