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« L'électricité renouvelable pour réduire l'impact environnemental d'un site web »

CommentCaMarche - mardi 2 avril 2013 - 18:13
« L'électricité renouvelable pour réduire l'impact environnemental d'un site web »
Tous les sites web génèrent une consommation électrique liée à leur hébergement (ex : alimentation du serveur), et à leur audience. En France, cette consommation est principalement issue de sources d'énergie non renouvelables, dont l'impact environnemental est multiple : émission de gaz à effets de serre, production de déchets, épuisement des ressources naturelles.

Pour s'assurer que la consommation électrique liée à son site GreenIT.fr est issue d'énergies renouvelables, Frédéric Bordage, expert européen de l'informatique éco-responsable et de l'éco-conception logicielle, recourt à la certification « Wattimpact » développé par WattValue. Une solution qui permet aux éditeurs de sites et aux entreprises de conjuguer activité en ligne et choix énergétiques responsables.

A l'occasion de la Semaine du développement durable, CommentCaMarche a interrogé Frédéric Bordage sur le lien entre sites web et « écoresponsabilité » d'une part, et fait le point avec lui sur les bonnes pratiques « Green IT » dans l'entreprise aujourd'hui.


CCM - Pouvez-vous présenter GreenIT.fr en quelques mots ?

Frédéric Bordage - Lancé en 2004, GreenIT.fr était un blog personnel à l'origine. J'étais journaliste professionnel à l'époque et frustré de ne pouvoir aborder le thème de l'informatique écoresponsable plus largement.

J'ai souhaité faire de GreenIT.fr un espace collectif, et l'ai ouvert aux contributions extérieures en 2007. En l'espace de 5 ans, 67 collaborateurs y ont participé, 2200 articles ont été publiés.

Aujourd'hui, c'est LE blog de la communauté Green IT en France. En termes de trafic, nous plafonnons autour de 30.000 visiteurs uniques par mois soit 200.000/an, sachant que nous avons une audience de niche et donc un trafic web très qualitatif.

CCM - GreenIT.fr est certifié Wattimpact, depuis trois ans. Pouvez-vous expliquer le principe général de cette certification, en en quoi celle-ci participe à une démarche de dépense énergétique plus responsable ?

FB - Je n'ai pas la main sur l'infrastructure du blog : mon prestataire l'héberge chez OVH. Je ne peux donc pas choisir l'origine des électrons qui viennent alimenter les serveurs sur lequel il est hébergé.

La seule façon de s'assurer que les serveurs de Greenit.fr consomment des électrons issus de sources primaires renouvelables (l'hydraulique, l'éolien), c'est de s'octroyer une part de la production d'énergie renouvelable française, en achetant des certificats. C'est ce que propose Wattimpact : une certification permettant de savoir d'où vient l'électricité consommée d'une part, et d'autre part de financer le développement des énergies renouvelables.

Un point très important : le certificat me permet de neutraliser les émissions des internautes et pas seulement des serveurs. Contrairement à ce que l'on pense, l'empreinte énergétique d'un serveur est minime par rapport à la consommation énergétique des internautes, beaucoup plus diffuse.

CCM - Cette semaine se déroule la Semaine du Développement Durable. Pouvez-vous dresser un bilan sur l'adoption des technologies et bonnes pratiques Green IT dans les entreprises en France ?

Il y a deux sujets : les chantiers aujourd'hui en cours dans les entreprises, et ceux qu'il reste à entreprendre.

Dans le premier cas, certaines bonnes pratiques se sont imposées ces dernières années : comme le fait d'éteindre les ordinateurs la nuit et de réduire les volumes d'impression.

L'autre gros chantier en cours est l'amélioration de l'efficacité énergétique des data centers.

Les gains financiers liés à ces pratiques sont aujourd'hui actés.

Parmi les chantiers qu'il reste à mener : prioritairement, l'allongement de la durée de vie des postes de travail et d'utilisation des logiciels. La fin du support technique des logiciels, et les besoins en ressources des nouvelles versions, déclenchent le renouvellement prématuré du matériel. Or le coût environnemental lié à fabrication et à la gestion de la fin de vie d'un ordinateur est énorme.

Le fait qu'un ordinateur commence à « ramer » est également un motif fréquent du renouvellement. Pour allonger la durée de vie d'un ordinateur, tout en réduisant son coût total de possession (TCO), il existe plusieurs actions simples à mettre à oeuvre : comme défragmenter fréquemment son disque dur, supprimer les fichiers temporaires et les logiciels obsolètes et inutiles (on économie alors le coût des licences inutiles).

Aujourd'hui, la durée de vie moyenne est de 3 ans pour un ordinateur portable et 4 pour un ordinateur de bureau, elle peut être facilement allongée à 5 ans pour un portable et entre 6 et 7 ans pour un desktop avec la mise en place de ces bonnes pratiques.

Les entreprises n'ont pas toujours conscience des coûts cachés liés au renouvellement du matériel et des logiciels : ceux-ci se nichent notamment dans les pertes de données liées au remplacement du matériel, celles-ci n'étant pas toujours sauvegardées correctement.

Je ne connais pas une seule procédure de migration dans une entreprise qui se soit bien passée de ce point de vue, et l'addition peut être très salée.

Allonger la durée de vie des postes de travail permet de limiter ce genre de risque.

CCM - Cet engagement relève aussi du travailleur. Au niveau individuel, que peut-on faire pour avoir une conduite « Green IT » en relation avec ses activités professionnelles ?

Plusieurs actions peuvent être menées individuellement pour réduire les émissions de gaz à effets de serre et l'utilisation des consommables :

Il est important d'agir sur le volume d'impressions. Aujourd'hui, la consommation de papier est d'environ 28 pages/par utilisateur/jour. Chaque professionnel doit remettre en question ses besoins d'impressions réels, à la maison ou au bureau : un simple paramétrage par défaut - recto-verso et mode brouillon, divise par deux le nombre de pages imprimées et la quantité d'encre utilisé.

Les outils de réunion à distance et de visioconférence -type Skype- limitent considérablement les déplacements et sont donc facteurs d'économies, de gain de temps et de productivité.

Enfin, il est tout aussi important au niveau individuel de s'interroger sur la manière d'allonger la durée de vie de ses équipements.

De ce point de vue, certaines attitudes sont paradoxales. A titre d'exemple : l'empreinte carbone d'un utilisateur laissant allumer un PC 24h/24 mais ne le renouvelant que tous les 6 ans sera bien moindre que celle d'un utilisateur qui l'éteindra tous les soirs, mais le renouvellera tous les trois ans.

L'empreinte carbone n'est pas le seul enjeu environnemental autour du renouvellement du matériel informatique. Aux émissions de gaz à effets de serre se superposent des enjeux fondamentaux : comme l'épuisement des ressources non renouvelables, l'émission de pollutions chimiques, la consommation d'eau, et les pollutions chimiques.

Repères

Wattimpact

  • Solution de certification « énergie verte » : garantie d'une consommation électrique issue des énergies renouvelables pour les sites web
  • Développée par WattValue
  • Fonctionnalités/services : évaluation de l'impact environnemental, garanties environnementales associées aux consommations web
  • Certifications proposées dans différents packs : tarifs du service déterminé selon l'audience d'un site web (nombre de pages vue/mois)
  • Site web

GreenIT.fr

  • Site communautaire spécialisé dans l'informatique écoresponsable (Green IT)
  • Création : 2004, par Frédéric Bordage
  • Site web
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