Reconnaissance d'image : "cela me différencie de mes concurrents"

Reconnaissance d'image :
Le livre comme nouveau support au numérique ? C'est l'idée défendue par Alain Picart, directeur de collections aux éditions Crépin-Leblond. Avec ses 150 ans d'existence, la maison d'édition a réussi son passage au numérique... et propose désormais des livres au contenu enrichi par une application dédiée, le SkanTag.

Développée par la société basque Videak, l'application SkanTag est tournée vers la reconnaissance d'image et la réalité augmentée. Dans le cas des éditions Crépin-Leblond, l'application identifie un tag glissé dans des images d'illustration, et ouvre un fichier sur internet. Vidéos et photos viennent donc compléter le contenu du livre. Le fonctionnement est sensiblement le même qu'un QR Code... mais sans l'ajout d'un carré supplémentaire dans le graphisme d'une page.


CCM -Quelle est la spécialité des éditions Crépin-Leblond ?

Alain Picart : Crépin-Leblond est l'une des plus vieilles maisons d'édition françaises : elle a un siècle et demi d'existence. Nous sommes spécialisés dans des thématiques particulières puisqu'il s'agit du domaine des armes, de la chasse, de l'archerie, de la coutellerie et des répliques, avec deux mensuels et quatre trimestriels. Adossé à cette partie presse, nous avons un pôle librairie où nous éditons des livres spécialisés sur ces mêmes thématiques. Nous sommes donc coutumiers d'un travail en relation avec le ministère de l'Intérieur et celui de la Défense, avec notamment des livres sur des services spécifiques, comme le RAID, les services spéciaux... Nous touchons à des sujets assez spécialisés.

CCM -Quel besoin vous a poussé vers l'utilisation de ce type de solution ?

A.P. : Dans ces thématiques, il est indispensable de proposer plus qu'un livre. Par exemple, le RAID est un service discret : pour chaque ouvrage, on joint un DVD avec des images ou des vidéos supplémentaires, qui ne sont pas présentées dans le livre. Mais ces DVD, et leur pressage, représentent un coût supplémentaire.

CCM -Concrètement, comment se passe l'utilisation du SkanTag pour vous en tant qu'éditeur ?

A.P. : Lorsqu'on monte le livre, on insère un logo spécifique dans une image. C'est ce qui permet la reconnaissance par l'application. Dans chaque ouvrage édité, on applique une reconnaissance d'image prédéfinie. Une url est dédiée à chaque reconnaissance d'image, qui contient des fichiers numériques. Cela peut être une vidéo, un fichier audio, un fichier de photos...
Il faut compter cinq semaines d'impression et de reliure pour un livre. Une fois qu'on a défini le nombre d'images, qu'elles ont été identifiées sur le livre pour la reconnaissance d'image, le livre est monté et il est envoyé chez l'imprimeur. Pendant ces cinq semaines, on peut travailler sur les fichiers numériques. Cela représente un énorme avantage. Les fichiers numériques sont très faciles à transférer. Cela représente un gain de temps certain et une souplesse phénoménale.

CCM -Il faut donc que vos lecteurs disposent de l'application dédiée, et utilisent un smartphone ?

A.P. : La lecture du fichier est déclenchée par l'url, donc il faut pouvoir scanner l'image qui l'ouvre avec l'application. C'est possible sur une tablette ou un smartphone.
Nos lecteurs sont des lecteurs captifs, puisque nous sommes sur des thématiques pointues. Nous sommes en relation avec eux constamment. Pour la génération habituée aux smartphones, la démarche est naturelle. Pour notre lectorat plus âgé, ce n'est pas le cas... mais c'est un lectorat qui n'aurait pas été plus intéressé par des DVD.
L'attrait supplémentaire de la solution, c'est que cela va nous amener un nouveau lectorat. Comme c'est un usage aisé, le réflexe devient naturel.

CCM -Est-ce que le choix de cette solution a entraîné des économies ?

A.P. : Oui, cela a généré des économies immédiates sur le pressage des DVD. Sans compter les pertes éventuelles : si on presse 5000 DVD alors qu'il y a une faille sur le fichier originel, il faut tout jeter... tandis que si c'est un fichier présent sur un serveur, il suffit de le changer et c'est corrigé.

CCM -Quels autres avantages relevez-vous dans votre activité ?

A.P. : Pour 350 à 400 photos sélectionnées pour un livre, on est en mesure de présenter 3 à 4000 photos par exemple.
L'autre intérêt, c'est la gestion des fichiers numériques : cela évite l'obsolescence du livre. Le livre est adossé à des fichiers numériques, qui peuvent être changés facilement sur un serveur. Avec cette nouvelle technologie, le print n'est pas mort, bien au contraire. Il devient un vecteur du numérique.
C'est une solution qui aujourd'hui me permet de décrocher des contrats auprès de certains régiments. Nous sommes très peu sur ce genre d'activité en France, mais je suis par contre le seul à utiliser ce système. C'est donc un atout et cela me différencie de mes concurrents.

Repères

Editions Crépin-Leblond

  • Maison d'édition spécialisée dans les thématiques des armes, de la chasse, de l'archerie, de la coutellerie et des répliques, des régiments et des services militaires.
  • Un pôle presse et un pôle librairie.
  • La maison d'édition existe depuis 150 ans.
  • Crépin-Leblond sur internet

SkanTag

  • Application développée par la société basque Videak.
  • Disponible sur iOS et Android.
  • Lecture de liens intégrés dans des images ou des documents.
  • Le site de SkanTag