Nouvel album des Beastie Boys : l'éternelle jeunesse des sales gosses du hip hop

Nouvel album des Beastie Boys : l'éternelle jeunesse des sales gosses du hip hop

(AFP) - Trente ans après leurs débuts punk à New York, les Beastie Boys, éternels sales gosses du hip hop américain, font un retour très attendu avec leur nouvel album, le tonique mais classique Hot Sauce Committee Part 2.

Absents depuis quatre ans et leur album instrumental, "the Mix-Up", couronné en 2008 par le Grammy Award de la catégorie, Mike D (Michael Diamond), MCA (Adam Yauch) et Ad-Rock (Adam Horovitz) ont dû mettre l'intégralité de leur nouvel opus en streaming sur internet, une semaine avant sa sortie officielle, pour contrecarrer sa diffusion pirate sur le web.
"A titre de représailles, et avec grand fracas, nous rendons sa version intégrale - c'est-à-dire sale et méchante - disponible pour l'écoute", ont écrit les trois rappeurs sur la page d'accueil de leur site, avec la dérision dont ils ne se départissent jamais, même lorsque Adam (MCA) Yauch révéla être atteint d'un cancer en 2009.
De fait, ce petit accident industriel qui contrariera davantage leur maison de disque EMI, est lié à la maladie aujourd'hui guérie de MCA qui a obligé le groupe à se mettre entre parenthèses pendant de longs mois, repoussant sine die, nouvel album et concerts.
Pendant ce laps de temps, les Beastie Boys ont néanmoins continué à travailler pour leur "comité de la sauce piquante" qu'ils envisageaient à l'origine comme un diptyque.
Devant le matériau accumulé et les retards successifs - hot sauce committee part 1 était censé paraître en 2009 - le trio s'est résolu à publier le deuxième volet du projet et " à reporter à une date indéfinie ", la sortie du premier. Du grand n'importe-quoi, très dans l'esprit foutraque des " B-Boys ".
"C'est un peu confus", a reconnu Mike D, lors d'une interview accordée à la radio publique australienne ABC. " Nous avions beaucoup de chansons. On a commencé à faire de la promo, à partir en tournée. Nous avons un peu remanié tout ça. Puis Adam a eu des problèmes de santé. Dieu le bénisse. Il a dû affronter tout ça. Ça a rajouté du délai et puis nous sommes revenus au laboratoire (le surnom de leur studio d'enregistrement, ndlr)".
Le trio s'est alors adjoint les services du Français Philippe Zdar, moitié du duo house Cassius et producteur du dernier album de Phoenix.
Sans atteindre les sommets des années 1980 tutoyés grâce à "Licensed to Ill" ou "Paul's Boutique", Hot Sauce Committee Part. 2 devrait ravir les inconditionnels des Beastie Boys.
Il offre un savant concentré de ce qui a fait leur succès depuis 25 ans : rap "old school" délirant et potache ("Funky Donkey"), guitares hardcore ("Lee Majors come again"), évadées instrumentales ("Multilateral nuclear disarmament ").
Ceux qui se montrent rétifs de longue date au maelstrom d'effets sonores et aux cris de dindons épileptiques poussés par le trio, continueront d'y être insensibles. Tout juste tendront-ils l'oreille sur "Don't play no game that I can't win" interprétée par la chanteuse Santigold et évident tube dub de l'été.
Ils devraient également esquisser quelques sourires en visionnant l'hilarant court-métrage de 30 minutes mis en ligne par le groupe. "Fight for your right-revisited" donne une suite au clip du premier succès du groupe, l'hymne éthylique "Fight for your right to party", 25 ans après.
Cette parodie qui n'a rien à envier aux sketchs du "Saturday night live", la célèbre émission de la chaine NBC, bénéficie en outre d'un casting hollywoodien avec au générique, Elijah Wood, Will Ferrell, Jack Black, Chloë Sevigny ou encore Orlando Bloom.