Nos premières impressions sur Deus Ex : Human Revolution

Nos premières impressions sur Deus Ex : Human Revolution
Nous avons joué sur la version preview du jeu, dont la sortie officielle est prévue pour le 26 août prochain. Si le temps était trop court pour se faire un avis définitif sur le titre, cet essai nous a permis de voir si oui ou non, l'attente autour de ce titre d'action / infiltration / jeu de rôle était méritée ou non.

Petit rappel sur la série Deus Ex

Human Revolution est le 3e épisode de la série des jeux Deus Ex, mais il se situe avant les deux premiers au niveau de l'histoire. Dans Deux Ex 1er épisode et 2e épisode, vous évoluez dans un univers futuriste où la technologie a permis à l'Homme d'améliorer son corps en utilisant des implants cybernétiques. Mais cette technologie est l'enjeu de conflits pour des raisons financières, idéologiques et de pouvoir. Le 3e épisode joue aussi dans ce registre, mais se déroule en 2027, soit 20 ans avant les évènements des deux précédents opus.

A la direction technique, on retrouve les équipes d'Eidos Montreal. Même si les personnes ont changé, c'est donc toujours Eidos qui se charge de la licence. Warren Spector, responsable du tout premier Deus Ex, n'est plus à la tête du développement mais il a eu un droit de regard sur le titre.

Le héros change, puisqu'on incarne Adam Jensen, responsable de la sécurité pour une entreprise appelée Sarif Industries, et qui développe ce qu'on appelle des « augmentations », sorte de prothèse mécanique qui renforce les capacités humaines. Cette activité ne fait pas l'unanimité, et certains activistes armés se sont mis en tête de s'opposer à Sarif Industries en pratiquant le sabotage et en utilisant des milices. Votre boulot sera donc intense, d'autant que les protagonistes de part et d'autres cachent bien leur jeu, et leurs véritables intentions.

Comment ça se joue ?

Le dernier Deus Ex n'est pas si différent du premier, mais il est clairement plus romancé et accompagne nettement plus le joueur. Le début est ainsi particulièrement rigide, le temps de vous expliquer les différents mouvements possibles, les interactions avec l'environnement et le contexte de l'histoire.

Car oui, Deus Ex : Human Revolution raconte d'abord une histoire. On assistera pendant la première heure de jeu à de nombreuses cinématiques et phases de dialogues avec certains protagonistes, cinématiques qu'il sera possible de passer par la suite si vous décidez de refaire l'aventure.

Un gros travail a été fait par les développeurs pour qu'on se sente « vivre » l'histoire. Tout d'abord, parce qu'ils ont adopté une vue à la première personne pour voir ce que voit le héros, avoir le sentiment que les autres personnages vous parlent et interagissent avec vous directement. Ensuite parce que l'ambiance est très soignée : les décors sont riches de petits détails (bureaux de travail de vos collègues désorganisés, conduite d'électricité dans les plafonds...) et les décors sont peuplés de gens qui se déplacent, parlent et donnent l'impression de vivre...

Enfin parce que pour aller d'un point A à un point B, il y a toujours plusieurs possibilités. En théorie, cela veut dire que pour ouvrir une porte, on pourra essayer de parler à quelqu'un et le convaincre de l'ouvrir pour nous, la défoncer, la pirater si la fermeture est électronique, ou trouver un autre accès à la salle. Même chose en combat, puisqu'il est possible de choisir ou non de tuer nos ennemis, de les éviter, et de privilégier les armes de contact ou les armes à distance.

Premier contact visuel : un monde inspiré de Blade Runner

On retrouve dans ce titre l'ambiance si particulière des univers cyberpunk à la Blade Runner, Ergo Proxy, Ghost in the Shell ou Shadowrun. De bien belles références donc. Pourtant visuellement le jeu est assez décevant. Sans être moche, il manque juste de finesse et de détails sur les visages et dans les animations.

Ces défauts sont heureusement gommés en partie par une direction artistique douée. Si on n'est pas toujours ébloui par le jeu, certaines scènes sont tout de même très travaillées, notamment dans la gestion des lumières et dans la composition des scènes. Point positif, pendant les phases d'exploration on a toujours envie d'aller voir ce qui se cache derrière les éléments du décor.

Autre point fort du jeu, la bande sonore est superbe, de même que les cinématiques. Rien que pour ses décors, ses cinématiques et sa musique (composée par Michael McCann), le jeu donne envie d'être parcouru. Mais les développeurs ont-ils su tenir la distance durant les 30 heures de jeu promises et proposer un gameplay qui tient la route ? Notre court aperçu n'a pas été suffisant pour le certifier.

Gameplay : encore de nombreuses variables inconnues

Le premier Deus Ex n'avait pas non plus brillé par ses graphismes, et comme son ancêtre, c'est surtout sur le scénario, ses personnages et ses dialogues, mais aussi son gameplay qu'on jugera ce nouveau Deus Ex.

Sur ce dernier point, nos premières impressions sont mitigées. Le rythme de jeu est relativement posé, et se prête, a priori, assez mal à l'action frénétique. On a par exemple ressenti peu de sensations lorsqu'il fallait utiliser une mitraillette pour dézinguer quelques gardes. De même, pendant la phase d'infiltration, on n'a pas vu beaucoup de choix possibles comme dans un Splinter Cell (sauter par-dessus une caisse ou un mur, glisser jusqu'à un nouvel élément de décor, escalader un objet ou grimper sur des canalisations). Mais vu que la présentation était courte, difficile de savoir si c'est spécifique au début du jeu ou non.

Par contre, l'intelligence artificielle semble compétente. Elle réagit aux portes ouvertes, aux cadavres (encore heureux !), aux bruits et à votre contact visuel. On n'a pas eu l'occasion de voir des déplacements coordonnés, ni de véritables stratégies, mais là encore il s'agissait du début du jeu, et nous étions presque sans équipement de part et d'autres.

Ceci étant, on est plutôt optimiste vu les premières vidéos de gameplay que le studio a mis en ligne. On y voit plusieurs manières d'éliminer ces ennemis pour éviter le côté répétitif de l'action : avec un fusil électrique, en les assommant par exemple avec des caisses du décor, en décrochant une tourelle sur pied puis en s'en servant comme mitrailleuse lourde ou encore en les tuant au contact comme un homme ! (mais dans le dos évidemment, faut pas déconner non plus). Il n'y aura par contre pas de phase de gameplay utilisant des véhicules.

Autre petite raison de se réjouir, il sera possible d'améliorer ses armes en combinant certaines pièces ou en utilisant des munitions spéciales. A priori, l'approche directe n'est pas à conseiller. Si vos armes sont efficaces sur vos ennemis, l'inverse est tout aussi vrai, et on meurt bien vite même au début du jeu si vous restez planter debout au même endroit à tirer sur tout ce qui bouge.

Dommage en revanche que le système du soin automatique ait été retenu par les studios de Deus Ex. Il suffit donc de trouver un bon abri pour récupérer des balles qu'on vient de se prendre. Le temps de récupération est un plus long que d'habitude, mais semble tout de même assez permissif pour faire des boulettes de temps en temps sans être sanctionné.
Autre entorse à une difficulté élevée, le jeu fonctionne avec un système de sauvegarde automatique doublée d'une possibilité de sauvegarde manuelle à tout moment. Autre détail, on pourra régler la difficulté en pleine partie, mais vous risquez alors de perdre des trophées ou des succès.

Inventaire, objectifs, cartes et augmentations au menu

A tout moment dans le jeu, on peut accéder aux menus en appuyant sur la touche Select. On y trouve une carte des lieux sur lesquels se trouve le personnage principal, mais aussi ses objectifs en cours et votre inventaire. Par défaut, le jeu signale les objets interactifs par un contour jaune brillant, et vous indique l'emplacement de votre prochain objectif par une croix. Si vous ne souhaitez pas cette assistance, il est possible de désactiver ces options.

Enfin, dans ce menu on trouve les « augmentations » d'Adams Jensen, c'est-à-dire ses implants cybernétiques. Au fil de notre progression dans le jeu, on va débloquer selon nos actions des points à dépenser dans les « augmentations ». Il ne sera pas possible de tout acheter, il faudra donc se spécialiser. On pourra améliorer sa résistance aux balles, se rendre presque invisible, augmenter sa force physique, voir à travers les murs ou encore être plus persuasif.

L'utilisation de ces augmentations est limitée dans le temps. Un peu comme la combinaison du jeu Crysis, vos capacités consomment de l'énergie que vous n'avez qu'en quantité limitée.

Les armes déjà dévoilées sont assez nombreuses : environ une vingtaine en comptant les grenades, dont certaines avec des capacités spéciales (pouvoir tirer à travers les murs par exemple).

Scénario et personnages principaux et secondaires

Il est assez difficile de juger la pertinence du scénario et de la narration sur un temps de jeu aussi court. On peut juste dire qu'au vu des premiers dialogues, les possibilités offertes aux joueurs sont intéressantes, avec des choix nombreux et des dialogues bien écrits. L'intrigue semble assez lente à se mettre en place, mais plus on avance, plus on en apprend sur les personnages principaux et secondaires. Il faudra aussi fouiller et discuter pour creuser un peu plus l'histoire. Enfin, les développeurs ont confirmé qu'il y aurait plusieurs fins possibles au jeu.


Notre avis : le jeu est très prometteur, peut-être trop. Vu le cahier des charges, il y aura sûrement des déceptions, soit au niveau de la réalisation technique, soit au niveau des phases d'action ou au niveau de la difficulté. Ou alors, il faudrait donner un an de développement supplémentaire aux développeurs. Malgré nos inquiétudes, l'équipe semble avoir bien travaillé sur l'ambiance, les décors, le scénario et les dialogues. On espère que le tout sera servi par un gameplay un peu plus endiablé que ce qu'on a pu voir jusqu'à présent, et que l'univers proposera de nombreux lieux à fouiller et plein d'objets à découvrir, voire des mini-jeux ou des quêtes optionnelles. En tous les cas, on est impatient de découvrir la version finale, prévue en août, ce qui est encourageant. Par contre, on vous conseillera d'être prudent et d'attendre un peu avant de pré-commander le jeu.

A propos de la version PC : le jeu sort sur Xbox 360, PS3 et PC. Comme le public de fans de Deus Ex vient du PC, les développeurs ont confié cette version à un studio spécifique qui s'est chargé de développer une interface utilisant les raccourcis du clavier, et la souris lors des tentatives de hacking. A priori, quelques améliorations visuelles seront aussi de la partie (les PC ayant des ressources plus importantes que les consoles next gen d'après les développeurs). On pourra aussi profiter du Eyefinity d'AMD-ATI : à condition d'avoir 3 écrans, le jeu vous offrira alors une vue à 180°.

Pour voir des vidéos du jeu (cinématiques, trailers et quelques vidéos de gameplay), le mieux est d'aller sur la page Youtube officielle du Deus Ex : Human Revolution.
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