HP savait que sa filiale Autonomy fraudait

HP savait que sa filiale Autonomy fraudait


En 2011, Hewlett-Packard rachetait l'éditeur de logiciels anglais Autonomy pour 11.1 milliards de dollars. Un an plus tard, coup de théâtre, HP annonçait une dévalorisation de 8.8 milliards de dollars de sa nouvelle filiale. En cause, une fraude massive orchestrée par les anciens dirigeants d'Autonomy. Le Financial Times a enquêté et affirme que HP n'ignorait pas ces agissements.

Créée en 1996, la société Autonomy développe des logiciels issus des recherches de l'université de Cambridge. En 2011, Hewlett-Packard a racheté l'entreprise anglaise pour un montant de 11.1 milliards de dollars. Une somme très importante, et même trop selon certains analystes.
Un an plus tard, ce fut le scandale. HP présentait un bilan fiscal annuel en perte de 12.6 milliards de dollars. Sur ce montant énorme, 8.8 milliards étaient relatifs à la dépréciation d'Antonomy. Les anciens dirigeants de la filiale auraient fraudé en maquillant les comptes. Et ce, afin d'être rachetés à un meilleur prix.
Les fondateurs d'Antonomy s'en sont défendus et du côté de HP, les comptes de la filiale n'auraient été réellement étudiés qu'en mai 2012, après la suggestion d'un des employés. Lors de la présentation du bilan annuel six mois plus tard, les dirigeants du groupe disaient vouloir porter plainte, mais n'en ont rien fait, alors que des actionnaires l'ont bien fait, mais contre HP !

Le journal Financial Times a mené son enquête et délivre aujourd'hui ses conclusions.
Selon les documents et les mails étudiés par le journal, les dirigeants de HP auraient eu connaissance de la réelle situation d'Antonomy avant que l'employé les alerte. Peu de temps après le rachat, HP aurait commencé à recevoir les rapports et certains mails en copie qui indiquaient les difficultés de ventes de la filiale.

Si les affirmations du Financial Times sont exactes, il reste à savoir pourquoi HP les a cachées et a affirmé qu'Antonomy masquait ses véritables performances financières. Surtout, il reste à comprendre ce qui a motivé ce rachat si onéreux et ce manque de réactions.

Crédit photo: Hewlett-Packard