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La télémédecine en cardiologie : une technologie mature

Jérôme Perrier - lundi 3 février 2014 - 10:07
La télémédecine en cardiologie : une technologie mature
Plus rapide, plus sûre, plus économique : la télémédecine, médecine pratiquée à distance par télécommunication, porte de grands espoirs pour la pratique médicale et pour le financement de notre système médical. En France, elle avance à pas lents mais une spécialité se déploie plus rapidement que les autres, celle de la télécardiologie. Depuis près de douze ans, des patients sont monitorés à distance et les progrès technologiques n'ont pas cessé depuis. Les dispositifs de Téléc@rdiologie sont parmi les plus aboutis dans ce domaine. Il sont utilisés à ce jour par des centaines de médecins sur environ 30 000 patients.

Suite à la publication des nouveaux résultats de l'enquête ECOST démontrant les avantages économiques du dispositif, nous avons voulu en savoir plus sur son usage, ses avantages, son fonctionnement et c'est le Docteur Arnaud Lazarus qui a répondu à nos questions. Cardiologue à la clinique Ambroise Paré de Neuilly-sur-Seine, il est spécialisé en rythmologie et suit plusieurs centaines de patients à distance, notamment avec le système Téléc@rdiologie - BIOTRONIK Home Monitoring®.

Commentçamarche.net : Parlez-nous de votre spécialité médicale ?
Docteur Arnaud Lazarus
: Je suis cardiologue spécialisé en rythmologie, soit l'étude et le traitement des troubles du rythme cardiaque. Cette spécialité inclut la pose de prothèses rythmiques, essentiellement des stimulateurs cardiaques et des défibrillateurs.
Les premiers sont indiqués pour les personnes âgées, voire très âgées, dont le circuit électrique du coeur s'est détérioré avec le temps. Les seconds sont posés sur des personnes ayant survécu à une mort subite, dont le coeur est instable électriquement, ou encore à des personnes au coeur abimé qui présentent un risque de mort subite rythmique justifiant l'implantation d'un défibrillateur.
Si la télémédecine est particulièrement intéressante dans ma spécialité, c'est que ces prothèses nécessitent une surveillance régulière et une rapidité de réaction face à certaines anomalies.

CCM : Quand avez-vous été pour la première fois en contact avec ce système de Téléc@rdiologie ?
AL :
Dès les prémices de la recherche menée par les industriels, j'ai suivi les évolutions de cette technologie qui permet de contrôler à distance l'état du patient et du dispositif cardiaque.
Auparavant, les patients équipés de prothèses cardiaques connectées devaient déclencher eux-mêmes la transmission des informations. Ils avaient moins à se déplacer jusqu'à leur centre de cardiologie, c'était la valeur ajoutée du dispositif. Mais ils devaient intervenir pour transmettre les données.
La véritable rupture technologique a été de passer d'une transmission manuelle à une transmission automatique, ce que fait la Téléc@rdiologie moderne.

CCM : comment s'utilise-t-il au quotidien ?
AL :
Si aucune anomalie ne survient, les informations sont envoyées régulièrement et automatiquement par la prothèse, via un transmetteur externe, vers des serveurs sécurisés. Le médecin se connecte tout simplement et a accès aux informations.
En cas d'anomalie, même non perçue par le patient, le médecin est rapidement alerté par fax, SMS ou email. Il peut alors se connecter et prendre les mesures adéquates.
La Téléc@rdiologie - BIOTRONIK Home Monitoring® enregistre et transmet automatiquement les résultats au médecin, c'est là la grande nouveauté. On gagne évidemment en rapidité.
Et au quotidien, l'usage est assez simple, la principale contrainte étant d'être en mesure de recevoir les alertes, somme toute assez rares.

CCM : Les avantages médicaux sont évidents, les avantages financiers aussi.
AL :
Oui, l'étude ECOST a récemment prouvé que son usage permettait une économie de 315 euros par an et par patient. A ce jour, il n'est pas pris en charge par l'Assurance maladie mais elle s'intéresse beaucoup au sujet et le considère comme mâture. Le jour où le financement sera là, les économies seront réelles et le nombre de bénéficiaires pourra augmenter.

CCM : comment est assurée la sécurité de transmission des informations et la continuité de services ?
AL
: Ca c'est une question pour les développeurs plus que pour moi. Ce que je peux dire c'est que je n'ai jamais rencontré ni de problème d'intrusion ni de coupure prolongée du système. Les données transitent soit par RTC soit par réseau de téléphonie mobile. En cas de maintenance, organisée plutôt en période calme comme le week-end, nous sommes prévenus à l'avance.

CCM : Quel regard portez-vous sur l'état de la télémédecine en France ?
AL :
En France, on en parle beaucoup mais les actes ne suivent pas vraiment. Des initiatives sont prises en diabétologie ou encore pour les patients dialysés mais elles ne sont pas aussi matures que dans le domaine de la cardiologie.
Pour moi, la pratique est trop éclatée, trop régionale. Il n'y a pas de projet de grande envergure au niveau national. La télémédecine est relativement mal soutenue et les professionnels de santé pas suffisamment impliqués. Pourtant, elle permet d'augmenter l'efficience.
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