Dans les coulisses d'un studio photo

Dans les coulisses d'un studio photo
Nous avons suivi la prise de vue de Grégoire Machavoine dans les studios de LB Productions, au coeur du 13e, pour Riveye. Il est accompagné d'une opératrice numérique, Solène Cochet, étudiante en dernière année de BTS photo à l'école des Gobelins. Laurent Bremaud a transformé cet ancien cinéma en studio photographique afin de disposer de plusieurs grands plateaux. LBstudio est équipé de nombreux générateurs et torches flashs Profoto et Broncolor, de tous les accessoires nécessaires, ainsi que de boitiers et dos moyen format de la marque Phase One et Hasselblad.


Le photographe a pour mission de mettre en image un ou plusieurs objets. Un travail qui a l'air simple aux yeux de beaucoup de gens, pourtant ce type de photo demande beaucoup de minutie et d'observation : choix du décor, mise en scène du sujet, lumière travaillée et post-traitement conséquent.


Préparation et décor


Grégoire doit photographier pour Riveye une nouvelle série de lunettes nommée Blooz. Riveye est un opticien-lunetiers spécialisé dans les montures de jeunes créateurs. Avant la prise de vue, il y a bien sûr une réflexion sur le fond choisi, la façon dont il va prendre en photo son sujet, sous quel angle...Grégoire a choisi un parquet, le bois rappelant une matière noble et chaude, s'alliant parfaitement avec le thème de ces paires de lunettes. Pour faciliter sa prise de vue, il disposera alors 2m de parquet à hauteur de table afin de ne pas travailler à même le sol. C'est une hauteur plus confortable pour mettre en place l'ensemble de ses lumières et les accessoires de réflexion et de diffusion qui l'accompagnent.
Une fois le décor établi, Grégoire et son opératrice numérique mettent en place l'appareil photo, un boitier moyen format Hasselblad H2, un dos numérique Phase One P40+, et le relie par un câble firewire au macbook pro. Le logiciel Capture One permettra de gérer la prise de vue, de faire un pré-editing et de visualiser les images directement sur un écran Quato 21".
Grégoire peut maintenant mettre en scène chaque paire de lunettes en les plaçant de manière cohérente : une à droite, légèrement en avant, les trois autres réparties de gauche à droite en arrière plan. L'important est que les quatre objets ne se superposent pas sur la photo et que la composition soit équilibrée. Vous l'aurez compris, le travail global est de mettre en valeur l'objet, de l'embellir mais également de le mettre en harmonie avec son environnement.



Une fois la mise en scène bien faite, le photographe affine son cadrage en faisant attention à ce qu'aucun élément extérieur n'interfère dans la composition. Il règle également sa mise au point et choisit une ouverture de diaphragme en faisant attention que la profondeur de champ ne soit pas trop courte (la première paire et celles plus au fond doivent être parfaitement nettes). Il ajuste une dernière fois le positionnement de chaque paire de lunettes, puis les nettoie avec une bombe d'air sec.

Mise en place de la lumière



Il ne suffit pas de poser quatre flashs autour de la scène pour éclairer sa photo. Le travail est bien plus minutieux et surtout assez long. Il s'agit en fait de parfaire chaque source de lumière. La technique demande de l'expérience, de la patience et de choisir les bons outils pour le bon objet. Sur une scène de quatre lunettes, on réalisera en fait quatre photos avec quatre éclairages différents. Chaque éclairage sera adapté à une seule paire de lunettes. L'assemblage se fera en post-traitement.
Pour éclairer toute la scène, Grégoire utilise une torche en vertical, avec une grande boite à lumière qui diffusera la lumière sur toute la scène. L'éclairage est alors plus doux que si l'on avait utilisé la torche en direct. Il fait un premier test lumière en vérifiant ses différents réglages grâce au retour sur le moniteur Quato.
Toujours pour rentrer dans l'esprit du thème blues, il décide de mettre un snoot sur une torche, également en vertical, afin d'avoir un halo au centre de la scène. Le snoot est un bol en forme de cône qui permet de créer une lumière plus dirigée. L'ambiance est maintenant bien réglée. Ces deux éclairages ne bougeront pas durant toute la séance, afin d'avoir une ambiance homogène sur toutes les photos.
Il est temps d'entrer dans le vif du sujet, c'est l'étape la plus longue de la prise de vue, celle où l'on va gérer chaque reflet, chaque petite lumière visible sur la paire de lunettes.
Grégoire va disposer une ou deux torches flash destinées à éclairer une seule paire de lunettes à la fois. Lorsqu'il en utilise plusieurs, il ne les allume pas en même temps pour les régler : il va voir, l'une après l'autre, l'effet sur la photo, et envisage alors la façon de le maitriser. Il utilisera ainsi plusieurs outils, des masques et des réflecteurs, afin d'orienter et d'adoucir le rayon lumineux comme il le souhaite : morceau de carton blanc ou argent pour la réflexion, calque ou altu-glass pour la diffusion. Ce sont les principaux accessoires, mais l'improvisation fait également partie de la séance : petits morceaux de papiers pour réfléchir la lumière en petite mesure, miroir pour garder un maximum de reflet. Le photographe peut aussi être amené à séparer les objets sur le décor pour arriver à l'éclairage qui l'intéresse.

Le post-traitement




Avant la retouche colorimétrique, le principal traitement est un détourage de chaque paire de lunettes photographiée. Chaque paire possède sa photo avec sa lumière. Le retoucheur va alors isoler chaque paire pour ensuite les rassembler dans une seule et même scène. La retouche se fait entièrement sur photoshop. Chaque photo est sur un calque différent, afin d'être retouché indépendamment. Pour le détourage, Solène utilise l'outil plume qui est très précis et évite que la retouche soit trop flagrante. C'est un travail long et fastidieux mais il est nécessaire pour arriver à un résultat maitrisé. Après avoir détouré chaque paire, elle va dépoussiérer, enlever tous les éléments indésirables du décor avec l'outil tampon ou correcteur : le parquet est alors propre et prêt pour accueillir les paires de lunettes détourées, sans pour autant trop lisser le parquet afin de garder une certaine texture (Grégoire souhaite garder un effet brut afin de coller au thème.
Une fois tous les calques bien calés, Solène finit le traitement par quelques retouches colorimétriques, comme sur les verres, et atténue les dominantes de couleur trop présentes.

Les moyens techniques


Le matériel listé n'est pas forcément un critère technique pour réaliser ce type de photographies, il vous permettra cependant de mieux cerner ce que Grégoire a utilisé pour sa prise de vue :
  • Boitier moyen Format Hasselblad H2, objectif 120mm Macro
  • Dos numérique moyen format Phase One P40+
  • Macbook pro, écran Quato 21"
  • Logiciel Capture One Pro
  • Adobe Photoshop CS5
  • Générateur Broncolor Scoro A4 3200 joules, 4 torches PulsoG
  • Boite à lumière Aurora
  • Altuglass (diffuseur en PVC)
  • Reflecteur blanc, gris, miroir
  • Bol Snoot
  • Pieds girafes et pieds standard pour la lumière
  • Bras magiques et clamps (pour les différents réflecteurs et diffuseurs)

Les références


Grégoire Machavoine, photographe
LBstudio-LBproduction
78 rue Dunois
75013 Paris
info@lbproduction.fr
RIVEYE, opticien-lunettier
RIVEYE - Bréa
13 Rue Bréa, 75006 Paris
Tél: 01.40.51.00.77
Métro: Notre-Dame-des-Champs / Vavin
RIVEYE - Saint-Germain-des-Prés
38 Rue de Vaugirard 75006 Paris
Tél: 01.43.26.02.05
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