Les flops High-Tech de l'année 2010 (suite) : à qui le bonnet d'âne ?

Les flops High-Tech de l'année 2010 (suite) : à qui le bonnet d'âne ?
Suite de notre classement des plus grands flops High-Tech de l'année 2010. Des flops auxquels nous avons associé certains événements qui ont écorné l'image de deux géants du web -Facebook et Google- installés sur les deux premières marches de notre podium. Si ces deux locomotives figurent au tableau d'honneur 2010, elles ont également fait les gros titres pour des pratiques douteuses. Cette année a aussi été marquée par le déclin des netbooks, les polémiques autour de la technologie Flash, et les tourments de Yahoo.

5. Netbooks : de la stagnation au déclin ?
Après des débuts prometteurs, les ultra-portables vivent des moments difficiles. Si les ventes ne sont pas en chute à proprement parler, la concurrence est rude pour les netbooks depuis le lancement de l'iPad d'Apple suivi des nouvelles offres de tablettes tactiles, dont celles de Microsoft annoncées début 2011. Signe du déclin pour les netbooks : la décision d'Asus de baisser significativement sa production de mini-portables l'année prochaine. L'autre grand constructeur Taiwanais Acer devrait également revoir à la baisse sa production de netbooks.

4. Flash : survivra, survivra pas ?
Le langage de programmation Flash d'Adobe n'a pas été à la fête cette année. Tout a commencé lors de la présentation de l'iPhone 4.0, où Steve Jobs a annoncé la mise au ban de Flash concernant le développement d'application mobile pour le smartphone d'Apple. Les règles imposées aux développeurs sur les outils qu'ils pouvaient utiliser pour programmer leurs applications à destination de l'App Store excluaient alors le logiciel multimédia d'Adobe. Une décision qui avait provoqué la colère de l'entreprise californienne. Apple a fini par faire machine-arrière en fin d'année, en levant les restrictions « concernant les outils de développement utilisés pour créer les applications ». Avant ce revirement, Apple reprochait (paradoxalement) à Adobe son enfermement propriétaire, et surtout son manque de fiabilité. Sale temps pour la réputation de Flash donc, qui se voit concurrencé par Silverlight (très critiqué cependant) et surtout par le couple HTML5/JavaScript. Le nouveau standard du web défini par le W3C, est jugé plus fiable et plus rapide que Flash sur certains points... Mais est encore loin d'être supporté par tous les navigateurs. Le salut de Flash ? L'OS mobile Android, l'un des booms de l'année, qui déroule le tapis rouge au langage d'Adobe pour le développement d'applications... Même si Flash est encore loin d'être pleinement opérationnel.


3. Coup d'arrêt pour Yahoo
Yahoo, un géant aux pieds d'argile ? Le portail web a connu une série de revers cette année, qui marquent sans doute un tournant dans son histoire. Après avoir investi 100 millions de dollars dans une campagne publicitaire vantant ses services, à la fin 2009, le retour sur investissement a été bien maigre pour Yahoo, qui a vu le trafic via ses sites décliner tout au long de l'année. Résultats :
un plan de licenciement de 600 salariés, toujours en cours, et la fermeture annoncée de plusieurs services emblématiques : comme la plateforme de social bookmarking Delicious, filiale de Yahoo, et l'abandon probable du moteur de recherche Altavista.

2. Google : abus de position dominante ?
Après avoir reçu plusieurs avertissements, Google va-t-il voir rouge ? Coup sur coup, le géant s'est vu épinglé par l'Autorité de la concurrence en France, et de manière plus significative, par la Commission européenne, qui a récemment ouvert une enquête formelle contre Google pour abus de position dominante sur la recherche en ligne. C'est la première fois que le géant fait face à une procédure de cette envergure en Europe. Elle fait suite « au dépôt, par des fournisseurs de service de recherche en ligne, de plaintes selon lesquelles leurs services seraient pénalisés dans les résultats de recherche payants et gratuits de Google. » Parmi les pratiques suspectes présumées qui seront étudiées : le déclassement des résultats de recherche des concurrents de Google sur son moteur (en abaissant leur Pagerank), au profit de ses propres services. Et des clauses d'exclusivité qui seraient imposées à certains partenaires publicitaires, leur interdisant de disposer sur leur site web certains types de publicités fournies par des concurrents. Si l'abus de position dominante est établi pas la Commission, l'addition pourrait être très salée pour Google.

1. Facebook et la fin de la vie privée ?
Si 2010 est résolument l'année Facebook, c'est aussi l'année des interrogations concernant les atteintes présumées à la confidentialité des informations partagées via « The Social Network ». Paramètres de confidentialité peu transparents, opacité sur l'exploitation des données utilisateurs par Facebook en lien avec les régies publicitaires... Des pratiques suspectes qui pourraient passer inaperçues... Si elles n'étaient pas en partie revendiquées par Mark Zuckerberg, qui ne « croit pas en la vie privée » sur le web et pour qui « le fait de partager des données privées sur Internet est désormais la « norme » . Même si le fondateur de Facebook est revenu partiellement sur cette position, force est de constater que les utilisateurs du réseau assument le partage de données privées, parfois à leurs dépens. A cet égard, on peut citer « l'Affaire » du licenciement de trois employés d'une société informatique suite à la publication de commentaires dénigrant leur employeur sur Facebook. Celle-ci a eu au moins le mérite d'établir le caractère public des informations partagées sur Facebook : suffisant pour modifier le comportement des membres et les inciter à mieux gérer leurs paramètres de confidentialité sur le réseau ?
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