Nous avons joué à The Elder Scrolls 5 : Skyrim

Nous avons joué à The Elder Scrolls 5 : Skyrim
Le prochain jeu de rôle des créateurs d'Oblivion, Morrowind, Daggerfall et Fallout 3 devrait faire des heureux. Prévu pour le 11 novembre 2011, Skyrim était jouable quelques heures dans une version pré-alpha, bien avancée, sur console Xbox 360. L'occasion de se balader dans l'univers et de découvrir la création de personnages, le système d'expérience, de combat et de quêtes de ce nouvel opus. Et à quelques semaines de la sortie, cette présentation fut pour le moins prometteuse.

Ayant apprécié Morrowind, j'ai un peu boudé les récentes créations de Bethesda, n'étant pas spécialement fan du système d'auto-leveling et de l'univers un peu trop brillant d'Oblivion, et scandalisé par le changement apporté au gameplay de Fallout d'autre part. J'avoue que Skyrim n'éveillait qu'un vague intérêt avant cette présentation.

Pourquoi cela ? Les premières vidéos ne m'avaient pas franchement convaincu des possibilités de ce titre. Les combats semblaient mous et le héros en tenue de viking me faisait plus penser à l'antiquité qu'au médiéval fantastique. Cette prise en mains a fait tomber beaucoup de préjugés, et m'a rassuré quant à la capacité du studio Bethesda à sortir des grands jeux de rôle.

Ils ont des chapeaux ronds, vive les bretons !


Je commence cette preview par la création de mon personnage. Et déjà, bonne nouvelle, cette étape est très poussée ce qui me semble essentiel pour un jeu de rôle. On a le choix entre une dizaine de races (hommes serpents, elfes, orcs, hommes tigres, et des races comme les bretons qui ressemblent à des humains ordinaires...), puis on passe à la personnalisation physique : sexe, corpulence, coupe de cheveux, forme du visage, tatouages... le système est très complet et donne l'impression d'obtenir un héros unique. Si on ne veut pas y passer des heures, quelques modèles pré-enregistrés sont aussi à notre disposition.


J'opte pour un breton, et je m'aperçois que chaque race donne droit à des avantages spécifiques. Les bretons en l'occurrence résistent mieux que les autres à la magie, et peuvent même l'absorber a priori. Certaines races ont des prédispositions, les orcs se battent mieux que les autres à l'arme blanche par exemple, mais il est tout à fait possible de prendre un elfe et d'en faire un guerrier en armure lourde avec une arme à deux mains.

Mon héros prêt, je me lance dans l'aventure... et on se retrouve plus ou moins à poil dans une grotte. Curieux ? Non pas vraiment, car les petits gars de Bethesda nous ont prévenu qu'ils avaient volontairement coupé l'introduction de jeu dans cette présentation pour nous faire explorer l'univers. Je ne peux donc pas trop vous parler de l'histoire du héros en question et de l'histoire de la région de Skyrim, où se situe cet épisode, car il faudra plus de 2h30 de jeu et une introduction pour en comprendre les tenants et les aboutissants.

Quelques mots cependant à partir d'informations glanées auprès de Bethesda, a priori on jouera un prisonnier qui va se retrouver libre, et va devoir accomplir sa destinée forcément hors du commun en tuant des dragons. Bon, ça ne semble pas très original, mais tout dépend comment celle-ci sera racontée.

Premiers pas, premières rencontres, premiers gnons


Juste après être sorti de cette fameuse grotte, je prends le temps de découvrir un peu l'interface et les commandes du jeu. Encore une très bonne surprise. Généralement pour un jeu de rôle, je préfère les sensations d'un clavier que les manettes d'une console. Sauf que dans la version console de Skyrim, la manette se prête bien à l'immersion et les contrôles sont faciles. Les deux gâchettes LT et RT commandent par exemple les bras gauche et droit du personnage.


Je cherche d'abord des armes, mais découvre avant les sorts. J'opte donc pour la magie, et je dispose pour cela d'un sort de type lance-flamme en main gauche, et d'un sort de soin dans la main droite. Autre petit tour par l'inventaire, où on s'aperçoit que nos amis de Bethesda nous ont mis à disposition quelques armes et armures histoire de tout tester. Pour y accéder, il suffit d'appuyer sur la touche B, puis de choisir l'inventaire depuis un menu en forme de croix qui donne un accès rapide à la carte du monde, les compétences du héros, ses sorts ou son inventaire.

Tout est très intuitif : une touche (RB par défaut) pour sprinter, une touche pour sauter (Y), une autre pour parler et interagir avec l'environnement (A). Si on appuie sur les sticks, on déclenche deux actions particulières. Sur le stick gauche, on passe en mode furtif, dont l'efficacité dépend du niveau de compétence de notre héros et de l'environnement (on est plus efficace s'il fait nuit et sombre qu'en pleine lumière), et sur le stick droit on passe en vue extérieure de son personnage, à la troisième personne. Pour l'immersion, j'ai préféré la vue à la première personne.

Et c'est parti pour une balade champêtre dans la campagne environnante. J'aperçois un chevreuil, qui me permet de tester tout de suite mon premier sort. En quelques secondes, le pauvre animal succombe à ses brûlures, le tout dans une attitude et avec des animations crédibles. Je l'abandonne et vérifie autour de moi que personne n'a pu voir cet acte de barbarie ignoble... c'est bon, je m'enfuis l'esprit tranquille. Autour de moi, je rencontre vite des passants avec lesquels j'entame une discussion. Ils m'indiquent le chemin vers la ville la plus proche, en fait une minuscule bourgade.

Première inquiétude, j'ai l'impression que le joueur ne sera pas du tout guidé et qu'il va falloir s'investir pour trouver des quêtes, et deviner où elles se trouvent dans l'univers car la carte est grande, très grande (sur la seule zone du jeu disponible, il faudra approximativement 20 heures pour tout explorer a minima). C'est en partie vrai, car si vous ne parlez à personne, vous pouvez passer votre temps à explorer et tuer les ennemis qui se présentent à vous. Par contre, le système de quêtes est assez bien fait et clair pour qui veut s'y intéresser.


Au détour d'un buisson, je tombe sur quelques loups, qui seront mon premier vrai combat (la biche n'ayant pas voulu riposter !). Être magicien, c'est avoir la vie facile au début. On brule ses adversaires de loin, et on ne prend aucun coup car les ennemis tombent avant. La seule chose dont il faut se préoccuper est la barre de mana, qui se régénère d'elle-même. Je décide de passer à la bonne vieille méthode, la hache et le bouclier pour pouvoir me mesurer à mes adversaires face à face. Mais pas le temps d'en croiser, bienvenue à Riverwood.

Quand on arrive en ville !


Si j'avais déjà trouvé les environnements extérieurs animés (pluie, vent qui fait bouger la végétation, animaux et personnages que l'on rencontre en cours de route), les villes me réservent aussi une bonne surprise. Pour la région que j'ai visitée dans cette démo, elles sont toujours aussi peu peuplées que dans les précédents Elder Scrolls, mais les personnages semblent plus vivants que jamais. Le bucheron coupe son bois et vaque à ses activités, l'aubergiste sert ses clients...

Surtout, certains individus vous interpellent au passage, et réagissent à votre approche. En croisant un fort très protégé près des ruines d'un champ de bataille, les gardes sur les murailles insistent pour que je n'avance pas plus près de l'entrée de peur des étrangers. Plus tôt, une femme m'avait parlé des rumeurs de dragons dans la région. En explorant la carte, on découvre d'ailleurs d'autres lieux de vie comme des auberges de passage, des campements... qui ne sont pas indiqués par défaut.


Souvent ces rencontres avec d'autres personnages vont nous permettre d'en apprendre plus sur l'histoire de la région, sur le contexte et sur les personnages eux-mêmes. Assez régulièrement, vous obtiendrez aussi des quêtes au fil des rencontres. Enfin, Skyrim gère le temps qui passe. Au cours des journées qui s'écoulent en jeu, les activités des différents personnages varient ce qui renforce la sensation d'un univers cohérent et crédible.

Je prends quelques quêtes, des rumeurs, puis je consulte mon agenda. Hum... je suis libre ces prochains jours, pourquoi ne pas partir à la chasse aux bandits ? D'autant qu'on me promet une belle récompense en or à la clé. Quelques dizaines de minutes et quelques loups massacrés plus tard, me voici devant une grotte qui semble être le repaire des bandits. Je n'ai même pas eu de difficulté à la trouver car dans Skyrim toute quête activée dans son journal est signalée sur la carte principale. Et à tout moment en jeu, on dispose d'une boussole qui nous indique les principaux points d'intérêts à proximité et les objectifs des quêtes.

Combats, expérience et progression


Au corps à corps face à mes bandits, les combats sont un peu plus dynamiques qu'en utilisant la magie. Je pare les attaques rapides au bouclier, ce qui me laisse une ouverture pour contrer l'adversaire, j'esquive les coups puissants qu'il est impossible de parer, je contre juste après une attaque puissante adverse... L'échange est rythmé et plutôt plaisant. Enfin les coups donnés sont relativement bien animés et crédibles. On ressent même parfois la puissance de ses mouvements.

Autre petit plus de Skyrim, on peut désormais opter pour la façon de se battre qui nous plait le plus : arme à deux mains, arme à une main, deux armes. Le bouclier peut être remplacé par un sort (soin ou sort d'attaque par exemple). Enfin, ceux qui le souhaitent pourront choisir l'approche discrète avec coup de poignard ou tir à l'arc à la clé.


Au fil des combats, on progresse dans les compétences qui ont été utilisées : par exemple avec notre ami breton, j'ai surtout manié la hache. Conclusion, il avait doublé son score de départ dans la compétence, ce qui débloque des capacités à acheter dans l'arbre des compétences. Pour les acheter, il faudra obtenir des points de spécialisation que l'on gagne à chaque montée de niveau.

En plus de cette progression automatique lors de l'utilisation d'une compétence, notre héros gagne de l'expérience au fil des quêtes et des ennemis vaincus. Au bout d'un certain montant d'expérience, on obtient un niveau ce qui permet de se renforcer dans l'un de ces trois domaines : santé, énergie et magie. La santé améliore votre survie, l'énergie améliore votre capacité à courir en armure lourde et manier votre arme en combat, et la magie améliore votre barre de mana donc votre capacité à lancer des sorts.

Ce système est intéressant, car il oblige le joueur à personnaliser son héros dans certains domaines pour pouvoir avoir accès aux améliorations de haut niveau dans une ou plusieurs branches. En outre, Skyrim a abandonné en partie le système d'auto leveling des monstres. Si on peut toujours se balader partout dans l'univers, les ennemis rencontrés peuvent être nettement plus faibles, ou nettement plus forts. On sent donc bien l'intérêt de la progression de son personnage, et parfois des zones haut niveau vous donneront du fil à retordre (comme ces géants que j'ai essayé d'affronter au lvl 4 avec la hache du début du jeu... mon ami breton se souvient encore de leurs terribles massues !).

Un petit mot sur le système d'expérience et les compétences hors combat. Je n'ai pu tester que le crochetage, activité amusante qui vous demande de jouer avec les sticks analogiques pour trouver le bon moyen de forcer une serrure sans casser vos outils. C'est assez sensible et cela demande un peu de doigté, ce qui n'en est que plus gratifiant quand on arrive à ouvrir finalement un coffre de haut niveau. Bethesda indique qu'il sera possible par ailleurs de se forger de l'équipement, de cuisiner, d'enchanter ses objets et de créer des potions.

Bienvenue chez les Ch'tis


Avant de clore cet aperçu, je décide de me rendre dans le nord de la zone accessible dans cette démo pour rendre visite à une sorte de conseil des mages. Je quitte peu à peu les prairies verdoyantes, et tombe tour à tour sur quelques brigands, des vampires, des nécromanciens et un vieux tombeau abandonné. C'est simple, en intérieur comme en extérieur le jeu impressionne. C'est beau, animé, vivant et en même temps pas trop vide. On a vite envie d'explorer toutes les contrées, même si le monde est très (trop ?) vaste.

Le vent se lève, j'approche du nord et découvre des paysages enneigés. La végétation et les animaux rencontrés changent. Je me réfugie dans une auberge pour retrouver un peu de chaleur humaine, obtenir quelques quêtes et les rumeurs du coin, puis je repars et décide de m'aventurer dans les hauteurs des montagnes environnantes. J'y découvre quelques gardes en train de se battre avec un ours géant, et décide de leur prêter assistance. Ils m'apprendront que le conseil des mages où je me rends s'est un peu isolé, suite à la disparition d'un de leur membre et à des troubles dans les parages.


Je repars et découvre sur la route un temple isolé, au sommet de la montagne. La statue que j'aperçois dans la nuit, à travers la tempête qui se lève, m'impressionne et m'attire. Au pied, je rencontre une sorte de dévote qui me prend pour l'élu de son dieu et dit avoir prévu mon arrivée. Elle me renvoie vers une de ses connaissances pour que j'en apprenne davantage sur ma destinée, et sur ce que son dieu attend de moi.

Pas de chance, c'est la fin de mon essai de The Elder Scrolls 5 : Skyrim. Je lâche la manette avec regret, sachant que je ne pourrais pas parcourir de nouveau cet univers avant le 11 novembre. Rien à dire, l'immersion était totale et il faudra être vraiment insensible aux jeux d'aventure et de rôle pour ne pas se laisser happer par cet univers. De telles sensations, alors que je n'ai même pas testé les balades à cheval, les combats contre des dragons, l'assassinat et le vol augurent de très bonnes choses... J'ai sans doute trouvé le jeu qui fera la transition entre le très bon Deus Ex Human Revolution et Diablo 3.

La petite inconnue concerne les interactions sociales, qui m'ont semblé assez faibles pour le moment par rapport à un Dragon Age. On espère tout de même que les gens croisés au fil de l'aventure auront une histoire propre, que l'on pourra influencer de manière à se sentir connecté à cet univers.

En savoir plus


Le site officiel du jeu (où l'on trouve des trailers et des captures d'écran récentes)
http://www.elderscrolls.com/skyrim/