Les réseaux sociaux cherchent leur porte-monnaie

Les réseaux sociaux cherchent leur porte-monnaie
Après Facebook Credits, un nouveau moyen de paiement pourrait bien venir concurrencer le leader du paiement en ligne. Dwolla, actuellement en cours de développement, est un système de paiement de pair-à-pair, qui permettra à terme de pouvoir échanger de l'argent sur des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. Pour l'instant, le service sert simplement à échanger de l'argent avec ses contacts. Mais nul doute que ses créateurs visent la possibilité d'effectuer des achats directement depuis Twitter ou Facebook. Un nouveau moyen de paiement qui devrait accompagner l'explosion du social-commerce, comme Paypal avait adossé sa réussite au site de vente aux enchères eBay. Alors, Dwolla, un futur eBay ?

Le postulat de Dwolla est simple : permettre à ses utilisateurs d'échanger de l'argent, rapidement, simplement et de manière peu coûteuse avec leurs contacts sur les réseaux sociaux. Créé il y a un an par la start-up éponyme basée à Des Moines dans l'Iowa, Dwolla espère bien réussir ou d'autres poids lourds du web ont jusque là échoué : permettre d'échanger de l'argent via les réseaux sociaux. L'application Dwolla fonctionne comme un porte-monnaie électronique. Les utilisateurs s'inscrivent tout d'abord sur le site de Dwolla, et renseignent leurs coordonnées bancaires, à l'aide d'un RIB. L'utilisateur est ensuite invité à synchroniser Dwolla avec ses comptes Twitter et/Facebook. Une fois cette opération effectuée, les utilisateurs du service peuvent échanger de l'argent avec leurs amis, qui utilisent eux aussi Dwolla. Ce « porte-monnaie électronique » mise sur des frais de transaction « réduits » pour concurrencer un service comme Paypal, par exemple. En effet, Dwolla ne prélève que 0,25$ sur chaque échange, quel que soit le montant de la transaction effectuée. C'est même l'un de ses principaux atouts face à un système de paiement comme Paypal, qui fait payer une commission fixe couplée à une commission au pourcentage selon la formule choisie par l'utilisateur/vendeur. Dwolla en proposant une commission fixe et plafonnée devra donc effectuer un volume important de transactions pour rentabiliser son produit, et qui dit popularité, dit aussi cible de choix pour les pirates. Le site devra donc investir massivement dans la sécurisation des données de sa plateforme.

Des services de paiement... avortés
Mais Dwolla n'est pas le premier service à se lancer dans l'aventure des transactions entre particuliers. Déjà en 2007, une application baptisée Pay-me proposait le même type de services, en s'appuyant tout de même un service Paypal. En 2009, c'était au tour de TwitPay de faire ses gammes sur le site de microblogging Twitter. Mais toutes ces applications sont aujourd'hui hors-services, les internautes ne les ayant pas adopté. Car, les services de paiement acquièrent encore difficilement des internautes... et ne peuvent pas capitaliser sur leur image de marque dès leur lancement, comme peut le faire un service comme Paypal, dont l'efficacité est reconnue. Ces services de paiement pâtissent également de l'image de « passoire » qui colle à la peau des réseaux sociaux : Twitter a par exemple connu plusieurs attaques importantes cette année et Facebook est régulièrement montré du doigt en raison de sa gestion de la confidentialité des données privées des utilisateurs. Voilà qui n'a pas de quoi rassurer les potentiels utilisateurs d'un service de paiement sur les réseaux sociaux ! Enfin, l' « échange » d'argent entre particuliers semble offrir des possibilités de développement limitées.

En revanche, à l'heure où le Social-Shopping se développe peu à peu, les porte-monnaie virtuels semblent avoir de beaux jours devant eux. Facebook a ainsi annoncé il y a deux mois la signature d'un accord avec Paypal, en vue de la fourniture d'une plateforme de paiement pour l'achat de biens virtuels. Les membres de Facebook pourront payer, par exemple, directement sur le réseau social sans devoir transiter par le site de PayPal pour régler un achat. Mais Paypal prélèvera 5% des transactions et facturera en sus 0,5$ sur les ventes inférieures à 12$, plus cher qu'un service comme Dwolla, donc.

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Visiter le site de Dwolla
Paiement sur Facebook : c'est fait pour Paypal

Crédit photo : ©Willeecole Dreamstime.com